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Autonomie des partisLes mises en garde de Benabdallah

Source : | 1 novembre 2013 |  Actualité, Politique | 259 views

«POUR être à la hauteur de la Constitution de 2011, il faudra consacrer l’indépendance des partis politiques». Tel est le principal message de Nabil Benabdallah, secrétaire général du PPS, lors d’une conférence sur la gouvernance des partis politiques organisée par l’Institut supérieur d’administration, mercredi dernier à Rabat. Dans cette sortie d’une rare virulence, Benabdallah a mis en garde contre «les opérations pilotées par le haut qui ne peuvent mener qu’à l’échec». «Cela a déjà été le cas il y a deux ans, mais nous n’en avons pas tiré les leçons», a-t-il déploré. D’où la nécessité de «respecter aujourd’hui l’autonomie de décision des forces politiques, en les laissant déterminer leurs propres orientations». Concrètement, «l’autonomie des partis devra renforcer la confiance des citoyens dans leur système politique. Car la défiance persiste encore malgré les améliorations de ce système», a-t-il dit. Cela est visible dans les critiques des Marocains concernant le nombre des partis politiques. Mais aux yeux du SG du PPS, seules 8 formations constituent de véritables forces politiques dont certains devront même disparaître.
Pour apaiser les esprits des Marocains, il a comparé le système politique national à ceux de pays développés tels que la France et l’Espagne. «Ces pays n’ont que trois ou quatre forces majeures, mais ils ont aussi des partis dont vous n’en avez jamais entendu parler puisqu’ils sont exclus du jeu électoral», a-t-il lancé à l’assistance. Il attire l’attention sur un autre aspect concernant la formation des politiques. «En France, les partis politiques sont essentiellement dirigés par des lauréats de l’Ecole nationale d’administration. Ce n’est pas le cas au Maroc», a-t-il déploré.
Pour Benabdallah, cela explique la méfiance des Marocains à l’égard du système national. Or, «considérer que les partis politiques n’ont pas les compétences nécessaires pour gérer le pays va à l’encontre de la démocratie». En tout cas, ce scepticisme existe au sein même des partis. Selon le ministre de l’Habitat et de la politique de la ville, les militants de certaines formations sont crispés face au renouvellement des élites. Il a d’ailleurs remué le couteau dans la plaie en rappelant que des parlementaires se permettent encore d’embaucher leurs proches. «Vouloir faire carrière dans le système politique est un droit, mais encore faut-il faire preuve de compétences», a-t-il dit.
L’émergence de nouvelles élites devra contribuer au développement socio-économique du pays. Car, actuellement, la question des conditions de vie des couches les plus défavorisées est souvent reléguée au second plan. Pourtant, «nous ne pouvons parler d’un système économique viable si nous ne relevons pas le niveau de vie de ces populations», a-t-il ajouté.
En clair, «si les formations ne changent pas d’approche, les Marocains pourront suivre le même chemin que leurs voisins tunisiens», a-t-il prévenu. Autrement dit, il n’exclut pas une nouvelle révolte, après celle du Mouvement du 20 février en 2011.
Par ailleurs, Benabdallah a considéré que la faiblesse des subventions consacrées aux partis entrave également l’émergence d’un système politique fort. Pour rappel, les formations politiques n’ont pas droit au même montant. Des nombreux critères entrent en jeu pour déterminer l’enveloppe qui doit être accordée à chaque parti.

«Le conseiller de Benkirane»

«L’alliance Benkirane-Benabdallah» a fait beaucoup de remous ces derniers temps. Le ministre de l’Habitat, qualifié de «conseiller du chef du gouvernement» par ses adversaires, est finalement sorti de son mutisme. Il a déploré la pression dont il a fait l’objet lors des négociations pour la formation du gouvernement Benkirane II. Benabdallah se disait prêt à prendre les initiatives pour accélérer le processus de formation de la nouvelle coalition. Mais cela n’a pas été du goût de «certains parlementaires qui ont reproché au PPS ses rencontres avec les responsables du PJD». Toutefois, le ministre n’a pas cité de noms, se contentant de faire de vagues allusions.

Hajar BENEZHA


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