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Largué, Benkirane se déchaîne contre Benmokhtar

Source : | 3 décembre 2015 |  Actualité, Politique | 39167 views

La réforme de l’éducation est une question éminemment politique.

Recommandation du Conseil

L’initiative de Benmokhtar s’inscrit, pourtant, parfaitement dans les orientations stratégiques 2015-2020 du Conseil supérieur de l’éducation, qui préconise l’usage du français dans des modules à partir du collège, et de l’anglais à partir du lycée. «Le ministre de l’Education nationale ne fait qu’appliquer les recommandations du Conseil. L’apprentissage des langues est fondamental. Il faut préparer la transition entre le secondaire et le supérieur, où l’enseignement est en français, de toute urgence», relève Jacques Knafo, membre du Conseil, et président de la Fédération de l’enseignement supérieur privé. «La question des langues est stratégique pour le Maroc qui ambitionne de se positionner en tant que carrefour entre l’Europe et l’Afrique», poursuit-il. 

Une méthodologie basée sur de l’abstrait!

«Pour apprendre une langue, les enfants doivent d’abord l’aimer. Et pour cela, il faut que la méthodologie adoptée change et que les enseignants soient bien formés. Il est important aussi que la langue figure en bonne place dans les cours et que son usage soit maximum, ce qui n’est pas le cas actuellement», avait récemment confié à L’Economiste le ministre de l’Education nationale, Rachid Benmokhtar.
La méthodologie de mise aujourd’hui, qui s’appuie sur la mémorisation et la récitation, a depuis longtemps montré ses limites. Le pire, c’est qu’elle se base principalement sur de l’abstrait! Sur des notions que l’enfant est incapable de comprendre, puisqu’il ne les a pas expérimentées. 70% des mots utilisés en classe sont abstraits, selon la tutelle. La fréquence de leur répétition est également trop faible. Cela fait partie des principales raisons empêchant les enfants de s’approprier les langues à leur sortie du système.

«Le problème est ailleurs»

«Les enfants bénéficient de 1.853 heures de français du primaire jusqu’au baccalauréat, et pourtant ils n’arrivent pas à parler correctement cette langue. D’un autre côté, nous comptons 54.000 étudiants à l’étranger qui réussissent à apprendre différentes langues en 6 mois», relève le ministre de l’Enseignement supérieur, Lahcen Daoudi. «Cela veut dire qu’il s’agit d’abord d’un problème de méthodologie», estime-t-il. Pour lui, l’usage du français pour les quelques cursus techniques au lycée est une mesure qui ne concerne qu’une minorité, et qui ne changera pas grand-chose aux réalités du système.
Afin de réussir la réforme, il faut appréhender le problème dans sa globalité, en mettant en place les conditions de sa réussite. «Le système dépend des moyens que nous mettons à sa disposition. Comment peut-on produire de la qualité avec des classes de 50 élèves et des enseignants non formés? Par ailleurs, tant que nos responsables mettront leurs enfants ailleurs qu’à l’école publique, elle ne réussira jamais à se relever», souligne Daoudi. En vue d’assurer une meilleure transition entre le secondaire et l’université, le ministère de l’Enseignement supérieur a lancé cette année un programme d’apprentissage intensif du français pour les nouveaux bacheliers. La phase pilote a été initiée à l’université Mohammed V de Rabat. Les premiers résultats sont «satisfaisants», selon la tutelle.

Ahlam NAZIH.


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