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Mobilité des dirigeants: Ils racontent leurs parcours professionnels

Source : | 15 décembre 2015 |  Economie | 673 views

Issus du public, du privé ou des deux, des dirigeants se confient sur leurs parcours. Si certains ont tenté des carrières diverses auprès de différentes structures, d’autres sont restés fidèles au même employeur. Les deux choix ne sont pas vides d’enseignements. Changer en permanence de perspective est indubitablement une richesse. Mais participer à faire grandir une institution l’est tout autant. Les dirigeants racontent leurs expériences, leurs motivations et même leurs frustrations

     Hassan El Basri, DG en charge du Risque Groupe à la BP■ Même employeur, même secteur, défis multiples
Il est devenu employé du privé malgré lui, la Banque populaire étant quasiment privatisée après la sortie de l’Etat de son tour de table. Hassan El Basri, DG en charge du Risque Groupe à la BP, a toujours été fonctionnaire dans le public, où il s’est imprégné des notions de service et d’intérêt général. Au début de sa carrière, il travaillait à la direction du Trésor, où il supervisait les établissements de crédit, banques et sociétés de financement. Il a rejoint le groupe BP en 2000. «C’était une phase critique pour la BP, qui, à mon sens, ne jouait pas pleinement son rôle de levier de croissance et de développement économique, et qui souffrait de problèmes de gouvernance», rappelle-t-il. El Basri avait ainsi pour mission de participer à moderniser la banque au cheval et d’accroître sa contribution dans l’économie nationale. Un challenge de taille, à la fois «mobilisateur et motivant». «C’est un défi permanent et c’est la principale raison de mon attachement à mon institution. Dès que nous remportons un challenge, un autre se profile à l’horizon. Par exemple, sur les cinq dernières années, le groupe a doublé de taille. Notre ambition est de doubler encore de dimension sur les cinq prochaines années», explique-t-il.
La BP est aujourd’hui transformée, mais elle a gardé une culture forte insufflant un vrai sentiment d’appartenance à ses collaborateurs. «Je fais peut-être partie d’une ancienne génération. Mais pour moi cette culture est importante, contrairement aux jeunes d’aujourd’hui qui privilégient la gestion de leur carrière», confie l’expert du risque bancaire.
Le secteur de la finance & assurance est celui qui enregistre le taux de mobilité des dirigeants le plus bas (23% contre une moyenne de 27,1%). L’exemple de Hassan El Basri, qui est resté fidèle au même domaine d’activité, et pendant 15 ans, au même employeur illustre parfaitement cette tendance. Cependant, dans son cas, l’expertise qu’il a développée et la quantité de défis à relever ont été déterminants dans son choix de parcours.

Jaouad Hamri, président du conseil de surveillance de la BMCI■ «Une carrière entre le public et le privé, le chemin idéal»
Cela fait à peine 5 mois qu’il a été nommé à la tête du conseil de surveillance de la BMCI. Un poste qui lui a été proposé le jour même de son départ de l’Office des changes en avril dernier. Jaouad Hamri est un pur produit du privé qui a fini par basculer vers le public, avant de retourner à ses premières amours. La décision d’opérer des allers-retours entre les deux secteurs n’a jamais été facile à prendre, mais il en est sorti largement gagnant. «C’est l’un des meilleurs parcours possibles, la carrière idéale. Quand vous venez du privé, vous comprenez plus vite les soucis des entrepreneurs. Et quand vous passez du public au privé, vous regardez l’administration différemment. C’est une pépinière qui regorge de compétences», assure-t-il.
Sa carrière dans le privé a démarré au début des années 80 en France, dans un cabinet d’audit. En 1986, il rejoint le Maroc pour intégrer le groupe Kettani. «De ce parcours, j’ai beaucoup appris sur la difficulté d’entreprendre au Maroc. Ce fut une expérience extrêmement enrichissante que j’ai eu l’opportunité de mettre au service de l’administration, mais en y rentrant par l’antichambre», raconte Hamri. En effet, en 2008, et après 27 années dans le privé, il accepte de devenir conseiller du ministre des Finances de l’époque, Salaheddine Mezouar. Il profite de sa position pour faire le lien entre le monde de l’entreprise et celui de l’administration, à l’heure où la crise financière pointait du nez. Le comité de veille stratégique destiné à anticiper les retombées de la crise, c’était son idée à laquelle le ministre des Finances avait tout de suite adhéré.    
«L’administration, c’était pour moi l’opportunité de donner à la notion de servir son pays toute sa consistance. Dans ce choix, l’aspect financier n’était pas du tout déterminant», confie Jaouad Hamri, qui a été nommé par le Roi à la tête de l’Office des changes en 2010, sur recommandation de Mezouar. Au début, il était plein d’appréhensions. En raison de son manque d’expérience dans l’administration, il craignait de ne pas être à la hauteur de la responsabilité qui lui avait été confiée. Mais il a quand même relevé le défi, et il l’a réussi.
L’opération de la contribution libératoire lancée en 2014 a sans doute été son projet phare à l’Office. Il se dit, cependant, «frustré» de ne pas avoir pu achever ce grand chantier. Arrivé à l’âge légal de la retraite, il devait quitter son poste, en laissant derrière lui des «pointillés». «Après une année où nous avons tenté l’une des plus belles expériences de réconciliation économique et où la confiance était un élément essentiel, finir le job aurait été une excellente chose. Mais je suis confiant, car les équipes en place sont motivées pour continuer ce projet», pense-t-il.
Il se dit heureux de pouvoir mener une nouvelle mission. Toutefois, il estime qu’un pont doit être jeté entre le public et le privé, afin de permettre aux cadres, de part et d’autre, d’enrichir les deux secteurs de leurs expériences, ce qui est de moins en moins le cas aujourd’hui.

