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Rapports avec le Roi, monarchie parlementaire,…Les vérités de Benkirane

Source : | 26 février 2013 |  Actualité, Politique | 395 views

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La dernière sortie de Abdelilah Benkirane a frappé les esprits. Dans un style décontracté et spontané, le chef du gouvernement a répondu aux questions des journalistes de TV5, RFI et Le Monde, une émission diffusée dimanche 24 février par Radio Atlantic dans le cadre d’un accord de syndication avec la radio internationale. Il a répondu, avec sa franchise habituelle aux différentes questions, en apportant de nouveaux éclairages sur bien des sujets brûlants. C’est le cas de ses relations avec le Palais royal. Sur ce dossier sensible, il n’a pas fait dans la langue de bois: «Depuis que je suis arrivé à la tête du gouvernement, j’ai fait de telle sorte que mes rapports et mes échanges avec SM le Roi se déroulent dans la cordialité. Je ne veux pas exercer le pouvoir dans le sens d’un bras de fer. Car, pour moi, SM le Roi est le symbole de l’Etat. C’est mon chef et je dois travailler avec lui pour que tout l’Etat avance, peut être doucement mais aisément», a précisé Benkirane. Il a saisi cette opportunité pour affiner son analyse et mettre en avant les fondements de la stabilité et la spécificité marocaines. Autant d’atouts qu’il ne s’agit pas de perdre devant les salafistes, les islamistes, les communistes ou les radicaux des différents bords, dit-il. «Nous sommes un pays stable, démocratique, avec notre niveau d’évolution. Nous voulons avancer doucement. Donc ceux qui jouent dans la vie politique doivent veiller au respect de ce grand héritage qui a fait que le Maroc a survécu aux différentes vagues allant du protectorat au panarabisme en passant par le socialisme et l’islamisme. Nous avons survécu à tout cela sans grands dégâts», a martelé le chef du gouvernement. Pour lui, tout le monde, partis politiques administration comprise, doivent veiller à ce que ces fondements ne soient pas touchés au risque que l’équilibre ne soit rompu.
Dans cet entretien, Abdelilah Benkirane semble avoir pris de la bouteille. Délaissant le statut du patron du PJD, il s’est progressivement drapé dans l’uniforme du commis de l’Etat, un Chef de gouvernement de tous les Marocains, rehaussé par une légitimité démocratique. Donc, avec aisance, il n’a esquivé aucune question, à part celle de révéler le contenu d’un aparté avec le Souverain.

«Je n’étais pas préparé comme un athlète qui va dans une compétition, mais, jusqu’à présent, je me sens bien»

Sur la monarchie parlementaire, il ne s’est pas gêné pour recadrer et argumenter la position de son parti. «Nous n’avons pas été officiellement favorable à ce mode de gouvernance qui ne convient pas au pays. Le Roi doit rester le chef de l’Etat et avoir de l’autorité. Nous pensons qu’il n’est pas dans l’intérêt du pays qu’il soit mêlé à la gestion des affaires», a-t-il ajouté. Aux yeux de la population, du gouvernement et des partis politiques, le Souverain doit demeurer l’arbitre, qui peut recourir au sifflet à tout moment. «Au Maroc, nous avons toujours cette peur qu’un parti hégémonique n’essaie de broyer tout le monde. Pour cela, le Roi doit conserver suffisamment de pouvoir pour intervenir et rééquilibrer les choses», a souligné le Chef du gouvernement.
Sur son éventuelle préparation à exercer le pouvoir, Benkirane a eu cette réplique spontanée: «je n’étais pas préparé comme un athlète qui va dans une compétition, mais, jusqu’à présent, je me sens bien».
Sur le printemps arabe, le Chef du gouvernement a livré sa vision qui semble avoir accroché les auditeurs. «Au Maroc, c’est différent. Tous les joueurs savent qu’il y a un arbitre pour éviter les dérapages. En Tunisie et en Egypte, les anciens présidents auraient pu jouer ce rôle s’ils n’avaient pas mal réagi en plongeant leur pays dans la répression. Ce qui a fait sauter des verrous au sein de la société», a-t-il rappelé. Difficile de recoller les morceaux pour remettre en marche.
Si le reproche habituel fait à Benkirane est de faire peu de cas des dossiers économiques, cette fois-ci, il a démontré le contraire, particulièrement en affichant une volonté de mener les grandes réformes qualifiées d’ «inévitables» comme notamment celles de la compensation, des retraites et de la justice. «Pour la compensation, ce n’est pas tenable. Il faut dire aux Marocains la vérité. Nous allons réviser le système et mettre en place des aides directes aux citoyens qui sont dans le besoin», a précisé Benkirane. «Cela sera douloureux, mais il faudra passer par là», prévient-il, tout en précisant que «les Marocains savent que ce que je fais n’est pas pour mettre cet argent dans ma poche».

Loin des Frères musulmans

Les points communs entre le PJD et les Frères musulmans ont été également abordés au cours de l’émission. Sur ce point, Benkirane a été on ne peut plus clair: «nous ne sommes pas des Frères musulmans, mais à l’origine nous étions de la même école de pensée. Nous n’avons jamais été branchés avec eux. Le Maroc n’aurait jamais accepté cela, il est tellement jaloux de ses spécificités». Cette intervention rappelle la sortie de Hamid Chabat lors de la présentation en début d’année du mémorandum de l’Istiqlal où il avait comparé Abdelilah Benkirane à Mohamed Morsi et de vouloir «égyptianiser» le Maroc.

Mohamed CHAOUI


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