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Boulif s’attaque aux vieux démons de l’administration

Source : | 13 avril 2012 |  24h, Actualité, Politique | 1521 views

L’administration marocaine serait habitée par une armée de fantômes. A en croire Najib Boulif, ministre des Affaires générales et de la gouvernance, ce ne sont pas moins de 90.000 emplois fictifs qui existent dans la fonction publique.

Si l’on fait un simple calcul sur la base d’un Smig à 2 100 DH, l’on se retrouve avec une masse salariale, cette fois-ci réelle, de 189 millions de DH par mois et de 2,268 milliards de DH par an. C’est plus que le budget alloué au Fonds de solidarité sociale dans le projet de loi de Finances 2012. Et encore, ces fonctionnaires imaginaires, qui peuvent remplir deux stades de football, ne toucheraient pas que le Smig.
Lors d’une rencontre organisée par le secrétariat régional du PJD à Tanger, samedi dernier, Boulif en a surpris plus d’un en avançant un taux de 12% de l’effectif global des fonctionnaires.

De quoi laisser pantois face à la gravité d’une telle situation. Au sein de la majorité gouvernementale, plusieurs sont les ministres qui ont été pris de court par ce cri d’alarme de leur collègue du PJD. Encore un et du même parti qui jette une pierre à la mare encore tourmentée par les flux des listes des agréments, des associations profitant du financement étranger, etc. Après Aziz Rebbah qui a braqué les phares sur les agréments, Lahbib Choubani qui a publié la liste des associations, Bassima Hakkaoui qui a dévoilé les ONG profitant du financement étatique, Najib Boulif qui s’attaque aux fantômes, l’on se demande quel autre ministre PJD va faire le buzz.

A l’opposition, le verdict est vite tombé : les ministres PJD agissent non pas en tant que membres d’un même gouvernement, mais plutôt en tant que membres d’un même parti. On fait facilement le lien avec les prochaines élections locales. Le PJD serait alors tellement obnubilé par le score qu’il peut y décrocher qu’il en oublie l’impératif de cohésion gouvernementale. C’est ce qui fait dire à un Nabil Benabdellah, ministre de l’Habitat, qu’il n’est pas là pour faire une chasse aux sorcières mais pour travailler des dossiers. Même au sein de la majorité, les ministres des autres partis se sentent mal à l’aise face aux sorties hors du commun de leurs confrères du parti de la lampe.

La question qui se pose est par quel détecteur de fantômes, Najib Boulif a pu connaître le nombre des fonctionnaires fictifs (90.000) ? Rappelons qu’en 2005, une source gouvernementale a parlé de l’existence de 80.000 fonctionnaires qui profitent de salaires injustifiés. Mais en 2006, l’ex-ministre de la Modernisation des secteurs publics avait déclaré l’administration sans fantôme après le départ d’une centaine de salariés fictifs. Mais le mal a été alors identifié plus dans les collectivités locales.

Ces dernières seraient de véritables vivariums des fonctionnaires «transparents». En atteste les niveaux des charges salariales dans les communes qui peuvent atteindre dans certains cas 90% des budgets. Le dernier rapport de la Cour des comptes n’a pas passé sous silence l’existence d’emplois fictifs dans certaines collectivités locales. D’aucuns avancent le chiffre de 7.000 fonctionnaires fantômes sur les 26.000 qu’emploient les communes de Casablanca.

Diplômés chômeurs vs fantômes

Comme la fraude fiscale, il est difficile de s’attaquer frontalement au phénomène des emplois fictifs. Ceci pour la simple raison qu’il y a toujours des lobbies politiques ou économiques qui entretiennent ce type de clientélisme à des fins obscures. La solution serait alors, toujours selon Najib Boulif, d’être vigilant dans l’avenir, mais sans omettre les mesures qui peuvent avoir un impact immédiat. Toutefois, il paraît que Boulif a ouvert la boîte de Pandore en s’attaquant aux fonctionnaires fantômes. Aujourd’hui, les diplômés chômeurs trouveraient un bon alibi pour faire encore plus pression sur le gouvernement au sujet de leur intégration dans la fonction publique. Dans ce cas, il serait mieux d’avoir des salariés palpables et visibles que des esprits.

 

 

Mostafa Bentak, LE MATIN


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