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Souss: L’investissement coince à cause du foncier

Source : | 14 décembre 2015 |  Actualité | 13940 views

Opérateurs économiques, décideurs locaux, représentants du secteur bancaire, des chambres professionnelles, fédérations professionnelles… Zineb El Adaoui, Wali de la Région Souss Massa et Gouverneur de la Préfecture d’Agadir Ida Outanane a réuni tout ce beau monde pour parler «investissement». Cette rencontre régionale autour du climat des affaires devenait nécessaire pour faire le point sur les contraintes qui freinent l’essor économique du Souss, pourtant région qui dispose d’un fort potentiel de croissance.
Ensemble, les opérateurs et décideurs auront plus de chances d’identifier les pistes de développement et dynamiser ainsi l’économie locale. «En plus de ses potentialités naturelles, la région dispose aussi d’un grand capital humain, il faut donc retrousser les manches et travailler!», a-t-elle lancé sur un ton de défi, soulignant l’impact de l’investissement sur la création d’emplois. L’idée est aussi de réussir à répartir des investissements de façon équilibrée au niveau de toutes les provinces de la région, dans le respect des particularités territoriales de chaque zone. Aujourd’hui, un challenge de taille se dresse et qu’il faut d’abord résoudre, celui de la difficulté d’accès au foncier à laquelle s’ajoutent les contraintes de financement, l’obtention des autorisations… Le problème qui se pose par rapport au foncier est que la plupart des terrains appartiennent au domaine forestier. Ou bien sont-ils, comme cela est le cas à Chtouka Ait Baha, des terrains collectifs pour lesquels le traitement se fait au niveau central, indique Khalil Nazih. Reste le foncier au niveau du littoral. Au nord d’Agadir, les projets d’investissement de Taghazout, Imi Ouaddar… ont déjà vu le jour. Au sud-est, l’utilisation du foncier pour des projets d’investissement n’a pas été possible car il y a un blocage au niveau du Parc national Souss Massa. En fait, l’étude de faisabilité pour repositionner le parc et l’ouvrir à l’urbanisation et aux investissements, qui devait être réalisée par la SMIT et par les eaux et forêts n’a toujours pas été réalisée. «En attendant, il faut optimiser l’existant et penser à un nouveau business modèle pour les zones industrielles de la région», a déclaré Khalil Nazih, Directeur du Centre régional d’investissement (CRI) de Souss Massa.
Dans ce sens, Zineb El Adaoui a annoncé son intention d’organiser une réunion prochainement avec les opérateurs économiques pour discuter de la situation des lots non utilisés dans les ZI et trouver une solution définitive à ce problème qui traîne depuis des années. Parmi les autres problèmes soulevés, la lenteur administrative et l’accès au financement dont le taux d’intérêt reste trop élevé. Ceci, en plus de l’absence de produits de financement adaptés aux TPE / PME et d’offre de Fonds Spéciaux non adaptés aux vrais besoins de l’entreprise, cas de Renovotel.

La région, bonne élève, selon Doing Business

Malgré les contraintes conjoncturelles,  la Région Souss Massa est classée par le rapport Doing Business 2016 comme destination propice à l’investissement au niveau national.  En fait, c’est la région du Maroc où il est plus facile de régler un litige commercial, d’obtenir un permis de construire, de démarrer une nouvelle activité, de transférer des titres de propriété, d’obtenir les autorisations nécessaires. Des indicateurs, qui justifient la première place octroyée à la région en ce qui concerne le climat des affaires.

Méga-projets

Depuis sa création en 2002, le Centre régional d’investissement (CRI) de Souss Massa  a validé 3.600 projets qui ont permis de créer 166.000 emplois, pour un montant global de 127 milliards de DH. L’investissement a connu un pic dans la région en 2010, avec le projet Nour à Ouarzazate pour 20 milliards de DH. En 2011, une autre performance a été réalisée avec le projet Haliopolis avec 7,7 milliards de DH. Le projet Taghazout rejoint le palmarès en 2012, avec 11 milliards de DH. En 2014, un autre pic a été atteint avec lancement de la 2e tranche du projet Nour.

Nouveau souffle…

Pour insuffler une nouvelle dynamique à l’investissement régional, l’idée est de procéder par pôles de compétences pour un management participatif. Et aussi, de mettre en œuvre la Commission régionale de climat des affaires (CREA), de réexaminer et réadapter certains projets ayant reçu des avis défavorables auparavant. Et surtout, de simplifier et assouplir les procédures administratives. En 2014, le CRI-SM a mis en place deux nouvelles cellules pour consolider les acquis et assurer l’accompagnement, le suivi et la satisfaction clients. Il s’agit de la cellule de Suivi et d’Evaluation des projets d’investissement (CSE). Et de la Cellule Assistance Conseil aux entreprises (CAC). En plus de l’assistance et du conseil, l’objectif est de proposer des solutions pour neutraliser les difficultés et surtout de permettre aux investisseurs d’avoir un interlocuteur unique.

De notre correspondante,
Fatiha Nakhli


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