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Coopération avec l’AfriqueLa suite d’une longue Histoire

Source : | 14 décembre 2015 |  Société | 13448 views

«La relation entre le Maghreb arabe et le reste de l’Afrique a besoin d’être redéfinie. Ce n’est pas difficile à réaliser, mais c’est un chantier qui demande une profonde réflexion». Mohammed Maliki, doyen de la faculté de droit à l’Université du Sultan Kabuss à Oman, résume le défi lancé aux 174 chercheurs et académiciens, marocains et étrangers, réunis à l’Académie du Royaume du Maroc. Pour le professeur, il est indispensable de déconstruire les stéréotypes qui plombent le développement de la relation entre le nord et le reste de l’Afrique. «Si le continent n’est que climat aride et infrastructures défaillantes, comme disent beaucoup de Maghrébins, qu’est-ce qui explique les lourds investissements chinois qui s’y sont multipliés?», s’interroge Maliki. Le Maghreb peut définir les priorités pour résoudre les problèmes qui minent le développement du contient. «Si l’on construisait une autoroute et une route maritime reliant le nord et le sud de l’Afrique, il y aura une révolution dans le développement des relations entre les deux régions et leur croissance», assure-t-il. Tout ce que coûtera cette démarche, selon le chercheur, se limite à une vision politique et une confrontation du soi. Toutefois, ce chantier nécessite «une véritable union du maghreb arabe», assure-t-il, sans jeu de mots. La dissociation de l’UMA a un coût conséquent sur la croissance des pays qui la composent. Et cela ne se réalisera pas à travers l’instauration de sociétés bâties sur la connaissance, la liberté et la justice sociale, indique Maliki.
Pourtant, les liens historiques qui unifient le continent ne manquent pas. Il faudra juste réformer la façon dont l’Histoire est écrite. C’est effectivement l’idée défendue par Shamil Jeppie, directeur de l’Institut des sciences humaines en Afrique du Sud à l’Université de Cape Town. Pour lui, les Histoires des pays africains se sont toujours écrites de l’intérieur des Etats-nations, mais jamais au-delà de leurs frontières. Autrement dit, le chercheur conteste une écriture d’une Histoire qui se confine à l’établissement d’une identité, mais qui n’a pas l’ambition de rapprocher les pays et les populations. «Pourtant, l’Homme n’a pas de racines, il a des pieds. Et l’Afrique a connu de grands mouvements des populations, des langues et des objets», explique Jeppie. Ce dernier donne d’ailleurs l’exemple de Mohammed Ibn Arafa, un fameux notable du 9e siècle qui a été envoyé par le prince Rostémide (Etat installé à l’Algérie actuelle de l’année 767 à 909), Aflah Ben Abdelwahab, au Roi du Ghana. Ibn Arafa a pris refuge en Afrique centrale. Sa descendance s’est propagée un peu partout dans cette région. Même constat pour Tourouk (voies souffies) Tijania et Qadiriya qui se sont répandues aux quatre coins du contient, unifiant ses régions. La coopération entre le Maroc et le reste de l’Afrique n’est pas uniquement un choix stratégique, mais s’inscrit dans la continuité d’une longue histoire.
La 43e session de l’Académie du Royaume du Maroc, qui s’est tenue du 8 au 12 décembre, s’inscrit justement dans le cadre de la politique du Roi Mohammed VI d’ouverture sur le continent. L’institution joue un rôle essentiel pour soutenir cette ambition. «L’Afrique est dotée de potentialités lui permettant de contribuer efficacement à l’évolution de la recherche scientifique dans plusieurs domaines à travers l’adoption des nouvelles technologies et l’appui aux jeunes chercheurs pour endiguer la fuite des cerveaux», a expliqué Abdeljalil Lahjomri, secrétaire perpétuel de l’Académie, en ouvrant les travaux de la session.  Et c’est justement pourquoi l’établissement a entamé sa transformation. «Nous comptons effectuer une restructuration de l’Académie du Royaume du Maroc et la révision de son cadre réglementaire pour pouvoir améliorer ses capacités pour attirer les talents scientifiques et intellectuels de tous les domaines», a-t-il indiqué.

Accéder à la connaissance

L’Académie vient d’abriter la Commission nationale de l’éducation, de la culture et des sciences, qui constitue l’organe de collaboration avec l’Unesco, l’Isesco et l’Alecso. Relevant du ministère des Affaires étrangères, celle-ci bénéficiera du savoir-faire de l’Académie en termes de collaboration avec les organisations internationales en charge des questions de la culture et des sciences. Mais l’Académie ne s’arrêtera pas là. Elle compte s’ouvrir sur le grand public «pour rendre disponibles les moyens d’accéder à la connaissance».

Mehdi LAHDIDI


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