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Le coût du non Maghreb2,5 points du PIB pour chacun des pays

Source : | 15 octobre 2012 |  Actualité, Economie | 597 views

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Certains proposent des solutions humanitaires, d’autres sont convaincus que l’entente politique et la coopération culturelle permettront un décollage économique des pays du Maghreb. Les économistes parlent, eux, en termes de croissance et d’indicateurs économiques. Des opportunités de développement perdues à cause de l’absence d’un marché maghrébin commun et qui alourdissent le coût du non  Maghreb. Détail avec Bedoui, qui est aussi SG du Parti du travail tunisien.

- L’Economiste: L’absence d’un marché maghrébin et le faible taux d’échanges sont-ils les seuls handicaps au développement de ces pays?- Abdeljelil Bedoui: L’espoir en un Maghreb complémentaire sur le plan économique est repris aujourd’hui par les milieux des affaires. Les patrons maghrébins, qui organisent périodiquement des séminaires à travers les cinq pays du Maghreb, se plaignent de subir les contraintes de la mondialisation et de la compétitivité.
Démunis face à la cohérence des autres marchés et producteurs à cause de leur isolement, ils ne peuvent être des compétiteurs percutants. Nous assistons aujourd’hui à une prise en charge collective de la nécessité de l’UMA. Des organismes internationaux, des centres de recherche, considèrent que l’absence d’un Maghreb leur coûte cher. Ils produisent régulièrement des études pour étayer leurs propos et organisent des rencontres pour les présenter.

- Une convergence d’intérêts qu’on ne peut qu’applaudir. Peut-elle concrétiser la création d’un marché maghrébin commun plus rapidement?
- Même si plusieurs situations empêchent la réalisation de ce marché commun, quelques indicateurs sont encourageants. Comme l’Algérie qui renforce sa coopération avec les blocs qui ont des relations traditionnelles avec le Maroc et la Tunisie. C’est le cas avec l’UE et les USA. A cela s’ajoute la convergence entre les deux rives de la Méditerranée. Toutefois, le non-développement dans la rive sud cause beaucoup de soucis à la rive nord en termes d’instabilité économique et sociale, d’immigration clandestine et de terrorisme. Aussi, il y a une perte en termes de consommateurs, d’espaces plus intégrés, avec moins d’opportunités économiques. Les acteurs sont obligés de s’atteler à cette tâche puisqu’ils n’ont pas d’autres alternatives efficientes et de mettre en œuvre le projet de construction du Grand Maghreb.

- A combien estime-t-on les pertes de développement engendrées par la fermeture des frontières entre le Maroc et l’Algérie?
- Le coût du non Maghreb oscille selon les différentes estimations entre 2 et 5 points de perte du PIB de chaque pays. Il graviterait objectivement autour de 2,5 points du PIB. Et qui dit perte en termes de croissance du PIB dit déficit en termes d’opportunités pour la création de l’emploi. Une perte estimée à 220.000 emplois de perdus par an pour ces pays. C’est aussi une perte d’échanges avec l’extérieur. L’étude réalisée par la Convention économique pour l’Afrique l’estime à 350 millions de dollars par an alors que d’autres estimations vont jusqu’à 800 millions de dollars par an hors carburant. Avec le combustible, la facture monte jusqu’à 1,6 milliard de dollars annuellement. 
En plus des pertes en PIB et en devises, il y a aussi la fuite des capitaux, car un espace sous développé et moins intégré offre moins d’opportunités pour l’investissement. Par de multiples moyens, plusieurs capitaux magrébins s’acheminent vers les marchés porteurs et sont placés à l’étranger. On estime ces capitaux et l’épargne maghrébine placés ailleurs à 150 milliards de dollars. Une fuite qui continue et qui est estimée à 8 milliards de dollars par an. 50% de ces fuites proviennent de l’Algérie, 30% du Maroc et 20% de la Tunisie et ce, sans parler de la Libye et de la Mauritanie. Qui dit moins d’opportunités de croissance dit aussi plus de pauvreté et moins de qualité des services publics offerts…

- Pensez-vous que la réalité économique finira par l’emporter sur l’enfermement politique?
- Dans le monde, l’économique prime et domine le politique. Il l’oriente même sauf dans le Maghreb. Malgré le désengagement de l’Etat, le politique a la vie dure. Mais les intérêts finiront par avoir gain de cause, car avec le souffle de démocratie qui commence à prendre forme dans certains pays arabes, le changement de cap est évident. Le cas échéant, les conséquences politiques seront néfastes pour les décideurs qui jouent avec ces intérêts.

Propos recueillis par Ali KHARROUBI


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