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CentrafriqueUne présidente, et beaucoup d’espoir

Source : | 24 janvier 2014 |  Actualité, Politique | 258 views

Catherine Samba-Panza est officiellement la présidente de transition de la République centrafricaine, et la première femme à occuper le sommet de l’Etat depuis son indépendance de la France en 1960. Elle a prêté serment jeudi 23 janvier à Bangui. Elue en début de semaine par le Parlement provisoire, elle devra organiser des élections générales d’ici février 2015, élections auxquelles elle ne pourra pas se porter candidate.
La présidente a fait de la pacification de la Centrafrique son cheval de bataille. Pour l’instant, les observateurs estiment qu’elle représente un réel espoir de réconciliation, et qu’elle fait l’unanimité autant dans les rues de Bangui qu’aux yeux de la communauté internationale.
Dans une interview accordée au quotidien français Le Parisien, Catherine Samba-Panza explique qu’elle aura besoin de plus de soldats. «Le nombre de soldats actuel ne suffit même pas à remettre de l’ordre à Bangui», constate-t-elle. La Mission africaine de soutien pour la Centrafrique (Misca) sera portée à quelque 5.200 hommes dans les jours qui viennent, et l’Union européenne a décidé d’envoyer 500 militaires à Bangui, en plus des 1.600 hommes de l’opération Sangaris (France). Un contingent de 250 militaires des Forces armées royales marocaines a aussi fait le déplacement le 26 décembre 2013, et porte le béret bleu du Bureau Intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine (BINUCA).
Par ailleurs, la nouvelle présidente veut «remettre les gens au travail», et compte sur la générosité de la communauté internationale pour aider le pays, dont les caisses sont vides, à redémarrer. Là encore, une enveloppe promise de 496 millions de dollars devrait l’aider à réussir son opération de réanimation.
Catherine Samba-Panza a aussi décidé d’impliquer les autorités religieuses du pays dans un processus de réconciliation. Elle estime que les appels dans les médias ne suffisent plus et qu’un «dialogue intercommunautaire» s’impose. «Il faut être sur le terrain, et peut-être organiser des rencontres pour crever l’abcès». La nouvelle présidente s’est déjà illustrée dans le domaine des réconciliations difficiles (voir encadré: Un parcours exemplaire).
Catherine Samba-Panza reprend le poste laissé vacant par son prédécesseur, Michel Djotodia, contraint à démissionner le 10 janvier sous la pression internationale. L’ex-président, qui a lui-même accédé au sommet de l’Etat en renversant le régime de François Bozizé en mars 2013, en a été écarté en raison de son incapacité à gérer le conflit qui oppose les musulmans et les chrétiens.
Des analystes estiment même qu’il est indirectement derrière cette situation. Il aurait été soutenu par des mercenaires musulmans des pays voisins, et notamment du Tchad et du Soudan, pour conquérir le pouvoir. Une fois son objectif atteint, il n’aurait pas trouvé le moyen de les expulser hors du pays. Ce sont ces mêmes mercenaires qui ont multiplié les exactions contre les chrétiens et racketté la population. La suite de l’histoire est plus connue. Les chrétiens se sont alors réunis en brigades anti-balaka (anti-machettes), d’abord pour se protéger, avant de devenir eux-mêmes des «seigneurs de guerre» commettant des crimes d’une rare violence. Ainsi serait née la première guerre confessionnelle de l’histoire de cette ex-colonie française.

Les étudiants centrafricains en situation critique

Les étudiants centrafricains au Maroc, et certainement dans le reste du monde aussi, vivent une véritable situation de détresse. Au-delà de l’éloignement et du risque encouru par leurs familles, les quelques centaines d’étudiants sont confrontés à de graves difficultés pour assurer le quotidien. La plupart d’entre eux ne peuvent même plus régler leur loyer. En effet, l’Etat n’existant plus, les salaires des (parents) fonctionnaires non plus, et les bourses estudiantines encore moins. Ceux qui sont inscrits dans des écoles

privées sont menacés d’exclusion.

Un parcours exemplaire

Née le 26 juin 1954 au Tchad d’un père camerounais et d’une mère centrafricaine, Catherine Samba-Panza suit des études de droit à Paris, puis rentre à Bangui où elle crée une société de courtage en assurances. D’aucuns affirment que sa «haine de la corruption», qui mine le pays, viendrait de là.
 C’est son passé de militante au sein de l’Association des femmes juristes de Centrafrique (AFJC) qui la propulse en politique en 2003. Après le renversement d’Ange-Félix Patassé par François Bozizé, le pays est en pleine crise. Elle est alors nommée vice-présidente du «dialogue politique nationale», censé calmer les esprits. Elle réussit un grand tour de force, en réconciliant deux illustres ennemis politiques: David Dack, ancien président renversé en 1981 par le coup d’Etat du général Kolingba, et Abel Goumba, Premier ministre de l’époque. Un succès qui lui vaut la célébrité, mais aussi une fine connaissance du jeu politique centrafricain. 
Elle est nommée maire de Bangui sous Michel Djotodia, l’ex-président (musulman) de Centrafrique, ce qui lui donne aujourd’hui une crédibilité auprès des deux camps. En effet, chrétienne de confession, elle ne met pas ses croyances en avant et sa réputation de neutralité la précède.
Par ailleurs, en devenant la première présidente femme de la Centrafrique, Catherine Samba-Panza symbolise la réussite même de l’une des causes pour lesquelles elle se battait au sein de l’AFCJ, à savoir la promotion de la présence des femmes à des postes qualifiés.
 

Rime AIT EL HAJ


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