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Fertilisants bioUne unité bloquée par les autorités

Source : | 7 mars 2013 |  Economie | 366 views

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Depuis quand une activité agricole est soumise à une étude d’impact ? De surcroît lorsqu’il s’agit de la production de fertilisants biologiques. Pourtant, la mise à l’arrêt depuis 5 mois de l’entreprise Ecofertil est justifiée par «l’obligation de produire une étude d’impact sur l’environnement et une enquête publique», révèle sa gérante Rajae Alami. Or les dispositions de  la loi n° 12-03 relative aux études d’impact sur l’environnement sont claires et ne souffrent aucune équivoque d’interprétation. Dans le domaine agricole, la liste des projets annexée au texte énumère «les travaux de remembrement rural, le reboisement d’une superficie supérieure à 100 ha  et l’affectation de terres incultes ou d’étendues semi-naturelles à l’exploitation intensive». Ce qui n’est pas le cas de la société Ecofertil, active dans la production de composts à base de fumier depuis plus de deux décennies. Mais, ironie du sort, l’unité vient de changer de site sans toutefois quitter la zone où elle était implantée. Tout au plus 1.500 mètres plus loin. Cela n’a pas empêché le caïd de Tit Méllil de débarquer en personne sur le nouveau site pour signifier aux responsables de l’unité de n’entamer aucune activité ni de déplacer le matériel. «Motif invoqué, une semaine plus tard, la réalisation d’une étude d’impact sur l’environnement», explique Alami. Bien évidemment, l’entreprise s’est exécutée via un cabinet spécialisé. Et les conclusions se sont révélées favorables à l’entreprise.
Tous les indicateurs soulignent la faiblesse, voire l’inexistence d’impact sur l’environnement. D’ailleurs, le même constat a été dressé par une commission locale en date du 6 juin 2011 et où figurait le caïd de Tit Méllil en tête de liste. «L’activité ne génère pas de mauvaises odeurs et les matières utilisées qui sont exclusivement organiques n’ont pas d’effet sur l’environnement et le voisinage», telles sont les observations de la dite commission. Normal, dans la mesure où  la production de composts est basée  sur la purification du fumier en ne faisant recours qu’à l’eau et l’air, deux éléments fondamentaux de l’environnement. Pourquoi alors bloquer une activité qui constitue le maillon fort de l’agriculture biologique ? Les autorités locales de Tit Méllil sont-elles à contre-courant de la stratégie agricole nationale ? Autant d’interrogations que se posent les responsables de l’unité dont les démarches n’ont pas trouvé de répondant même parmi les services extérieurs du ministère de l’Agriculture. Pourtant, il s’agit de la seule entreprise leader dans la production de fertilisants bio. Selon Alami, Ecofertil produit annuellement 30.000 tonnes de fertilisants et assure le revenu à 30 salariés permanents et 70 ouvriers saisonniers. Cinq autres opérateurs produisent moins de 10.000 tonnes alors que le reste des besoins est importé.
Au-delà, la filière biologique est érigée par le Plan Maroc Vert en activité prioritaire car, offrant des opportunités indéniables en matière de développement durable, de diversification des exportations et de préservation des ressources naturelles. C’est pour satisfaire ces objectifs qu’elle a d’ailleurs signé son contrat-programme avec le gouvernement en avril 2011. Convention qui table sur la réalisation d’un investissement global de plus de 1,1 milliard de DH à l’horizon 2020 dont 286 millions à la charge de l’Etat.

Objectifs

Les objectifs du contrat-programme portent sur une production de produits bio de 400.000 tonnes à l’échéance 2020 dont 60.000 seront exportées. Ce volume se décline en 48.000 tonnes de fruits et légumes frais et 12.000 de produits transformés dont les viandes et poissons. La production ainsi que la valorisation devraient générer 9 millions de journées de travail par an soit l’équivalent de 35.000 emplois permanents. Et le chiffre d’affaires attendu à l’export avoisinerait le milliard de DH. Mais le marché intérieur n’est pas en reste. Tout un plan d’action est à l’étude entre la profession et la tutelle pour stimuler la consommation nationale de produits bio.

A. G.


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