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PME: Les multiples freins à la croissance

Source : | 15 décembre 2015 |  Faits divers | 26334 views

«L’aspect administratif et juridique n’est plus très présent dans la pyramide des problèmes de la PME, c’est plutôt le financement qui pose problème», précise Thami El Maaroufi, conseiller auprès du Chef du gouvernement en charge du Comité national de l’environnement des affaires (CNEA). En effet, selon une étude réalisée par le cabinet conseil Epitaphe pour plus de 50% des PME, les exigences des banques sont de moins en moins accessibles pour l’octroi du crédit, aussi bien en matière de données financières que de garantie de coûts. Face à cette impasse, 21,4% des PME sollicitent une simplification des dossiers de crédits, 20,3% un allégement des garanties exigées, 15,4% une réduction des taux de crédit. Cependant, 31,9% souhaitent une amélioration du service, de la qualité des interlocuteurs ou encore un raccourcissement des délais de réponse. D’ailleurs, 58,60% des petites et moyennes entreprises (PME) déclarent se financer en fonds propres. Seuls 31% ont recours aux crédits bancaires, alors que les bénéficiaires de subventions ne dépassent les 6,90%. Il n’empêche que 43,5% des PME sondées affirment ne pas avoir eu recours au crédit bancaire durant les 3 dernières années. D’ailleurs, 74,1% des unités qui n’ont pas demandé de crédit bancaire n’ont pas effectué d’investissement lors de la même période. Parallèlement, 72,6% des PME interrogées  confirment avoir besoin d’appuis publics. Pour 37% de l’échantillon, le recours aux subventions publiques leur permettrait de financer leurs marchés, 27,4% consacreraient les aides pour réaliser des investissements en équipement matériel ou encore 24,2% qui convoitent les aides pour pouvoir exporter. L’accès au marché de l’export reste mitigé pour ce type d’entreprises. Pour 26,7% des PME interrogées, la part des exportations est inexistante dans le chiffre d’affaires. Mais elle représente entre 11 et un peu plus de 50% du chiffre d’affaires pour 40% d’entre elles. Autre frein pour les PME l’accès à l’information, seuls 4,8% des PME estiment que les dispositifs d’appuis publics sont accessibles. Les événements demeurent la principale source d’information de 31,3% des dirigeants d’entreprises par rapport aux appuis publics. Le bouche à oreille vient en seconde position pour 29,2% des PME. La publicité (17,7%), internet (16,7%) et les conseils d’experts (5,2%) semblent avoir moins d’impact. Côté relais de croissance, 17,3% des PME réclament une réduction des charges fiscales, 13,4% demandent une amélioration du climat des affaires pour accélérer leur croissance. La flexibilité des banques ne vient qu’en 3ème position avec 12,4% des réponses et les subventions publiques ne sont une priorité que pour 5,4% de l’échantillon. «Il y a encore de multiples insuffisances que nous devons corriger comme le faible impact sur le terrain des réformes réalisées ou encore la réduction des barrières à l’intégration de l’informel. Notre objectif reste de faciliter la vie aux entreprises et donner une visibilité à moyen terme aux opérateurs nationaux et internationaux», explique-t-on du côté du CNEA. Créée en 2010, cette structure a pour mission de cibler ses actions sur différentes procédures du cycle de vie d’une PME, à savoir: la création de l’entreprise, le paiement des impôts, l’obtention d’une autorisation de construction ou encore le raccordement au réseau électrique. «Nous nous sommes fixés comme objectif de permettre la création d’une entreprise en 24h et ce, dès le 1er trimestre 2016», annonce Abdallah Chater, directeur du Centre régional d’investissement (CRI) du Grand Casablanca, sous sa casquette de membre de la Commission régionale de l’amélioration de l’environnement des affaires (CREA Casa). La structure prépare une radioscopie des PME pour identifier les facteurs de mortalité infantile de ces sociétés et réadapter les mécanismes d’appuis aux entreprises. Le 1e trimestre 2016 devrait également voir le choix d’un opérateur pour le développement de la dématérialisation des autorisations commerciales. Autre défi récurrent, l’allègement des délais de paiement. L’allongement des durées, voire le gel des remboursements  et les créances en souffrance ainsi que les litiges… accélèrent l’agonie de plusieurs centaines d’unités et les pertes de milliers d’emplois chaque année.

Marchés publics: Mission impossible

Les PME et TPE soumissionnent de moins en moins aux appels d’offres publics. Bien que l’Exécutif ait réservé un quota de 20% à ce type d’entreprises au niveau de la passation des marchés publics, les TPME dénoncent les conditions d’éligibilité drastiques qui les excluent de facto. Une situation qui représente un réel danger pour ces entreprises dont une grande partie dépend d’un ou deux marchés. Un tour de vis qui s’étend également aux marchés communaux et régionaux. Bien qu’une partie des marchés soit paramétrée pour des grandes entreprises, les TPME connaissent aussi de leur côté des difficultés à assimiler les spécificités techniques et les exigences des donneurs d’ordres. 

Amine ATER
 


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