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EnseignementLa pilule amère qui attend les universités

Source : | 29 juin 2012 |  Actualité, Economie | 664 views

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C’EST au détour d’une réunion informelle avec les doyens des facultés de droit (sciences juridiques et économiques) de toutes les universités du Royaume que le ministre de l’Enseignement supérieur a esquissé ce qui pourrait être la première salve de mesures de la réforme. Le moins que l’on puisse dire est que certaines vont faire jaser. La plus spectaculaire sans doute est le retour à la session unique d’examen en fin d’année académique dans les facultés de droit, comme cela était le cas avant la mise en place de l’organisation actuelle basée sur des modules semestriels. 
Ce réaménagement serait en effet lié aux difficultés de gestion de ces facultés qui, par leurs effectifs, sont à elles seules des universités dans l’université. Il semble que c’est à la demande d’un certain nombre de responsables que Lahcen Daoudi a émis cette idée. Reste à savoir quelle serait son efficacité. Il n’est pas sûr que le simple fait de réduire le nombre de sessions d’examens puisse changer radicalement la situation. Un doyen redoute qu’elle fasse exploser le taux d’échec et d’abandon dans les licences fondamentales.
Le ministre veut aussi reprendre la main sur les masters, en particulier les programmes payants organisés par les universités qui, soit dit en passant, avaient reçu l’onction des autorités dans le cadre de la «politique de diversification des ressources des universités». Mais avec le temps, ils ont été détournés de leur esprit en servant de caisses noires à certains doyens et présidents d’université. «Il y avait un peu tout et n’importe quoi dans ces programmes», confie un cadre au ministère de l’Enseignement supérieur. Le ministre avait piqué une vive colère en apprenant que des responsables d’université délivraient des titres nationaux (masters) au terme de ces formations privées alors que, logiquement, celles-ci devraient être sanctionnées par des diplômes d’université (et qui ne sont pas l’équivalent d’un master). Selon une rumeur persistante à Rabat, l’université de Settat, notamment l’ENCG, serait dans le collimateur, mais elle n’est pas la seule. L’enquête diligentée par le ministre aurait confirmé toutes ces pratiques.
Pendant la rencontre avec les doyens des facs de droit, Lahcen Daoudi a annoncé à ses interlocuteurs qu’il demandera au gouvernement de ne plus autoriser les fonctionnaires à s’inscrire dans les masters payants qui garnissent les vitrines des facs et des écoles supérieures publiques. Seules les licences professionnelles resteraient ouvertes. Sur le plan quantitatif, le phénomène n’est pas important, mais c’est son impact budgétaire qui est redouté. La progression sur l’échelle des grades dans l’administration étant fondée, entre autres, sur le niveau d’études, les fonctionnaires qui décrochent un nouveau diplôme peuvent prétendre à une promotion et, donc, à une augmentation de salaire. 
Toujours au sujet des masters, on se dirige vers une restriction de la présence des professionnels dans l’animation des modules. Un peu sous la pression du syndicat des profs (SNE Sup), le ministre envisage de relever le plafond des heures supplémentaires des enseignants permanents actuellement fixé à 20 heures par mois. Ce qui entraînera, de fait, une réduction de l’intervention des professionnels dans ces programmes. Si elle se confirme, cette orientation serait pour le moins étrange, car l’idée de faire venir des praticiens sur les campus allait dans le sens d’une plus grande professionnalisation des cursus et du rapprochement de l’université avec l’entreprise. Avec, au bout, l’amélioration de l’employabilité des lauréats sur le marché de l’emploi. A l’évidence, tout le monde n’en est pas convaincu.

Un nouveau grade pour les PES?

AVEC la gestion budgétaire, le recrutement des professeurs est l’une des applications concrètes de la loi sur l’autonomie des universités. Chacune, selon les postes budgétaires qui lui sont affectés, procède à la sélection de ses enseignants. Cette flexibilité pourrait être remise en cause, car le ministre de l’Enseignement supérieur a clairement fait savoir qu’il comptait transférer tout le processus de recrutement des professeurs à l’administration centrale. Ce qui ne sera pas sans poser des difficultés, sauf à modifier à la marge le texte de loi sur l’autonomie des universités. Au passage, il est envisagé la création d’un nouveau grade pour la catégorie Professeur d’enseignement supérieur (PES). Celle-ci en compterait 4 au lieu de 3 actuellement. Reste à trouver le financement de la mesure.

A.S.


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