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Mezouar au Club de L’Economiste«Le gouvernement est incapable de prendre des décisions»

Source : | 28 mars 2013 |  Actualité, Politique | 406 views

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- L’Economiste: Le gouvernement a annoncé avoir atteint un déficit de 7,1% sans accompagner cela d’un plan d’urgence. Quelle est votre évaluation de la situation des finances publiques?- Salaheddine Mezouar: Les indicateurs sont inquiétants. Surtout lorsqu’on constate que la croissance atteint à peine 2,7% face à 7,1% de déficit et 8,2% de déficit des comptes courants. Donc, si nous restons dans cette situation d’ici la fin de l’année, nous aurons moins de 3 mois de réserves de devises. La baisse de la croissance signifie que les entreprises ont moins fonctionné. Idem pour le recul des importations qui traduit une faiblesse des activités. Aujourd’hui, il y a beaucoup d’attentisme à cause du manque de confiance et de visibilité. Tout cela va se traduire par une baisse des recettes de la TVA. Donc, nous sommes face à une situation qui, sur le plan budgétaire, risque de se compliquer. Si le gouvernement termine cette année avec un déficit de 7,1%, et je vois mal comment il pourrait descendre sous la barre de 6%, cela veut dire que l’endettement passera à 60% du PIB.

- Mais on vous reproche d’avoir laissé les finances publiques dans une situation critique…
- Sur la période 2008-2011, nous avons pu maintenir le déficit moyen à 3,1%, à l’exception de 2011, qui a été marquée par un contexte particulier. En 2011, nous tablions sur un déficit de 4 à 4,5%, mais nous avons terminé avec 6,1% à cause de ce contexte. J’étais également lucide sur d’autres questions comme le recul des transferts des MRE, des activités touristiques à cause de l’instabilité dans la région… Je pouvais, dès le déclenchement de la crise, avoir une attitude opportuniste. Moi, j’ai fait le choix du volontarisme, notamment en créant un comité de veille stratégique. Ce qui a permis d’avoir une inflation maîtrisée, un niveau d’investissement de l’Etat qui avait créé une bonne dynamique. Mais aujourd’hui, je constate que le gouvernement subit plus qu’il n’agit. Et je pense qu’il s’agit d’une incapacité notoire à prendre des décisions, afin de rester vierge politiquement.

- Il y a quelques mois, vous avez fait l’objet d’attaques frontales sur l’affaire des primes. Est-ce que cela vous a affaibli?
- Cela m’a affecté personnellement, mais pas affaibli. Parce que mes convictions vont au-delà de ce type de manœuvres. J’ai décidé de m’engager dans la politique, et je sais qu’en tant que responsable d’un parti, j’allais être attaqué. J’étais aussi conscient que les méthodes utilisées par le parti majoritaire sont connues. Et son approche est utilisée dans d’autres pays. Regardez ce qui se passe en Tunisie, où les mêmes discours sont véhiculés. Cette méthodologie s’articule autour de plusieurs actions. D’abord attaquer la crédibilité personnelle, puis la crédibilité professionnelle. Ils ont essayé de le faire en déclarant que j’avais falsifié les chiffres, comme si on était dans une république bananière. J’ai fait face à ces attaques avec retenue. Car, ils voulaient que je sois préoccupé par la défense de ma crédibilité par rapport à une petite affaire. Mais je considère que je n’ai rien fait d’illégal, et que j’ai rendu des services au pays. Les primes existent dans tous les pays. Et s’ils ont le courage, qu’ils les suppriment. S’ils le font, ça va être une catastrophe, surtout qu’il s’agit de personnes chargées du contrôle des dépenses de l’Etat et de la collecte des recettes.

- Vous ne pensez pas qu’il y a aussi un problème de transparence dans l’octroi de ces primes?
- Il y a des critères pour l’octroi de ces primes pour toutes les directions. Les gens ne travaillent pas à la tête du client. Maintenant, le système est réformable. Moi j’ai fait ce que j’ai pu pour réduire les écarts et améliorer les conditions de rétribution pour les catégories inférieures à l’échelle 11. Mais ce n’est pas suffisant. J’avais même demandé une réunion avec les syndicats pour discuter de la possibilité de l’implication d’un cabinet indépendant dans cette réforme.

Akhannouch est toujours le bienvenu

Après les élections législatives de 2011, le RNI a perdu certains de ses cadres les plus influents. En tête Aziz Akhannouch, qui a été maintenu dans son poste à la tête du département de l’Agriculture. Le RNI aura-t-il perdu l’un de ses plus gros contributeurs? Pour Salaheddine Mezouar, «c’est surtout l’homme politique qui nous manque. D’ailleurs, il est toujours le bienvenu chez lui». Le parti a également connu le départ de Yassir Zenagui, ancien ministre du Tourisme, et actuel conseiller du Roi. A cela s’ajoute Mohamed Boussaid, ancien ministre du Tourisme, nommé à la tête de la wilaya du Grand Casablanca.

Propos recueillis par Mohamed Ali MRABI


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