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Assurance catastropheSCR: «Nous misons sur la micro-assurance»

Source : | 4 février 2014 |  Faits divers | 345 views

Mohamed Larbi Nali, directeur général de la Société centrale de réassurance et président du Centre africain des risques catastrophiques (CARC), à l’initiative du Congrès tenu à Marrakech du 29 au 31 janvier, pose les objectifs à atteindre.- L’Economiste: Qu’est-ce qui justifie la création du CARC?- Mohamed Larbi Nali: C’est l’émanation de la Conférence sur l’assurance des risques catastrophiques, qui s’est tenue à Casablanca en avril 2004. Un an après, l’Organisation des assurances africaines (OAA), en partenariat avec la Cnuced et la Banque mondiale, fonde le CARC, une organisation non gouvernementale internationale, abritée et gérée par la Société Centrale de réassurance.

L’objectif premier est d’élaborer les cartographies des risques par pays et poser le débat de l’assurance et de la réassurance.- Justement, qu’en est-il de ces cartographies des risques?
- Plusieurs pays d’Afrique doivent faire face à la sécheresse ou aux épidémies. Il est important de rappeler que la sécheresse est un risque prévisible. La définition d’un risque catastrophique, c’est justement qu’il doit être imprévisible.
Au Maroc, le fléau majeur concerne les inondations. Nous en avons eu la preuve notamment à Mohammedia, Berrechid, Tanger. De plus, on le sait, le Royaume est situé sur la plaque tectonique africaine, et est donc exposé aux tremblements de terre.
Le dernier séisme important, celui d’Al Hoceima, a accéléré la réflexion sur l’assurance des risques majeurs, car la grande majorité de la population n’était pas assurée.- Comment défendez-vous la cause du secteur assurance et réassurance en agriculture?
- Nous parlons ici de risques à la limite de l’assurabilité. Dans le marché privé, nous ne trouvons pas d’assurance pour s’en prémunir.
Il faut donc que les Etats et gouvernements soutiennent par leurs garanties, par des mécanismes financiers, mais en utilisant le circuit de l’assurance et de la réassurance.
Avant tout parce que ce sont de vrais professionnels en matière de prévention des risques, mais aussi de bons collecteurs de primes, et surtout ils sont aptes à acheminer à temps les indemnisations. Des fonds, cela reste des fonds, par contre si vous les intégrez à un mécanisme, avec des opérateurs, cela devient plus professionnel.- Que faut-il pour une meilleure couverture des petits exploitants?
- Le monde agricole en Afrique souffre d’un manque de moyens, des faibles revenus et du parcellement des terres.
Une étude a montré qu’au Maroc, la moyenne des terres agricoles est inférieure à 3 hectares par exploitant. Le programme sécheresse, lancé par le gouvernement, dont le fond est géré par la Mamda, et la multirisque climatique n’indemnisent que les frais engagés, c’est donc la banque qui est remboursée. Alors que le problème pour l’exploitant, en cas de sécheresse, c’est qu’il n’a plus de revenus.
Les conséquences touchent alors le bétail, la filière du lait,.. et quand l’agriculture souffre, l’agro-industrie souffre également. C’est une chaîne. Nous réfléchissons donc à des produits d’assurance, qui soient à la fois dotés de primes tolérables par les agriculteurs, quitte à ce qu’au démarrage ils bénéficient de subventions de l’Etat, mais surtout que l’indemnisation soit très rapide.
Pour cela, on mise sur l’assurance indicielle et sur la micro-assurance, qui fera l’objet d’un prochain congrès. L’indemnisation n’est pas le seul besoin du monde agricole, il faut aussi parler de retraite, d’assurance maladie et de prévoyance.- Du côté des pays africains, quelles sont les dispositions?
- Le rôle du CARC est de sensibiliser tous les pays sur les risques et d’inciter les gouvernements et opérateurs à proposer des solutions assurantielles. Des discussions récentes avec le Burkina Faso et le Sénégal vont dans ce sens. Tout le monde est conscient du problème, mais il faut faire son chemin de pèlerin.

Propos recueillis par Stéphanie JACOB


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