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Bank Al-Maghrib tire la sonnette d’alarme

Source : | 28 mars 2013 |  Actualité | 233 views

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La dernière semaine de mars s’annonce cruciale pour le gouvernement. Ponctuée par le problème des arriérés de paiement dus au Groupement des pétroliers (GPM) et aux professionnels du secteur de l’électricité et de l’électronique, ainsi que par la baisse de l’activité industrielle et les problèmes de la compensation,  elle s’achève sur la publication des indicateurs économiques par la Banque centrale, qui risquent de remettre en cause toutes les prévisions de 2013.  En effet, le gouverneur de Bank Al-Maghrib (BAM), qui s’exprimait à l’occasion de la tenue de son Conseil mardi, a critiqué l’ambition «démesurée» du gouvernement de ramener le déficit budgétaire de 7,6% en 2012 à 4,8% en 2013.  Etait-il bien nécessaire dans un tel contexte de s’accrocher aux 4,8% de PIB de déficit dès 2013? A cette question qui fait débat, le gouverneur de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, a répondu, en expliquant que cette prévision a été établie en tenant compte d’une hypothèse selon laquelle la charge de compensation ne dépasserait pas les 40 milliards de dirhams (MMDH). Mais pour y parvenir, il faudrait, selon lui, un effort budgétaire total d’environ 26 milliards de dirhams en 2013. «Pour passer de 7,6% à 4,8%, cela veut dire qu’on aura besoin de diminuer ce déficit de 3% du PIB. Celui-ci est actuellement de 880 MMDH, si on calcule les 3% des  880 MMDH, on tablera sur 25 à 26 milliards à trouver.  Ce qui s’avère très difficile », a-t-il expliqué. Etant donné l’impossibilité de réaliser cet objectif, BAM envisage plutôt « 5,5% du fait que c’est faisable pour le gouvernement » a-t-il souligné. C’est ainsi que le Maroc peut maintenir sa dette publique à un niveau inférieur au plafond alarmant de 60% du PIB, peut-on comprendre de l’exposé du gouverneur de BAM.  Et ce, conformément aux autres indices des grands équilibres macro-économiques, sans affecter négativement la balance des paiements. De ce fait, «pour garder les quatre mois d’importations, il faut que ce déficit reste dans ce cadre acceptable en prenant en compte les exigences de la balance des paiements et de la réserve de devises » a-t-il ajouté. Il a, dans ce sens, expliqué que le niveau envisagé dans l’hypothèse de BAM, à savoir 5,5% comme déficit budgétaire, ce qui représente 2 points du PIB de moins, soit 16 MMDH, reste réalisable pour le gouvernement . S’agissant de la réforme de la Caisse de compensation, il a insisté sur l’urgence de cette réforme. «Maintenant les choses sont claires, plus on retarde, plus on recule, et le saut risque d’être périlleux» a-t-il prédit. Vu ses charges, la Caisse risque de plomber les finances publiques, faisant ainsi planer le spectre d’un PAS imposé par les finances internationales. Dans ce sens, le gouverneur a tiré la sonnette d’alarme sur cette probabilité «J’ai conduit le PAS et je sais de quoi je parle. «Quand il faut faire des opérations chirurgicales, il ne faut pas hésiter», a –t-il précisé. «Il y a des décisions difficiles à prendre, mais il faut choisir le bon timing. Il faut avoir le courage d’expliquer, il faut que les gens sachent où se trouve l’intérêt du pays avant tout intérêt particulier », a-t-il renchéri.  Pour ce qui est du déficit de l’exercice précédent et contrairement aux précisions du ministre de l’Economie et des Finances, Nizar Baraka, l’estimant à 7,1%, Jouahri a précisé que ce déficit a atteint 7,6% en 2012. Concernant le niveau général des prix,  BAM a noté que l’inflation est restée à un niveau modéré en dépit des hausses enregistrées lors de ces trois derniers mois. Selon Jouahri, l’ensemble de ces évolutions laisse entrevoir  l’absence de pressions inflationnistes significatives d’origine externe au cours des prochains trimestres. Pour les six prochains trimestres, elle devrait se situer autour de 2,2% en 2013, de 1,6%  au deuxième trimestre 2014 et de 2% dans les années à venir. Quant à la possibilité d’une dévaluation du dirham, le gouverneur a précisé qu’il fera preuve de courage pour prendre une telle décision, rappelant qu’il l’a déjà fait dans le passé et que cette probabilité n’est pas désalignée, en notant que «le timing d’une dévaluation ou d’une appréciation est à revoir ». Sur le plan monétaire, au titre de l’année 2013, la progression du crédit devrait se situer, sur la base des dernières informations disponibles, dans une fourchette de 5 à 6%. Il a, par ailleurs, souligné la nécessité de revoir le modèle de croissance  économique tirée, au cours de la décennie écoulée, par la demande intérieure, en notant qu’il «a montré ses limites» et qu’il est donc temps de se pencher sur la demande extérieure, parce que ce modèle a engendré les problèmes dont souffre notre économie.


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