Pour choisir cette version par défaut, cliquer sur: Français  | عربي  - English           
Articles Lis :

Sécurité des frontières en Afrique: Le Maroc plaide pour des actions concrètes

Source : | 15 novembre 2013 |  Actualité, Politique | 439 views

La situation au Mali et la fragilité des autres Etats du Sahel pèsent toujours sur la sécurité des pays du pourtour méditerranéen. C’est pour se pencher sur les mesures susceptibles de garantir la sécurité des frontières dans cette zone que le Maroc a accueilli, jeudi dernier à Rabat, le 2e Sommet ministériel régional, après celui organisé à Tripoli en 2012. L’objectif est de «renforcer les efforts en vue d’assurer la sécurité des frontières en se basant sur une vision réaliste et une approche solidaire et complémentaire», a expliqué Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères. Surtout que «la zone nord-africaine fait face à des défis complexes, résultant d’enjeux géopolitiques et socioéconomiques, qui dépassent le cadre national», a-t-il ajouté. D’ailleurs, «les stratégies sécuritaires à caractère national sont insuffisantes face à ce genre de menaces», a estimé pour sa part Mohamed Hassad, ministre de l’Intérieur. Le sommet de Tripoli, organisé en 2012, a permis de franchir un premier pas dans ce sens, à travers la mise en place d’une définition des «frontières sécurisées» et l’adoption d’une dimension régionale qui encourage la coordination bilatérale entre les pays concernés, en coopération avec les puissances internationales. Le plan d’action issu de ce premier sommet a permis de mettre en place une stratégie sécuritaire régionale commune. Un plan appuyé par certains pays comme la France, dont le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a manifesté la volonté de son pays de «contribuer à sa mise en œuvre». Néanmoins, «un effort d’implémentation et de suivi, à travers une feuille de route claire, est indispensable», a affirmé Mezouar. C’est dans ce sens que ce deuxième sommet est appelé à adopter une méthodologie pratique, «basée sur deux approches, politique et opérationnelle, dans le cadre de projets bien déterminés, mis en œuvre via des mécanismes souples», a-t-il expliqué. Un projet de déclaration de Rabat a été déjà élaboré. Et il semble bénéficier de l’appui de certains Etats comme la France. Car, «les Etats de la région ne sont pas dépourvus de la volonté politique quand il s’agit de sécuriser leurs frontières, mais ils sont souvent handicapés par le manque de moyens et la faiblesse des expertises et des outils technologiques», a souligné Salaheddine Mezouar. C’est pour cela qu’il est important de «mettre en place un cadre de coopération, afin de trouver des solutions communes pour combattre les mouvements criminels dans la région, en misant sur l’échange d’informations et la coordination dans le contrôle des frontières», a expliqué Hassad. Cela est d’autant plus important car les terroristes n’hésitent pas à mutualiser leurs efforts. «Des militaires français ont découvert des documents prouvant que des terroristes de pays africains ont bénéficié de formation au Nord Mali», a fait savoir Laurent Fabius. Le ministre marocain de l’Intérieur a appelé les pays développés et les Organisations internationales à assumer leurs responsabilités en termes de financement de projet de développement et de partage des expertises. Ces Etats semblent en être conscients. Laurent Fabius a été on ne peut plus clair en déclarant que «la gestion des espaces frontaliers au Sahel est un défi qui nous concerne tous». Des Etats européens ont en effet subi des actes de terrorisme et de banditisme transfrontalier, notamment à travers le kidnapping de ressortissants étrangers et l’abject assassinat de journalistes. La France a même plaidé au Nations unies pour un plan intégré pour le Sahel. Concrètement, le ministre français des Affaires étrangères a appelé à «mettre en place une action coordonnée pour aider les pays du Sahel à construire un Etat de droit et renforcer leurs capacités d’intervention». Outre un réseau régional d’échange d’informations, Fabius a estimé nécessaire de monter une force africaine d’intervention rapide, solidement équipée et financée. «Nous sommes prêts à appuyer les efforts africains dans ce cadre», a-t-il affirmé. Le Maroc, a assuré Mezouar, «est prêt à partager son expérience avec la Libye, notamment en matière de construction des institutions, de justice transitionnelle et de réconciliation nationale». D’ailleurs, le ministre libyen des Affaires étrangères, Mohamed Ahmed Abdelaziz, a rappelé le rôle décisif de l’appui de l’Union européenne et de l’ONU dans les efforts de sécurisation des frontières, fragiles après la chute du régime de Kadhafi. Aujourd’hui, il appelle à baser la coopération régionale en matière de sécurité sur une série de principes. Il s’agit d’abord d’aboutir à une «compréhension commune des défis sécuritaires». Aussi, «une stratégie d’anticipation des menaces» est impérative. A l’instar des ministres marocains, Ahmed Abdelaziz a estimé que «la sécurité régionale ne peut être appréhendée sans prendre en considération la dimension de développement humain».

Entêtement algérien

Les efforts de sécurisation des frontières dans la zone sahélo-saharienne ne pourront donner leurs fruits que s’ils sont accompagnés d’une intégration maghrébine. Celle-ci constitue «un choix irréversible du Maroc et une revendication régionale et internationale», selon Mezouar. D’ailleurs, Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, a affirmé que «la France est très attentive au sort de la zone sahélo-saharienne». Or, il est difficile d’y aboutir face à l’entêtement de l’Algérie. Ainsi, le ministre des Affaires étrangères du voisin de l’Est n’a pas fait le déplacement à Rabat pour participer à ce sommet. Il s’est contenté de se faire représenter par un simple directeur. Or, comme l’a avancé Mohamed Hassad, «la lutte contre ces menaces sécuritaires constitue une priorité, qui doit pousser les Etats à dépasser leurs divergences et mutualiser leurs efforts». Surtout que la garantie de la sécurité nationale devra passer par une imbrication des espaces maghrébin et africain, dans le cadre d’une stratégie de développement commun.

Mohamed Ali MRABI


Pas de commentaires pour cet article “Sécurité des frontières en Afrique: Le Maroc plaide pour des actions concrètes”

Laissez un commentaire









Les opinions exprimées dans les commentaires reflètent l'opinion de leurs propriétaires et non pas l'opinion de MarocPress.com

 Recommander ce contenu sur Google  

Maroc Press TV

Annonce

Articles Populaires

Insolites


Plus ...

Journaux



achnooAufait MarocAujourd'hui Le MarocJeune AfriqueL'EconomisteL'opinionLa MarocaineLa Nouvelle TribuneLa Vie EcoLe MatinLe soir echosLiberationMaroc-HebdoMarocPress.comMenara