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Les vraies-fausses confidences de Laensar

Source : | 30 janvier 2014 |  Actualité, Politique | 342 views

Mettre à nu les défaillances du champ politique et dégager des pistes de réforme. Tel est l’objectif des débats organisés par l’Association des lauréats de l’Institut supérieur de l’administration, dont la 4e rencontre, organisée mardi dernier à Rabat, était marquée par la présence de Mohand Laensar, secrétaire général du Mouvement populaire. Celui-ci a passé au scalpel la situation du champ politique national, mais aussi celle de sa propre formation. Le leader haraki a estimé que la réalité des partis est le résultat d’une évolution de plusieurs décennies.
L’ouverture et la démocratisation interne de ces formations sont notamment dues à «l’intervention de l’Etat via des textes de loi, qui ont permis de moderniser la gestion partisane», a-t-il noté. Mais, pour lui, le déphasage entre l’ambition affichée par la réglementation en vigueur et la réalité sur le terrain «est lié d’abord à une culture démocratique qui n’est pas encore suffisamment ancrée, plus qu’à la mise en œuvre des textes». Car, aux premières années de la naissance du Mouvement populaire, «le parti était peu structuré et son organisation était fortement personnalisée. La création de structures des jeunes et des femmes était surtout liée à un effet de mimétisme», a concédé Laensar. C’est dans ce sens qu’il faut souligner que «la loi organique sur les partis politiques a libéré ces formations de la mainmise des financements privés, en leur accordant une dotation annuelle». Mieux, «si les statuts de tous les partis garantissent le recours aux élections pour le choix de leurs responsables, c’est plutôt le consensus qui primait pendant plusieurs années. Car la plupart estimaient que le scrutin provoquait des tensions, avec des séquelles au sein des formations», a expliqué Laensar, qui a estimé que les partis ont de plus en plus recours aux urnes pour choisir leurs patrons. Néanmoins, le SG du Mouvement populaire a reconnu que «la démocratie interne dans les partis n’est pas encore satisfaisante». Pour lui, «cela est dû à un ensemble de révisions qui n’ont pas été faites au niveau de la chaîne des structures du parti». Cela renvoie notamment au décalage entre le discours officiel des partis et leur action sur le terrain. Ceci est visible notamment lors de la période électorale, dans laquelle la course aux accréditations peut se traduire par des pratiques malsaines. En effet, «le favoritisme et le clientélisme sont des maux dont souffrent plusieurs partis. Surtout que l’obtention des accréditations fait toujours des mécontents», a expliqué Laensar, qui a qualifié cette opération «d’épreuve très dure». Celui-ci a indiqué que sa formation a défini une série de critères pour le choix des candidats pour les élections. Mais généralement, «tous ces critères peuvent être ignorés, à l’exception de celui de l’influence au niveau local», a-t-il ajouté. Car, «la compétition entre les partis fait que les candidats recalés, à cause du non-respect des critères, trouvent facilement preneur chez d’autres formations qui manquent de discipline. Surtout qu’elles cherchent à recruter les profils qui ont le plus de chances de gagner», a noté le patron du MP.
Aujourd’hui, Laensar appelle à «mettre en place de nouvelles réformes pour limiter ces débordements». Cette mise à niveau du champ politique doit passer, selon lui, par une refonte du mode de scrutin. Car, «ce n’est pas le nombre élevé des partis qui pose problème, mais plutôt l’effritement de la scène politique à cause de l’incapacité des partis à dégager une majorité confortable», a-t-il estimé. Il a pointé la nature hybride du mode de scrutin actuel, qui, même s’il met en confrontation des listes de parti, l’attention est surtout portée sur la tête de liste.

Réalisme

Mohand Laensar, secrétaire général du Mouvement populaire, a déploré la balkanisation du champ politique. D’ailleurs, il a indiqué que «cette multitude ne traduit pas une variété d’idéologies». Pire, il a appelé à faire preuve de plus de réalisme lors des promesses électorales. Car, «nous constatons que les partis présentent surtout des vœux plutôt que des programmes», a affirmé Laensar. Celui-ci a avancé que son parti présente son programme en deux temps, avec quelques chiffres pour qu’il soit lisible, comme il l’a précisé. Le patron du MP a également appelé l’Etat à accompagner la mutation du champ politique via des textes législatifs. «L’intervention de l’Etat est un accélérateur des réformes, sans lequel nous n’aurions pas pu assister à une plus grande représentativité des jeunes et des femmes», a-t-il ajouté.

Mohamed Ali MRABI


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