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Tunisie: Un dialogue de sourds

Source : | 7 novembre 2013 |  Actualité, Politique | 297 views

La Tunisie ne sortira pas de sitôt de l’impasse. Incertitude, flou politique et désaccord sont les maîtres mots des négociations pour désigner un nouveau Premier ministre. Celles-ci devaient s’achever samedi 2 novembre, mais faute de commun accord, elles avaient été prolongées de 36 heures pour être finalement suspendues jusqu’à nouvel ordre. Après 10 jours de pourparlers, l’échec est retentissant, chacune des parties imputant la responsabilité à l’autre. L’opposition accuse le parti au pouvoir de ne pas vouloir sortir de la crise et d’insister sur la nomination d’un candidat jugé trop âgé et trop faible. Il s’agit notamment d’Ahmed Mestiri, ministre puis opposant de Habib Bourguiba, père de l’indépendance. L’homme politique, âgé de 88 ans, est présenté par la Troïka comme la seule alternative possible. Le chef du parti Ennahda, Rached Ghannouchi, justifie ce choix par la nécessité de nommer une «personnalité connue pour son indépendance». L’opposition qui avait d’abord proposé la candidature d’un autre vétéran de la politique tunisienne, Mohammed Ennaceur (79 ans), a fini par rabattre ses cartes en présentant la candidature d’un ancien ministre de la Défense, Abdelkarim Zbidi. Une candidature refusée par le président Moncef Marzouki. Même les médiateurs de la crise n’ont pas pu trouver de consensus. Le syndicat UGTT, le patronat Utica, la ligue des droits de l’homme et l’ordre des avocats, qui ont eux-mêmes annoncé, lundi 4 novembre, la suspension sine die du «dialogue national», n’étaient pas en mesure d’apporter des éléments de réponse. Au vu de la gravité de la crise actuelle, Houcine Abassi, SG de l’UGTT, propose de se passer des partis politiques pour la nomination d’un nouveau Premier ministre. «Si les partis n’arrivent pas à un consensus, nous assumerons notre responsabilité et présenterons les noms de personnes que nous estimons capables», a-t-il affirmé. Une solution qui n’en est pas vraiment une, tout nouveau gouvernement devant obtenir le soutien de la Troïka (majoritaire à la Constituante), pour entrer en fonction. Ces nominations ratées ne sont pas le seul chantier laissé en suspens. Outre la désignation d’un nouveau chef de gouvernement, voilà déjà 2 ans que l’adoption d’une législation et d’un calendrier électoraux et la procédure d’adoption de la Constitution sont en cours. Ces dossiers ont pris un retard considérable. En effet, le travail sur la législation électorale qui devait être adoptée ce samedi 9 novembre n’a pas encore commencé et les membres de la future commission n’ont pas été élus à ce jour. Cet échec intervient à une période de grande crise sécuritaire. Pas moins de 9 policiers et gendarmes ont été tués ce mois d’octobre. De plus, pour la première fois, des sites touristiques ont été visés par les jihadistes. Ainsi, l’état d’urgence en vigueur depuis janvier 2011 a été prolongé de 8 mois (jusqu’à fin juin 2014) par la présidence.

Sanaa EDDAÏF


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