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Equipe nationale, les trois raisons de la déconfiture.

Source : | 9 février 2013 |  Sport | 1182 views

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1. Le manque d’ambitionDepuis leurs quatre sorties successives sans gloire du premier tour d’une CAN, nos Lions n’appartiennent plus aux quinze meilleures équipes africaines, recalés au même titre que l’Angola, l’Ethiopie ou le Niger. Le retour sur terre est brutal, mais pas franchement étonnant. Des magnats de la FRMF au staff technique, en passant par les joueurs, le «club Maroc» n’a jamais démontré une réelle volonté de casser la baraque au cours de cette CAN 2013. Dernière démonstration, leurs non-matches, pourtant capitaux, disputés le trouillomètre à zéro face aux Angolais (0-0) et aux modestes Capverdiens (1-1). Pas de rage de vaincre, pas d’envie de se sublimer, pas de révolte, juste une larme versée par Rachid Taoussi après le verdict. Le temps de quelques regrets assortis d’excuses ordinaires: les blessés, la poisse… et puis, en apothéose, cette double conclusion, assenée comme une fatalité: « On est sorti la tête haute, les joueurs se sont battus comme des hommes.»Ce Maroc-là vaut bien une humiliation. D’autant que les fédéraux ne s’en formalisent même pas. Pour eux, l’échec, aussi consternant soit-il, fait partie du sport. Point barre. Et tant pis pour notre réputation et les apports financiers qu’aurait engendrés le titre continental. Un élan qui en dit long sur leur motivation et leurs perspectives d’avenir.2. L’impuissance des sélectionneurs.

Pendant vingt ans, Eric Gerets a enchaîné les succès un peu partout. Puis, l’idylle s’est brisée net avec nous. Accueilli comme le sauveur après une mortifiante année 2009, le successeur du quatuor local vole de déceptions en désillusions à la tête de la sélection. Pis, celui qu’on surnomme le Lion de Rekem, ne parvient pas à enrayer sa descente aux enfers.

Avant lui, Roger Lemerre, pourtant double champion continental (en Afrique et en Europe) n’avait pas réussi sa recette mêlant discipline, rigueur et engagement, maintes fois éprouvée à l’intérieur des frontières françaises. Et, à l’évidence, les deux hommes n’avaient pas de plan B. Hormis une ou deux victoires avec éclat, le reste ne fut que cacophonie, errance et déboire. Tout se passe comme si les coachs qui défilent, telles des valises sur les tapis roulants de l’aéroport Mohamed V, étaient à court d’idées et de solutions. Il y a quelque chose d’énigmatique dans leur impuissance. Incapables de la moindre riposte, incapables d’insuffler un esprit de révolte. Alors, pour sauver une qualification compromise à Maputo, il a fallu se tourner vers le bouillonnant Rachid Taoussi. Fort pourtant de son triplé historique en 2012 avec le MAS, ceux qui étaient en Afrique du Sud il y a dix jours diront que le capitaine a coulé avant ses matelots.

Certes, le natif de Sidi Kacem s’en sort sans aucune défaite, mais les plus ambitieux ne l’entendent pas de cette oreille. Seules les victoires sont belles. Taoussi bénéficie cependant d’une légère circonstance atténuante : celle de n’avoir repris l’équipe que très récemment. Il n’empêche que, lorsqu’on fait appel à un technicien local, c’est surtout pour son expertise et sa connaissance du football national. Un gain de temps en somme. Car, comme tous les spécialistes et le public marocain en général, Taoussi a suivi, voire coaché virtuellement, cette équipe nationale depuis toujours; sinon, comment aurait-il osé se passer d’un Kharja et d’un Boussoufa dans cette CAN, s’il n’avait pas eu la moindre idée de cette équipe avant son investiture.

Débordé, dépassé, il n’a pas su, hélas, comment utiliser ces gamins, même s’il aura tout fait pour les enthousiasmer. Le collectif a passé plus de temps à subir le jeu adverse lors des deux premiers matches qu’à le maîtriser. Un constat que l’ancien entraîneur du MAS réfute avec force, préférant s’attarder sur le courage et l’abnégation de ses poulains lors de la dernière rencontre. Des qualités que nous avions souvent entrevues lorsqu’ils sont acculés. Toutefois, en minimisant cet échec et en le voulant moins cuisant que les précédents, Taoussi a voulu, à l’évidence, éviter de faire son autocritique, ce qui reviendrait à avouer son impuissance. Mais il est une chose encore pire qu’une élimination du premier tour d’une CAN, c’est le « syndrome de la défaite honorable ».3. L’inaptitude des fédéraux et de la presse.

On prend les mêmes et on recommence. Malgré la calamiteuse campagne qui vient de s’achever, les patrons de la FRMF espèrent encore mener la sélection au Brésil en 2014. On se demande bien comment. Par peur du vide, mais plus encore parce que personne, en haut lieu, ne tient à associer son nom aux différents échecs. Une fuite de responsabilité doublée d’un manque de courage que le président justifie par des arguments évasifs.

Comme la quête d’un coach à même de camoufler ses tares ne fonctionne pas, l’institution, qui n’a plus rien de souveraine, se mord la queue. Minée par des conflits d’intérêt, et loin de l’aspect sportif préoccupant, la FRMF est en proie à des problèmes d’ordre social. Une vague de protestation se déchaîne au sein de la fédé : réclamation de droit à l’avancement par certains, un scandale initié par les vieux mammouths qui voient d’un mauvais œil l’arrivée de jeunes marketing managers. Un climat délétère s’empare des coulisses, de quoi avoir du pain sur la planche pour de longs mois. Ce système n’est pas prescrit par hasard. Il rend les journalistes dépendants. En particulier ceux qui ont quotidiennement besoin d’information. Dès lors, la tentation de tomber dans une certaine complaisance susceptible de protéger les derniers «privilèges» qu’on leur accorde est forte. Certains n’y résistent pas.

Gerets était trop bien payé pour être défendu par la presse. Aujourd’hui, même quand Taoussi, le dernier maillon de la chaîne, nous apprend, citations à l’appui, que « son » élimination est honorable, ça marche. On le constate au travers de commentaires indulgents ou abusivement élogieux. Il reste qu’il n’y a pas de bons ou de mauvais échecs, après une élimination prématurée il n’ y a que l’échec tout court. Ce manque de mesure dans l’appréciation des performances, ainsi que l’insuffisance d’esprit critique, rendent finalement les médias complices du système et leur confèrent une part de responsabilité dans les échecs.


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