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Céréales: Les ratés de l’ouverture des importations

Source : | 27 septembre 2012 |  Faits divers | 541 views

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LES professionnels mettent les dernières touches pour lancer les importations de blé tendre qui devront démarrer lundi prochain. Le décret adopté lors du dernier conseil de gouvernement, qui suspend les droits de douane à l’importation et fixe la date du 1er octobre au 31 décembre, est arrivé en retard. Pourtant, les opérateurs s’étaient déjà plaints du manque de visibilité qui leur aurait permis de s’approvisionner à un moment où le marché international était favorable.
Aujourd’hui, plusieurs pays ont déjà acheté leurs dotations, dégageant ainsi des économies de devises, bien venues dans un contexte de crise.
Cependant, il semble qu’au Maroc, la situation est plus compliquée. Et pour cause, les réserves en devises manquent affreusement. Elles suffisent à peine à couvrir 4 mois d’importation. Rabat compte lever 1 milliard de dollars sur le marché international au cours du mois prochain. La banque qui devra accompagner cette opération de levée de fonds sur le marché du dollar est en cours de sélection.
Même dans un contexte pareil, il semble que le département de l’Agriculture était favorable à l’ouverture des importations dès début septembre. Les Finances ne voyaient pas les choses du même angle. Elles ont préféré retarder le maximum cette opération, pour gagner du temps, note un importateur. Cependant, les professionnels du secteur estiment que ce retard aura un coût, évalué à près de 50 dollars par tonne. La différence entre le prix origine mer Noire en juin et juillet était de 300 dollars la tonne alors qu’il est à 350 actuellement. Sachant que le Maroc consomme 400.000 tonnes par mois, on aura perdu plus de 200 millions de dollars dans cette affaire, soit plus de 1,7 milliard de DH. En période de crise, ces pertes feront mal. C’est pour cela que les importateurs réclamaient de la visibilité pour acheter le blé moins cher, tout en garantissant l’utilisation de la production nationale. L’opportunité des importateurs était de s’approvisionner  de la mer Noire, particulièrement de la Russie et de l’Ukraine, une zone où le prix du blé est le moins cher. Mais ils n’ont rien pu faire par manque de visibilité, estime une source proche du dossier. Aujourd’hui, la situation s’est compliquée puisque ces pays ont liquidé leurs stocks. D’ailleurs, leurs récoltes n’étaient pas très conséquentes. Il reste le blé français, actuellement à 330 DH le quintal, coût et fret.
Cependant, cette ouverture des importations n’a pas fixé les quantités à importer. Mais, il faudra importer l’équivalent de la consommation de chaque mois, jusqu’à la prochaine récolte nationale prévue en juin. Surtout que l’Etat ne veut pas toucher le stock de sécurité, estimé à trois mois de consommation, soit près de 12 millions de quintaux.
En attendant, la grande bataille entre les minotiers et le gouvernement est ailleurs. Elle porte sur le niveau de restitution pour que les prix des fondamentaux ne bougent pas (prix du pain à 1,20 DH, farine délivrée à 350 DH/ quintal et blé à 260 DH à la minoterie). La restitution est la différence entre le prix d’achat du blé importé départ port et le prix de vente à la minoterie (260 DH/q). Une source proche du dossier affirme que le gouvernement ne donnera pas la totalité de la différence, mais n’en remboursera que 85% de cette somme.  Il semble que le département de l’Agriculture veut revoir le système de commercialisation dans le cadre d’une réforme de toute la filière céréalière. C’est pour cela qu’il a lancé une étude qui doit être prête d’ici la fin de l’année.

Surestaries

LES importateurs rencontrent un problème récurrent, relatif au transit céréalier portuaire. Et ce, depuis qu’ils ont obligation de passer à Casablanca et à Jorf Lasfar par les seuls silos. Mais lorsqu’il y a embouteillage, les bateaux sont confrontés au paiement de surestaries, totalement injustifiés, estiment-ils, «alors que des quais sont libres». Les montants de ces surestaries sont actuellement  de 20.000 dollars par jour. Lorsque l’attende dépasse les semaines, le calcul est vite fait. C’est pour cela qu’ils réclament l’accès aux quais banalisés, libres, lorsqu’il y a embouteillage dans les silos. Ils ont même proposé de payer la redevance que les silos versent à l’Etat pour accéder aux quais. Pour l’instant, aucune réponse du côté du gouvernement.

Mohamed CHAOUI


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