Pour choisir cette version par défaut, cliquer sur: Français  | عربي  - English           
Articles Lis :

Femmes et enfants victimes de violenceLa prise en charge se généralise

Source : | 6 décembre 2015 |  Société | 728 views

A l’instar de plusieurs pays, le phénomène de la violence contre les femmes est bien installé au Maroc et interpelle sérieusement les responsables politiques et la société marocaine dans son ensemble. C’est dans ce cadre que s’inscrivait le lancement de la stratégie nationale de lutte contre la violence à l’égard des femmes (2002-2005). Assurer une prise en charge médicale et psychologique figure parmi les objectifs de cette stratégie, car souvent, l’hôpital est la première destination et refuge d’une femme agressée. Soigner ses blessures physiques et psychiques est une urgence pour elle avant de se lancer éventuellement par la suite dans la procédure de réparation auprès de la justice. Fortement impliqué dans cette stratégie, le ministère de la Santé a mis en place en 2006 à Marrakech la première unité intégrée de prise en charge des femmes et enfants victimes de violence, rappelle Dr Laila Acharai, chef de service de la protection de la santé de la mère au ministère de la Santé. Depuis, on a procédé à une généralisation progressive de ce modèle en vue d’assurer une prise en charge des femmes et enfants victimes de violence au niveau de toutes les régions du pays. Actuellement, on dispose d’un réseau composé de 96 unités situées dans plusieurs villes, précise Laila Acharai. La mission de ces unités est d’assurer une prise en charge intégrée et globale, médicale et psychologique des femmes et enfants victimes de violence, est-il expliqué. Les femmes victimes de violence ont le droit de bénéficier d’un certificat médical accordé gratuitement par l’unité. Celle-ci se charge également de faciliter les procédures administratives et l’accompagnement de la victime au sein de l’hôpital pour lui prodiguer les soins nécessaires. Sans oublier le travail d’orientation de la victime vers les cellules de la justice, de la police ainsi que les ONG actives dans le domaine de la protection et le soutien des femmes victimes de violence. «Le fonctionnement de ces unités est assuré par une équipe pluridisciplinaire: médecin, psychologue ou médecin psychiatre avec une assistante sociale», signale Dr Bouhmadi Brahim, responsable de l’unité de lutte contre la violence à l’égard des enfants et des femmes au ministère de la Santé. Et en cas de besoin, il est possible de faire appel à d’autres médecins spécialistes: pédiatre, gynécologue…
Selon le bilan de ces unités, on enregistre une évolution au niveau du nombre de prises en charge des femmes qui est passé de 8.355 en 2012 à environ 9.150 victimes une année après. Ce chiffre va grimper pour atteindre 13.012 femmes en 2014. «Ce qui explique le nombre d’unités mises en place au niveau des hôpitaux qui atteint actuellement 96», explique Dr Laila Acharai. Le traitement des données de l’année 2011 a permis de dégager une idée sur le profil et la situation sociale des femmes concernées. En effet, «environ 56% des femmes victimes de violences prises en charges par ces unités n’ont pas accès à un emploi rémunéré et 35% de ces femmes n’ont pas eu accès au système éducatif». Il été également constaté «que la proportion de la violence diminue au fur et à mesure que le niveau d’instruction augmente pour s’établir à 7% chez les femmes de niveau universitaire». Pour Dr Bouhmadi Brahim, ces données confortent celles de l’enquête sur la prévalence globale de la violence à l’égard des femmes du Haut Commissariat au Plan de 2009. Certes, le volet prise en charge médicale est important, mais reste insuffisant en l’absence d’une approche globale. Ainsi, on signale que le département de la Santé se penche actuellement sur l’élaboration d’un Programme national de lutte contre la violence fondée sur le genre (PNLVFG) avec l’objectif de réduire les méfaits de ce phénomène sur la santé des citoyens. Ce programme peut se baser «sur des canaux importants déjà mis en place par le système et ayant fait leurs preuves et pour lesquels il est en train d’élaborer, dans le cadre d’un processus participatif, un certain nombre d’outils».
Des efforts sont également à déployer au niveau de la prévention envers les agresseurs, notamment quand il y a un problème d’addiction à l’alcool ou à d’autres substances ou un trouble de comportement. Le PNLVFE vise ainsi à faire converger son action à ce niveau en collaboration avec le programme de santé mentale et les centres d’addictologie.

Système d’information

LA constitution d’une base de données pour la planification, le plaidoyer et le renforcement de la prévention est aussi une action structurante à travers la mise en place d’un système de suivi et d’évaluation. Ce travail va contribuer à intégrer, et pour la première fois, des questions portant sur la thématique de la violence dans l’enquête nationale population-santé programmée par le ministère de la Santé au cours de l’année 2016.

N.E.A.


Pas de commentaires pour cet article “Femmes et enfants victimes de violenceLa prise en charge se généralise”

Laissez un commentaire









Les opinions exprimées dans les commentaires reflètent l'opinion de leurs propriétaires et non pas l'opinion de MarocPress.com

 Recommander ce contenu sur Google  

Maroc Press TV

Annonce

Articles Populaires

Insolites


Plus ...

Journaux



achnooAufait MarocAujourd'hui Le MarocJeune AfriqueL'EconomisteL'opinionLa MarocaineLa Nouvelle TribuneLa Vie EcoLe MatinLe soir echosLiberationMaroc-HebdoMarocPress.comMenara