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Benkirane chez les conseillersLe vrai grand oral

Source : | 5 juin 2012 |  Actualité, Politique | 662 views

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Après les députés, les conseillers. Le Chef de gouvernement passe son grand oral aujourd’hui, mardi 5 mai, devant la Chambre des conseillers. Abdelilah Benkirane est conscient que son passage ne sera pas une partie de plaisir. D’autant que dans cette enceinte son gouvernement ne dispose pas de la majorité. Et les partis d’opposition l’y attendent de pied ferme. En effet, des chefs de groupes parlementaires se sont «préparés au cas où Benkirane se permette de reproduire la même arrogance dont il avait fait preuve devant les députés».
En tout cas, le temps de parole sera équitablement réparti entre l’opposition et la majorité. L’ordre du jour comprend trois thèmes: la crise internationale et son impact sur l’économie marocaine, la stratégie de lutte contre la corruption et les élections.
Les thèmes économiques ne semblent pas le fort de Abdelilah Benkirane. Ainsi, la crise économique internationale a touché l’Europe, le principal partenaire du Maroc. Des secteurs entiers sont touchés par le recul de la commande: tourisme, transferts des MRE, exportations… Mais le gouvernement ne semble pas avoir pris des mesures pour y faire face. L’équipe sortante avait mis en place un comité de veille stratégique qui avait permis d’amortir les effets de la crise sur plusieurs secteurs. Le deuxième thème à l’ordre du jour porte sur la moralisation de la vie publique et la lutte contre la corruption. La lutte contre le «fassad» a été le cheval de bataille du PJD, voire l’ossature de son programme électoral de 2011.
Benkirane reviendra sur les mécanismes de contrôle comme la Cour des comptes, l’Inspection générale des finances, ou encore l’Inspection générale des ministères. Les rapports produits par ces organismes de contrôle seront suivis par le ministère de Mohamed Najib Boulif en charge de la Gouvernance.
Une place de choix sera accordée à l’Instance centrale de prévention de la corruption. Le projet de loi visant l’élargissement de ses attributions est en cours de finalisation. Il apportera une protection des témoins, des dénonciateurs…
Le thème le plus attendu est d’une actualité brûlante: les élections. Les communales et les régionales seront organisées avant juin 2013. Entre-temps, il faudra adopter les lois électorales et surtout la loi organique de la région, pièce maîtresse de l’arsenal électoral. Les dirigeants de la majorité ont décidé de laisser à Benkirane le soin de décliner l’approche du gouvernement sur la question et d’annoncer l’agenda. Et surtout le maintien de la Chambre des conseillers, telle quelle, jusqu’aux prochaines élections. Pourtant, Benkirane voulait que ces élections aient lieu avant septembre prochain pour que la rentrée parlementaire ait lieu avec la nouvelle configuration de la Chambre des conseillers. Cependant, des partis même de la majorité n’étaient pas favorables à cette option. Officiellement, il était difficile de les organiser dans ce délai, compte tenu des contraintes législatives. Officieusement, organiser les élections à la fin de l’été, c’est permettre un raz de marée du PJD, reprennent en chœur plusieurs politiques. Ainsi, les amis de Benkirane feront main basse sur les grandes villes. Ce qui implique une domination dans la prochaine Chambre des conseillers où le PJD est actuellement absent. Selon les pronostics, la prochaine présidence de cette Chambre tombera dans l’escarcelle du PJD si les élections étaient organisées à la fin de cet été.
Ces craintes sont ressenties dans les rangs du MP mais aussi au sein de l’Istiqlal. Le parti de Abbas Al Fassi est dans une mauvaise posture. «Avec quels ministères va-t-il préparer les élections», s’est interrogé un membre du comité exécutif. «Par le passé, l’Istiqlal avait des ministères importants électoralement comme le département de l’Equipement ou l’Habitat. Aujourd’hui, rien de consistant», ajoute-t-il.
En plus, les partis de l’opposition ne sont pas tous au top de leur forme. L’USFP en tête. A la veille de son congrès dont la date n’est pas définitivement arrêtée, le parti de Abdelwahad Radi vit un problème de leadership. Plusieurs dirigeants se positionnent pour prendre le contrôle du parti. Les autres composantes de l’opposition se portent mieux. Le RNI semble tirer son épingle du jeu. Il vient de sortir renforcé d’un congrès qui a légitimé son président. Salaheddine Mezouar a pu éviter à son parti l’implosion.

Mohamed CHAOUI


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