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S&P «menace» l’investment grade du Maroc

Source : | 15 octobre 2012 |  Actualité, Economie | 626 views

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C’EST une pression supplémentaire dont se serait bien passé le département des Finances. Le placement sous perspectives «négatives» de la note de dette à long terme du Maroc par Standard & Poor’s (S&P) aura son effet à quelques semaines d’une sortie sur le marché international. C’est une sorte d’avertissement que lance S&P au Maroc. Dans la foulée, l’agence a dégradé les perspectives de la note de la BCP et de la Société centrale de Réassurance (SCR). S&P a tout de même maintenu la note BBB-/A-3 (l’ investment grade) attribué au Maroc en 2010. Pour Abdelatif Jouahri, wali de Bank Al Maghrib en déplacement au Japon pour l’assemblée annuelle du FMI et de la Banque Mondiale, «c’est déjà une bonne nouvelle que l’investment grade soit maintenu».
La détérioration des perspectives pourrait cependant desservir le Trésor dans les discussions pour la levée de fonds à l’international. Avec la ligne de précaution de liquidités (LPL) obtenue dernièrement auprès du FMI, il avait des arguments supplémentaires pour mieux négocier le coût de sa dette.
S&P motive la détérioration des perspectives de la note du Maroc par l’importance des déficits jumeaux (budget et balance des paiements). Le Royaume encourt une dégradation de sa note souveraine si les niveaux actuels ne sont pas «réduits significativement». Le déficit du budget est ressorti à 6,1% du PIB en 2011. Le gouvernement espère ramener le trou budgétaire à 5% du PIB en 2012 et 3% à l’horizon 2016. A moins de trois mois de la fin de l’année, beaucoup d’experts doutent d’une réduction du déficit dans les proportions annoncées. Ils prédisent plutôt son aggravation. Les prévisions les plus pessimistes tablent sur un gap entre 7 et 8%. Moins alarmiste, le FMI a tout de même revu à la hausse, en août, ses prévisions sur les principaux indicateurs économiques du Royaume dans le rapport sur l’accord de la LPL. Pour l’institution, le déficit budgétaire s’établirait à 6,1% en 2012 contre 5,3% anticipé dans un précédent rapport.
Pour S&P, le déficit de la balance des paiements, supérieur aujourd’hui à 8% du PIB, est également inquiétant. Il s’est aggravé de 3 points de PIB en l’espace de deux ans. Fin 2011, l’agence avait jugé les risques encourus par l’économie nationale très élevés en raison de sa forte dépendance de facteurs exogènes. L’agriculture et le tourisme avaient été principalement indexés par S&P. L’évolution de la conjoncture semble lui donner raison. La balance commerciale affiche un déficit record. De plus, il est attendu moins de 3% de croissance cette année.
Cela dit, le projet de loi de Finances 2013 pourrait en partie répondre aux préoccupations de l’agence de notation à condition de respecter les engagements. Le gouvernement table sur une croissance de 4,5% et un déficit du budget de 4,8%. Le rétablissement des équilibres macroéconomiques est l’un des principaux objectifs de la prochaine loi de Finances. La mise en œuvre des réformes structurelles et l’amélioration des conditions de vie des populations font également partie des chantiers prioritaires. La préservation de la paix sociale sera déterminante dans le maintien ou non de la note souveraine du Maroc. S&P n’écarte pas sa dégradation «si le chômage reste obstinément élevé ou encore si le coût de la vie monte en flèche et que les réformes politiques déçoivent les attentes de la population». Avant elle, le FMI avait mis en garde contre les risques non économiques. «Les efforts doivent être centrés sur l’amélioration de l’éducation, la réduction du chômage des jeunes et l’inégalité des revenus», a-t-il suggéré.

Liberté d’expression

LA chute d’Enron en 2001 et celle de Lehman Brothers sept ans plus tard ont bien montré les limites des agences de notations. Quatre jours avant son placement sous la protection de la loi sur les faillites, Enron avait été notée par Standard & Poor’s et Moody’s dans la catégorie «investissement». Lehman Brothers avait bénéficié d’un « A » en pleine tourmente en 2008. Décriées pour leur rôle dans la crise de 2008, les agences avaient échappé aux poursuites judiciaires que voulaient engager la Securities and Exchange Commission (SEC). En audition publique au Sénat, les dirigeants des agences ont invoqué le 1er amendement de la Constitution des Etats-Unis : La liberté d’expression donne le droit de dire des bêtises.

 

Franck FAGNON


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