Pour choisir cette version par défaut, cliquer sur: Français  | عربي  - English           
Articles Lis :

COP21: Succès… plus diplomatique qu’écologique?DNES, Youness SAAD ALAMI

Source : | 14 décembre 2015 |  Economie | 359 views

Après deux jours d’intenses tractations, et une nuit blanche au Palais du Bourget, l’accord final de la COP21 a été présenté aux délégations de 195 pays, samedi dernier. S’en est suivi son approbation, par consensus. Une approbation ovationnée et qui engage les Etats à limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C à l’horizon 2020. Baptisé «l’accord de Paris», le texte a été dévoilé par le président de la Conférence de Paris sur le climat (COP21), Laurent Fabius, en présence du chef d’Etat, François Hollande, et du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.
A la fois fatigué et ému, Fabius a noté que ce pacte «contient les principales avancées dont beaucoup d’entre nous pensaient qu’elles seraient impossibles à atteindre». «Ce texte  est différencié, juste, durable, dynamique, équilibré et juridiquement contraignant», insiste-t-il. Concrètement, la copie de 29 articles et 31 pages ne se limite pas à des slogans. Il s’agit d’un engagement planétaire, qualifié d’historique, et qui prévoit surtout des actions bien déterminées. Celles-ci visent à servir les grandes causes: «la sécurité, la production alimentaire, les droits essentiels et la paix». «Cette COP21 est un véritable tournant aussi bien pour les actions non gouvernementales que pour la mise en place d’un accord juridique universel», estime le président de la COP21.
Selon Fabius, «cet accord aidera les Etats insulaires à se protéger de l’avancée des mers, accélèrera la mise à disposition de l’Afrique de moyens financiers indispensables à son développement durable, il accompagnera les pays producteurs d’énergie fossile dans leurs efforts de diversification et nous aidera tous à prendre un tournant faiblement émetteur». Même son de cloche auprès du président français pour qui «le 12 décembre 2015, un mois jour pour jour après les attentats de Paris (du vendredi 13 novembre), est une journée historique pour donner la vie et pour sauver l’humanité…».
François Hollande a même «conjuré» les 195 pays représentés à Paris, au nom de la France, à franchir le pas décisif en adoptant l’accord de la COP21 sur le climat. Il a également souligné que ce texte «conciliait la responsabilité notamment celle des pays les plus riches et le principe de la différenciation». Normal, puisque ce sont les pays industrialisés qui polluent le plus. Et bien évidemment, les pays en voie de développement le font de moins en moins. Et c’est justement cette question qui a été soulevée lors de la COP21. Surtout pour des pays où les émissions des gaz à effet de serre sont très faibles, voire nulles, comme c’est le cas pour le Congo, où la forêt et les arbres absorbent la totalité du carbone. A cette question s’ajoute celle des moyens financiers. Sur ce registre, «le pacte de la COP accorde aux plus vulnérables et aux pays en développement les moyens promis», annonce Hollande. Et d’ajouter: «100 milliards de dollars par an seront mobilisés d’ici 2020 pour aider les pays en développement à faire face au dérèglement climatique».
Ce financement peut provenir de sources bilatérales ou multilatérales, publiques et privées (le Fonds vert, la Banque mondiale, les contributions des gouvernements, des institutions bilatérales, etc.). Voilà en résumé ce qui a réconforté les pays en développement pour qui les finances constituaient «un enjeu important des négociations». Désormais, les pays développés doivent respecter cet engagement afin de créer la confiance nécessaire. «Les 100 milliards de dollars par an promis par les pays du Nord pour soutenir les politiques climatiques de ceux du Sud devront être un plancher», explique Fabius. De son côté, Hakima El Haité,  ministre de l’Environnement, souligne que «l’accord de Paris marque un tournant dans l’histoire du mode de développement prôné jusque-là». L’accord de Paris place clairement l’industrie des énergies fossiles du mauvais côté de l’Histoire. Il entrera en vigueur en 2020. Mais bien avant, les 195 Etats se donneront rendez-vous à la COP22 qui se tiendra du 7 au 18 novembre à Marrakech. Le Sommet de Marrakech sera l’occasion d’évaluer les premières actions de la conférence du Palais du Bourget.

Les ONG saluent l’accord

Plusieurs milliers de militants écologistes se sont rassemblés pacifiquement, samedi dernier, sur le Champ-de-Mars, afin de sensibiliser le public sur l’après-COP21. Contrairement aux autres manifestations qui ont suivi l’organisation de la conférence de Paris, celle-ci a été autorisée et ce, malgré l’état d’urgence. En tout cas, plusieurs ONG ont salué l’accord de Paris. En tête, Kumi Naidoo, directeur de Greenpeace International, qui qualifie le pacte de «tournant» qui relègue les énergies fossiles «du mauvais côté de l’Histoire».

Mieux comprendre l’accord de Paris

■ Des engagements sur dix ans
L’un des dispositifs clés de l’accord est la mise en place d’un mécanisme de révision des engagements nationaux qui restent volontaires. Elle devra avoir lieu tous les cinq ans et chacune «représentera une progression» par rapport à la précédente. De fait, la première révision obligatoire aurait lieu en 2025, après un bilan de l’action collective en 2023. Une première discussion sur les actions prises et à prendre est néanmoins prévue en 2018, les pays étant seulement invités en 2020 à revoir leurs contributions. Bien avant, l’accord sera ouvert à la signature au siège de l’ONU à New York du 22 avril 2016 au 21 avril 2017. Il entrera en vigueur après sa ratification par environ 55 signataires représentant au moins 55% des émissions totales.■ Les financements
Les principales clauses de l’accord de Paris sont celles relatives aux financements. A ce propos, les pays développés s’engagent à fournir des ressources financières pour aider les pays en développement dans leur politique de réduction de leurs émissions et d’adaptation. Le chiffre de 100 milliards de dollars par an que les pays développés se sont engagés à mobiliser d’ici 2020 lors de la conférence de Copenhague en 2009, n’est mentionné que dans la décision. Ce montant y est considéré comme un «plancher», à partir duquel un nouvel objectif devra être défini avant 2025.
 


Pas de commentaires pour cet article “COP21: Succès… plus diplomatique qu’écologique?DNES, Youness SAAD ALAMI”

Laissez un commentaire









Les opinions exprimées dans les commentaires reflètent l'opinion de leurs propriétaires et non pas l'opinion de MarocPress.com

 Recommander ce contenu sur Google  

Maroc Press TV

Annonce

Articles Populaires

Insolites


Plus ...

Journaux



achnooAufait MarocAujourd'hui Le MarocJeune AfriqueL'EconomisteL'opinionLa MarocaineLa Nouvelle TribuneLa Vie EcoLe MatinLe soir echosLiberationMaroc-HebdoMarocPress.comMenara