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SidérurgieLes tréfileurs sortent de l’ombre

Source : | 15 octobre 2012 |  Faits divers | 672 views

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Les tréfileurs sont entre le marteau de la concurrence égyptienne et l’enclume des clauses de sauvegarde. Les transformateurs du fil machine «peinent à maintenir la rentabilité de leur activité». Le tréfilage industriel est l’une des branches d’activité qui s’approvisionne chez les sidérurgistes. Elle compte une trentaine de PME qui fabriquent à partir du fil machine des baguettes de soudure, fil barbelé, maillon de chaîne, grillages, clous…
Le vent tourne visiblement dans le mauvais sens pour l’ensemble du secteur (voir p. 5). D’une part, les sidérurgistes locaux font face à des «importations en hausse» provenant de l’Europe (L’Economiste du 26 septembre 2012) et d’autre part, les tréfileurs bataillent tant qu’ils peuvent contre une concurrence égyptienne «féroce»: «Depuis 2010, nous sommes submergés par l’importation de produits finis vendus au prix de revient de la matière première pratiquée au Maroc… Les Egyptiens disposent d’une énergie 5 fois moins chère et d’une main d’œuvre bon marché. Des opérateurs n’ayant pas diversifié leur activité ont dû fermer boutiques», témoignent plusieurs industriels. Par peur des représailles, ils s’expriment sous couvert d’anonymat. A part la Tunisie et la Jordanie, l’Egypte est l’un des pays signataires de l’Accord d’Agadir. Ses exportateurs sont ainsi exonérés de droits de douane. Pourquoi ne pas s’approvisionner directement chez les Pharaons pour atténuer la pression sur les prix? «Les Egyptiens brandissent souvent la préférence nationale en fournissant d’abord leurs opérateurs…», soutiennent les tréfileurs qui importent de l’Europe surtout. Ces derniers avancent par ailleurs que les fournisseurs égyptiens «bénéficieraient d’une subvention étatique qu’il leur est difficile à prouver». En quoi l’existence d’un tel fait peut-il servir les tréfileurs? A faire valoir un droit compensateur sur un produit importé. Cette mesure régie par les accords de l’OMC est conditionnée par «la détermination de l’existence d’une subvention, le préjudice et le lien de causalité». La sidérurgie égyptienne bénéficie-t-elle d’une subvention? «Nous n’avons aucune information sur ce sujet. Il nous est difficile d’avoir des données sur le secteur», rétorque une source diplomatique égyptienne. Tout en confirmant qu’il existe une association professionnelle, notre source «ignore son nom».
N’empêche que le diplomate a dès le début fait le lien entre notre demande d’information et l’enquête menée depuis le 25 septembre par le ministère de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies. Elle porte sur les mesures de sauvegarde réclamées fin août 2012 par l’Association des Sidérurgistes Marocains (L’Economiste du 26 septembre, du 4, 8 et 9 octobre 2012). Les produits en ligne de mire sont le rond à béton et le fil machine. A fin août dernier, le volume des importations -plus de 145.000 tonnes- équivaut presque au double de celui enregistré durant l’an dernier.
Depuis le 27 septembre dernier, une déclaration préalable à l’importation a été mise en œuvre pour une durée de 9 mois. Pour les besoins de l’enquête, le département du Commerce extérieur a envoyé à l’ambassade égyptienne à Rabat des questionnaires à faire remplir par leurs sociétés. Celle-ci «tout en se considérant non concernée, rappelle que ce sont les Portugais et les Espagnols qui sont visés en premier par l’enquête». Il ne faudrait pas a priori s’attendre à ce que les Egyptiens répondent. La concurrence égyptienne s’est manifestée dès l’entrée en vigueur de l’Accord d’Agadir en 2007. Face au tassement du marché immobilier, il est fort possible que la pression s’est accentuée sur les tréfileurs.

Premiers pas d’un lobby

Les tréfileurs sont en train de constituer une association professionnelle. Ces opérateurs, qui s’approvisionnent chez les sidérurgistes, sont une trentaine à fabriquer les baguettes de soudure, le fil à barbelé, les grillages, les clous… à partir du fil machine. La filière compte une trentaine d’opérateurs et fournit d’autres secteurs tels que l’électroménager, la literie, l’automobile ou l’agriculture…Ils sont majoritairement implantés à Casablanca et Rabat. Les opérateurs sont soit structurés ou le sont très modestement. Le projet de créer un groupement professionnel est une «manière de se prendre en main». Ce sont là les premiers pas d’une expérience de lobbying.

Faiçal FAQUIHI


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