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Crédits du programme Intilaka : la fatwa d’Ahmed Raissouni

Source : | 17 février 2020 |  Société | 142 views

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Ce 14 février, le président de l’Union internationale des oulémas musulmans, Ahmed Raissouni, a émis une fatwa autorisant les musulmans à contracter les crédits du programme Intilaka, lancé le 4 février par le roi Mohammed VI.
Publiée sur le site du Mouvement de l’unicité et de la réforme (MUR), dont Ahmed Raissouni était président, la fatwa édicte la licéité du recours aux crédits du programme royal : “Il est clair que cette initiative n’est ni commerciale, ni lucrative, contrairement à ce que font d’habitude les banques, décrète le leader islamiste. Le faible taux (2 % pour le monde urbain et 1,75 % pour le monde rural) démontre que ces prêts n’apporteront de profit ni aux banques ni à d’autres institutions.” 
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Pour Ahmed Raissouni, il s’agit d’une orientation qu’il faut saluer, car elle va dans la même direction que la Charia qui incite les plus riches et l’État à prêter aux personnes nécessiteuses. Cette initiative coïncide selon lui avec les principes du bon crédit en islam.
Selon le successeur du théologien radical Youssef al-Qaradâwî, les faibles taux d’intérêt des crédits de ce programme ne sont pas assimilés à de l’usure, étant donné qu’ils procurent un bénéfice dérisoire aux institutions bancaires. “Ces faibles taux servent seulement à payer les charges… Un crédit administré de cette manière devient un bon crédit sans soupçons d’usure, car il n’y a pas d’ambition de gain”, argumente-t-il.
Halal or not halal ?
Ahmed Raissouni considère que ces crédits constituent donc une initiative “bonne et louable” sur le plan religieux. Un avis que ne partage pas le prédicateur salafiste Hassan Kettani. Pour lui, “il n’existe aucune différence entre les faibles et les forts taux d’intérêt”, et la distinction qu’établit Ahmed Raissouni “n’est appuyée par aucun texte religieux”.

Selon Hassan Kettani, Ahmed Raissouni commet une erreur grave en déclarant que le recours aux prêts à faible taux d’intérêt est permis par la religion. Il considère que son avis ne peut faire office de fatwa, étant donné qu’il ne se fonde sur aucune règle des érudits religieux.
La question est ailleurs
Mohammed Abdelouahab Rafiki, plus connu sous le nom d’Abou Hafs, a quant à lui salué la déclaration d’Ahmed Raissouni. Pour lui, cette position constitue une “voix de raison” au sein du courant auquel appartient le président de l’UOIM.

Abou Hafs ajoute que cette fatwa émane d’une compréhension globale du sujet, et espère qu’elle permettra de rouvrir le débat sur les transactions bancaires et leur légitimité en islam, à la lumière des “changements que connaissent nos sociétés”.


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