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Egypte: Les challenges de Morsi

Source : | 28 juin 2012 |  Actualité, Politique | 412 views

CRISE du tourisme, hausse des déficits, perte de confiance des investisseurs. Le Frère musulman Mohamed Morsi, nouveau président d’Egypte, aura fort à faire durant son mandat. Le pays connaît actuellement d’importantes difficultés. Et le programme de l’islamiste ne rassure pas forcément. Selon Mona Ismaïl, ancienne directrice de la Banque arabe d’investissement, Morsi doit s’entourer d’experts en dehors de la confrérie car elle estime que «Les Frères musulmans n’ont pas les moyens ni l’expertise pour gérer l’économie d’un pays comme l’Egypte». Le nouveau chef d’Etat égyptien penche plutôt vers une économie de marché très engagée dans l’aide sociale, mais son programme reste au stade des généralités. Dans le pays, la situation préoccupe. L’Egypte n’est pas certaine de pouvoir assurer les importations de produits de base tels que du blé ou des carburants raffinés. Pour cause, les réserves de la Banque centrale sont en chute libre passant de 36 à 15 milliards de dollars depuis début 2011. Le déficit budgétaire du pays, quant à lui, n’arrête pas d’augmenter mettant en péril le maintien de la subvention des produits de première nécessité. Les prévisions gouvernementales pour juin 2012 à juin 2013 atteignent les 38 milliards de dollars contre 24 milliards l’année précédente. Le tourisme, secteur majeur de l’économie égyptienne en termes d’emplois (10% de la population), souffre énormément. Bien que l’activité soit en plein redressement, la révolution arabe a provoqué un effondrement du nombre de touristes depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011. Sur ce sujet, la position des Frères musulmans n’est pas toujours claire. Entre les discours rassurants invitant les étrangers à passer leurs vacances en Egypte et les militants du parti opposés à la vente d’alcool dans les hôtels et les bikinis sur les plages, la confusion est facile. Pour venir à bout de ces difficultés, Le Caire est entré en contact avec le Fonds Monétaire International (FMI) et sollicite depuis plusieurs mois un prêt de 3,2 milliards de dollars. Le FMI a souligné l’importance de «relancer la croissance et de corriger le déséquilibre du budget». Fait encourageant, suite à la victoire de Morsi, la Bourse égyptienne a progressé de 7,5%. Pourtant, l’agence de notation Standard & Poor’s a attribué la note «B» sous surveillance et avec perspective négative. L’agence s’explique : «Nous nous attendons à ce que les tensions restent élevées entre les Frères musulmans et l’armée, ce qui pourrait détériorer davantage la situation économique du pays.»
Les relations sont en effet tendues entre Mohamed Morsi et le Conseil Supérieur des Forces Armées (CSFA) présidé par le maréchal Hussein Tantaoui. Ainsi, dans ses plans pour sauver l’Egypte, Morsi devra composer avec l’armée. Celle-ci doit céder le pouvoir exécutif à l’islamiste avant la fin de la semaine mais conserver le pouvoir législatif ainsi qu’un droit de veto sur tout projet de loi et sur le budget. Pour s’assurer une plus grande marge de manœuvre, le président a déclaré vouloir nommer un «indépendant» comme Premier ministre. Mohamed El Baradei, ancien chef de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), est fréquemment mentionné pour occuper le poste.

Omar BELKAAB et Radia LAHLOU


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