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CFC: Le big bang des marchés des capitaux toujours attendu

Source : | 31 janvier 2014 |  Faits divers | 309 views

- L’Economiste: Où en est l’offre du projet CFC?
- Saïd Ibrahimi: Tout d’abord, on ne parle plus de projet CFC, Casablanca Finance City est opérationnelle sur le plan institutionnel. Par ailleurs, nous avons déjà une proposition de valeur attractive qui s’articule autour de plusieurs volets, les plus importants étant un package fiscal incitatif, un assouplissement du contrôle des changes et une facilitation du doing business via la mise en place d’un fast track pour plusieurs procédures administratives dont la création d’entreprises, le recrutement de salariés étrangers et l’obtention de leurs autorisations de travail ainsi que l’obtention de visas business et de titres de séjours.

- Justement, quels sont les autres atouts du Maroc?
- Pour prétendre mettre en place un hub régional économique et financier, il faut les pré-requis suivants. En effet, le Maroc se distingue dans la région par de atouts stratégiques, à savoir une  stabilité politique dans un contexte particulièrement mouvant, des liens historiques forts avec l’Afrique. Nous sommes historiquement et culturellement beaucoup plus proches de l’Afrique que de la région Mena.
Le Maroc bénéficie aussi de fondamentaux solides à travers une stabilité macroéconomique pérenne, des accords de libre-échange avec l’Union européenne,  les Etats-Unis et le Moyen-Orient.
Le Royaume dispose d’une position géostratégique à la croisée des chemins ainsi que d’une qualité de vie indiscutable offrant des infrastructures (Enseignement international-logement…).
Enfin, le Maroc est reconnu dans la région par le leadership de son secteur financier. Nos 3 principales banques nationales sont engagées dans le continent, nous sommes le 2e marché africain de l’assurance et la 3e capitalisation boursière d’Afrique. A ceci s’ajoute un cadre légal et réglementaire moderne et aligné sur les standards internationaux.

- Le volet formation est un point important pour CFC. Où en est-on?
- Les différentes structures qui sont en cours de mise en place ont pour vocation d’alimenter la place en cadres qualifiés dans tous les métiers nécessaires au développement de la place financière. Dans ce contexte, CFC Academy œuvre pour lancer plusieurs programmes visant à mettre à niveau et enrichir l’offre de formation existante dans le domaine des services financiers et professionnels.
Aujourd’hui, le master en ingénierie financière est déjà opérationnel avec le lancement de sa première promotion en septembre 2013. De surcroît, la réflexion autour du lancement d’un MBA international est déjà en cours.
Par ailleurs, un centre d’examen CFA et deux centres d’examen CISI (Chartered Institute for Securities & Investment) ont été ouverts en 2012 et 2013 respectivement afin de développer les certifications professionnelles dans le domaine des services financiers à Casablanca et permettre ainsi aux professionnels marocains et africains de se certifier ici à Casablanca sans être obligés de voyager en Europe ou ailleurs comme c’est aujourd’hui le cas. Ainsi, plus de 50 certifications professionnelles reconnues à l’échelle mondiale dans divers métiers de la finance sont proposées par le CISI.

- Que peut apporter le CFC à l’économie marocaine?
- CFC a pour volonté de devenir le hub économique et financier de référence de la région. La concentration des plus grandes institutions mondiales au Maroc aura un impact sur l’économie de notre pays. Sur le long terme, CFC pourrait contribuer à hauteur de 1 à 2% du PIB et pourra également être à l’origine de la création de 80.000 emplois directs et indirects.

- Allez-vous développer davantage votre réseau de partenaires avec d’autres centres?
- La stratégie de développement des partenariats de CFC tient compte de deux dimensions importantes: la diversification géographique des partenariats afin de renforcer la connectivité de CFC avec les places financières de référence à l’échelle de tous les continents, ainsi que la diversification des axes de coopération stratégiques afin de favoriser l’échange d’expertises et capitaliser sur les meilleures pratiques de nos partenaires. Ainsi, le partenariat avec Singapour est axé sur le développement des marchés de capitaux et le Doing Business. Celui avec Londres est plus focalisé sur le marché des produits dérivés, l’Assurance/Réassurance et la Formation financière. Le partenariat avec le Luxembourg vise les fonds d’investissement et la banque privée. Enfin, le partenariat avec Paris insiste sur les volets de recherche et d’innovations financières. Nous travaillons à la signature d’autres partenariats, toujours dans la même logique, et dans le but de renforcer notre expertise en nous appuyant sur les meilleurs standards internationaux.

La réforme de la Bourse enrichira l’offre

«Le marché des capitaux est une composante importante de la place financière mais ce n’est pas le cœur du sujet». C’est ce qu’a indiqué Ibrahimi par rapport à la réforme tant attendu du marché financier. CFC veut également faciliter l’introduction de sociétés étrangères, principalement africaines, sur la Bourse de Casablanca. A ce titre, une convention de place multipartite devrait être signée, selon le DG de CFC Authority, en février par les différentes parties    (7 au total). Elle sera suivie par la mise en œuvre des engagements.
Au programme également, l’habilitation de personnes morales via l’application de la loi relative à l’Autorité marocaine des marchés des capitaux (AMMC). Loi qui permettra également d’habiliter les personnes morales.
Sur le volet finance islamique, le marché est toujours en attente de l’adoption de la nouvelle loi bancaire et du dahir relatif au Conseil consultatif des oulémas. C’est également la mise en place du Sharia Board qui bloque l’application de la loi sur la titrisation. Seule vraie avancée, l’adoption de la loi sur les prêts-emprunts de titres qui reste tout de même en attente d’application avec la publication prochaine de l’arrêté approuvant le modèle de convention. Ceci étant, Ibrahimi ne cache pas sa «frustration» par rapport à la lenteur dans l’adoption de cette seconde génération de la Bourse. Mais il assure qu’une fois ces éléments mis en place, le Maroc aura réussi son «big bang» des marchés des capitaux. Et cela enrichira l’offre CFC.

Propos recueillis Aïda Lo


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