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Sida: Les jeunes de plus en plus exposés

Source : | 1 décembre 2015 |  Société | 723 views

Saviez-vous qu’il est tout à fait possible d’avoir une vie normale, se marier et avoir des enfants, tout en portant le virus du sida? La seule condition est d’être dépisté tôt, pendant que le virus est inactif et surtout de suivre le traitement. Au cours de cette période, le porteur de la maladie est déclaré «séropositif». Ce qui veut dire que sans dépistage et sans traitement, il restera «en bonne santé» jusqu’à  8 ans, mais contaminant toutes les personnes avec qui il a partagé des moments d’intimité ou a utilisé une seringue. Ensuite, la maladie se manifeste. Et les chances que le traitement sauve le malade se réduisent de manière drastique.
Au Maroc, ce sont aujourd’hui 10.009 cas déclarés. Un chiffre qui a évolué de près de 1.000 nouveaux cas depuis 2014. Autrement dit, quatre cas d’infection sont découverts chaque jour. Par rapport au reste du monde, ces chiffres reflètent un taux de prévalence peu élevé (0,1% du total de la population). Or, ce sont surtout les jeunes de 15 à 29 ans qui sont les plus exposés.
Le taux de prévalence chez cette catégorie atteint les 34%. En fait, il existe 3 principaux foyers de l’épidémie du sida au Maroc. Au nord du pays, le taux de prévalence est de 25% chez les consommateurs de drogue par injection intraveineuse. Dans la région du Souss-Massa-Drâa et à Marrakech-Tensift-Al Haouz, il est, respectivement, de 5% et 2% chez les professionnels du sexe.
 «La jeunesse est une population passerelle. Elle a une activité sexuelle plus épanouie et peut représenter une cible de choix pour les trafiquants de drogue», explique Samad Benalla, sexologue et psychologue plus connu sous le nom de Doc Samad. Récemment nommé par Onusida ambassadeur des jeunes pour la prévention VIH dans sa campagne «Protest HIV», il tire la sonnette d’alarme. Pour lui, le chiffre pourrait sensiblement augmenter si les méthodes de prévention ne changent pas. D’ailleurs, le ministère de la Santé estime le nombre des malades non déclaré à 300.000! «Même si le réseau de dépistage reste très fort, gratuit, instantané et anonyme, très peu de gens se font dépister», explique Doc Samad. La première raison n’est autre que la peur.
«Les jeunes craignent ces analyses. Ils ne veulent pas découvrir qu’ils sont atteints», ajoute-t-il. Or, les traitements sont gratuits (entièrement financés par le ministère de la Santé et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme) et disponibles sur l’ensemble du territoire. Ils permettront à un porteur de virus de mener une vie tout à fait normale. Mais il se trouve aujourd’hui que la plupart des cas de sida déclarés n’entament leur thérapie qu’après la manifestation de la maladie. Rendant ainsi difficile leur guérison…
A l’origine de cette situation, le poids social (le tabou de la sexualité) et les messages pour promouvoir le dépistage précoce qui restent «classiques» et peu mobilisateurs pour les jeunes. S’y ajoute «l’absence de marketing social autour du préservatif. Les gens ne l’aiment pas et ne l’utilisent pas. Alors qu’il devrait être un réflexe, comme dans les pays développés», insiste Doc Samad. C’est justement l’objet de sa collaboration avec Onusida pendant laquelle il diffuse des messages de sensibilisation sur sa chaîne Youtube.
Parallèlement, le ministre de la Santé El Houssaine Louardi s’apprête à lancer aujourd’hui 1er décembre la 6e campagne nationale de dépistage du VIH. La même opération a permis en 2013 de dépister 2 millions de Marocains.

Hépatite «B», la véritable menace

Plus grave que le sida, l’hépatite «B» touche environ 25% de la population générale, selon les estimations du ministère de la Santé. La maladie, qui peut provoquer le cancer, ne profite pas de la notoriété du sida. «Quand on commencera à dépister, on trouvera certainement des catastrophes», assure Doc Samad. Le vaccin à cette dangereuse MST (qui peut se transmettre à travers la salive) a été administré aux jeunes enfants à partir de 1994. Ce qui fait que les jeunes nés avant cette date sont menacés. Il s’agit d’un vaccin en trois rappels et qui permet une complète immunité. Le traitement, quant à lui, reste très onéreux…

Mehdi LAHDIDI


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