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Mawazine, le retour des pisse-froid…

Source : | 2 mars 2012 |  24h, Actualité, Arts & Culture | 1763 views

On prend les mêmes et on recommence  ? La question se pose vraiment après l’entretien accordé par le ministre Lahbib Choubani, en charge des relations avec le Parlement et étiqueté PJD, à un confrère de la presse quotidienne en langue nationale.

Le sieur Choubani, apparemment désoeuvré, n’a rien trouvé d’autre à faire que de fustiger le Festival des Musiques du Monde, Mawazine et de prôner la préférence nationale en matière artistique…

Voilà qui mettra en difficulté son collègue PPS, Amine Sbihi, lorsque ce dernier, devoirs de sa charge obligent, sera contraint de participer à toutes les inaugurations officielles qui vont se succéder durant plusieurs mois à partir d’avril…

Mais, pour être plus sérieux, on dira que les propos de M.  Choubani sont inquiétants parce qu’ils sont marqués au sceau d’une démagogie populiste que tout membre du gouvernement devrait s’interdire de pratiquer.

Considérer, comme M. Choubani, que les festivals nuisent à la préparation des examens par la jeunesse scolarisée ou que l’on doit promouvoir l’art exclusivement marocain ne sont pas des arguments dignes d’un responsable public et encore moins d’un homme politique dont le parti assume la responsabilité de la conduite de la majorité parlementaire et de la coalition gouvernementale.

Il a déjà été dit et amplement prouvé que Mawazine est une opération qui est financée à plus de 90 % par des fonds privés, du sponsoring et la billetterie. L’Etat n’a rien à y voir, et, en réalité, M. Choubani se permet ainsi de critiquer ce festival au motif essentiel qu’il est placé sous la responsabilité de Mounir Majidi.  Le ministre en charge des relations avec le Parlement serait-il hypocrite ou simplement couard quand il fustige «l’Etat» en lui reprochant d’organiser Mawazine ?

L’appartenance au PJD, où M.  Benkirane professe la liberté de ton et le courage oratoire, ne lui intime-t-elle pas de désigner plus finement «l’Etat»?

Cette saillie réactionnaire et déplacée d’un ministre est d’autant moins acceptable que le parti qui l’abrite a déjà des antécédents sur ce registre, au temps où il était dans l’opposition parlementaire…

Mais, surtout, ce qui nous paraît le plus scandaleux, outre la volonté de diviser parents et jeunes sur la question des examens, c’est le parti-pris de défendre les «artistes marocains».

Depuis quand le PJD s’intéresse-t-il à l’Art pour ainsi affirmer une préférence nationale  aux relents xénophobes qu’une Marine Le Pen ne renierait sûrement pas ?

Quelles sont donc les manifestations culturelles, les festivals, les concerts ou les expositions de peinture où un responsable du PJD a jamais osé s’afficher ? Les seules rencontres publiques «sponsorisées» par ce parti étaient, si l’on ne s’abuse, «les «colonies de vacances» à la plage où femmes et hommes étaient séparés, les premières allant tout habillées à la baignade et les seconds exposant «leurs corps d’athlètes» à peine vêtus d’un slip-maillot de bain…

Mawazine, que l’on critique ainsi de nouveau cette année, est une manifestation qui permet, justement, aux artistes marocains de monter sur scène, de connaître la rencontre et la fusion avec des centaines de milliers de spectateurs, jeunes et moins jeunes, mais aussi de montrer que le Royaume est un pays d’ouverture et de tolérance, accueillant et hospitalier.

La jeunesse marocaine, qui est très au fait des tendances et sonorités mondiales, férue de musique nationale, mais aussi arabe et internationale, apprécie à sa juste valeur la chance d’écouter et de voir, gratuitement, des vedettes parmi les plus célèbres dans leurs registres respectifs.

M.Choubani, visiblement, a oublié tout cela, et, parce qu’il appartient à un gouvernement qui n’a pas fait grand chose depuis sa constitution, «cherche des poux sur la tête d’un teigneux» en soulevant des problèmes qui n’existent pas.

Alors, de grâce M. Choubani, faites votre boulot de facilitation et d’accélération des relations entre le gouvernement et les élus de la Nation, laissez les jeunes (et les moins jeunes) goûter au plaisir simple et sain d’un spectacle en plein air par un beau soir de printemps. Les Taliban et leurs émules n’ont pas leur place au Maroc !

NB: (Pisse-froid, selon le dictionnaire, se dit d’un homme ennuyeux, sinistre, glacial…)

Fahd YATA


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