Laila Mamou, présidente du directoire de Wafasalaf■ Talon aiguille ou pas, c’est le talent qui compte!
 Laila Mamou, présidente du directoire de Wafasalaf depuis maintenant 11 ans, fait partie des 4% de femmes présidentes d’entreprises au Maroc. Un véritable exploit, surtout dans l’un des secteurs où les compétences féminines ont le plus de mal à percer (14% de femmes dirigeantes seulement dans la finance et assurance, selon l’enquête IBB Executive Search).
Homme ou femme, dans son entreprise, c’est le talent qui prime. Ceci dit, à compétences égales, les femmes sont privilégiées. Pour Laila Mamou, intégrer la gent féminine dans les instances dirigeantes des entreprises doit être inclus dans leur stratégie. Des formations spécifiques doivent aussi être offertes aux dames, afin de les aider à prendre confiance en elles et à s’affirmer à côté de leurs collègues hommes. «Malheureusement, la diversité n’est pas un réel critère dans les stratégies RH des sociétés, même dans celles des grands groupes, marocains et étrangers, qui voudraient se positionner en modèle», regrette Mamou, également membre du Club des femmes administrateurs du Maroc. Dans sa société à elle, les dames comptent pour 51%. Dans le comité exécutif, leur part est de 46%.
Maman de deux garçons, ses responsabilités familiales n’ont jamais été un frein à sa carrière professionnelle, ni à ses engagements sociaux. Elle est en effet administrateur de six ONG. Se déplacer sur le terrain non plus ne l’a jamais dissuadée d’aller toujours plus loin. Quand elle était responsable du réseau de l’enseigne, elle pouvait dans la même semaine aligner Oujda, Agadir et Marrakech. «Les postes pour femmes, c’est un cliché», pense-t-elle.
Laila Mamou a gravi les échelons petit à petit au sein de Wafasalaf, où elle a mené toute sa carrière. Elle changeait de poste pratiquement chaque 4 ans. «Quand je suis arrivée, c’était une start-up. Je l’ai vue grandir. J’y suis restée car c’est une belle success story, et j’en fais partie. C’est un métier très dur, néanmoins, on ne s’y ennuie pas. Je suis tout le temps challengée par de nouveaux projets dans des territoires différents. C’est vrai que je reste dans la même société, mais elle change tous les 3 ou 4 ans», confie la présidente du directoire de Wafasalaf. «Le salaire n’a jamais été ma première motivation.
L’essentiel pour moi c’est le plaisir de travailler dans un domaine que j’aime et avec des équipes que j’adore», poursuit-elle. Son secret? Le travail, l’engagement, la persévérance, un sens aigu de la communication et de l’écoute, et une attention particulière à l’épanouissement de ses collaborateurs. «On est rien sans son équipe», insiste-t-elle.

Bientôt la grande enquête de L’Economistesur les salaires

L’Economiste reconduit sa grande enquête sur le salaire des cadres, qui constitue aujourd’hui le plus important observatoire des politiques salariales du secteur privé. Le support entend apporter des informations précieuses aux entreprises sur la rémunération des hauts profils. Le sujet revêt aujourd’hui un intérêt majeur pour les employeurs, de plus en plus amenés à dépenser pour capter des compétences qui se font rares sur le marché.
Cette année, l’enquête a touché un échantillon de 861 cadres répartis sur 20 fonctions choisies. Elle a été menée entre le 7 septembre et le 20 novembre 2015 auprès de 89 entreprises.
Les résultats seront très prochainement analysés sur les colonnes de L’Economiste, pour ce rendez-vous devenu incontournable pour l’évaluation des grandes tendances du marché de l’emploi (salaires, avantages et indemnités, postes à pourvoir, profils recherchés,…).

Ahlam NAZIH


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