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Industrie: Le patronat réclame un plan Marshall

Source : | 15 novembre 2013 |  Economie | 146 views

LA rencontre qui a eu lieu, mercredi 13 novembre, entre Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, avec le patronat, avait un goût particulier. Il s’agit des premières retrouvailles entre le ministre et les membres de la Confédération patronale dont il a été président entre 2006 et 2009. Ceux qui s’attendaient à une empoignade ferme à l’instar de ce qui s’est passé avec Mohamed Boussaid, ministre des Finances, en auront eu pour leur grade. En effet, du côté de la CGEM, l’on assure que «les échanges ont été cordiaux», sans pour autant que Miriem Bensalah Chaqroun, présidente de la CGEM, «ne déroge à sa fermeté». D’où l’urgence d’un plan de sauvetage. (Voir notre édition du jeudi 14 novembre) «Le ministre n’est pas venu avec des propositions précises, mais il partage le même constat: l’industrie nationale est en mauvaise passe pour manque de compétitivité», explique le président d’une fédération. Seulement, au lieu d’inciter à tous les étages, Elalamy préfère un ciblage des activités concernées. Le ministre s’est dit prêt à identifier, en concertation avec la CGEM, les secteurs et filières à soutenir. Une distinction sera faite entre «l’industrie de packaging» et «celle représentant un vrai transfert de savoir-faire». Dans tous les cas, trois critères devront être remplis : création de valeur, de richesses et paiement des impôts. Le gouvernement a bien mis en œuvre la stratégie Emergence à travers ses deux moutures. Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, estime que le plan a généré des effets positifs, puisque le Maroc est désormais visible dans le radar de l’industrie aéronautique et automobile. Mais le Royaume doit renforcer son dispositif pour favoriser l’implantation de «nouvelles locomotives capables de tirer la myriade d’entreprises maroco-marocaines». Sauf que le gouvernement devrait monter en gamme, pour sortir de la logique de la sous-traitance, qui fait du Maroc un simple atelier de l’Europe, en favorisant l’implantation d’une industrie dégageant une plus grande valeur ajoutée.
«Les unités industrielles nationales ont été mises à mal par la signature d’une panoplie d’accords de libre-échange et d’accords bilatéraux sans un programme de mise à niveau du tissu local», ajoute le président. En fait, les boulets qui plombent l’industrie marocaine sont nombreux.
Plusieurs unités industrielles ont été confrontées un jour ou l’autre à des grèves sauvages et à des occupations illicites des lieux de travail. Des actes dus à l’absence d’une loi sur la grève pourtant prévue par la Constitution depuis une cinquantaine d’années. Du coup, nombreux sont les industriels qui ont préféré fermer leurs unités pour éviter les conflits sociaux en investissant dans des secteurs spéculatifs. L’exemple le plus éloquent est celui des usines de textile. En effet, plusieurs des textiliens se sont reconvertis dans la promotion immobilière, qui offre des marges plus confortables, avec une large part d’informel. La CGEM n’hésite pas à lier trois éléments : l’indemnité pour perte d’emploi, la liberté syndicale et la réforme du droit de grève.
L’industrie nationale souffre également de deux formes de concurrence. Les entreprises ressortissantes des pays avec lesquels le Maroc est lié par un ALE sont plus agressives sur le marché local, en offrant des produits plus compétitifs.
La CGEM, à plusieurs reprises, n’a pas manqué de pointer du doigt ce qu’elle qualifie de «cynisme économique» des partenaires commerciaux, qui imposent des barrières non tarifaires aux produits marocains. Sans opter pour le même «cynisme», Mohamed Abbou, ministre délégué, chargé du Commerce extérieur, a annoncé le lancement d’une étude pour évaluer les différents accord de libre-échange.
Le second type de concurrence auquel est confrontée l’entreprise porte sur l’informel qui a pris des dimensions alarmantes à la faveur du printemps arabe. Les gouvernements qui se sont succédé ont toujours argué que l’informel constitue un filet social. C’est la raison pour laquelle, ils ont toujours proposé des mesures incitatives, notamment un taux d’IS réduit, une amnistie fiscale en cas de première identification, mais celles-ci se sont révélées peu productives. Le ministre a rappelé la loi sur l’auto-entrepreneuriat qui devrait être bientôt adopté en Conseil de gouvernement.

Agroalimentaire, textile et cuir, les secteurs à intégrer

LA Confédération patronale souhaite qu’en plus des sept métiers mondiaux du Maroc (MMM), d’autres secteurs bénéficient d’un plan de développement. Elalamy a mis l’accent sur la nécessité de récupérer les «secteurs traditionnels». Parmi ces derniers figurent l’agroalimentaire, le textile et le cuir. Le premier devrait bénéficier d’un dispositif pour un meilleur accès aux intrants. Pour leur part, les textiliens sont en passe de signer un contrat-programme avec le gouvernement pour mettre en œuvre la Vision 2025. Quant au cuir, le ministre a rappelé les difficultés auxquelles est confronté le secteur. Il est inadmissible que la filière en soit réduite à importer du cuir alors que plus de 5 millions de peaux sont détruites chaque année. Le ministre a annoncé la prochaine mise en place d’une Bourse du cuir. Les études sont en cours de finalisation.

Hassan EL ARIF


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