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CasablancaUne issue pour la décharge de Médiouna?

Source : | 25 novembre 2015 |  Actualité | 1039 views

Le Conseil de la ville de Casablanca vient d’entériner un avenant relatif à la prolongation de l’exploitation de la décharge de Médiouna, qui a pris juridiquement fin mardi 17 novembre. En attendant, la CUC est en train de finaliser l’acquisition d’un terrain de 35 hectares, destiné à élargir la décharge, qui a atteint les limites de sa capacité.
L’équipe El Omari s’est donnée un délai de 6 mois afin de régler définitivement ce dossier. Le projet de transformer ce site en décharge contrôlée bute, rappelons-le, depuis 2010 sur un problème de foncier. La procédure d’expropriation d’un terrain mitoyen s’est éternisée. Aujourd’hui, un accord est trouvé entre la CUC et les propriétaires pour son acquisition à près de 44 millions de DH (à raison de 125 DH/m2).  
«Le délégataire de la décharge (la société Ecomed) a cumulé un retard considérable sur son programme d’investissement initial», a signalé Abdelaziz El Omari, président du Conseil de la ville, lors de la dernière session qui s’est tenue jeudi 12 novembre (cf. édition du 16 novembre 2015). Mais la CUC a également failli à ses engagements de départ (elle devait mettre à la disposition d’Ecomed un terrain de 82 hectares en vertu du contrat de délégation). «Cela n’empêche qu’il faut aujourd’hui se poser des questions sur le passif de l’ancien mandat», poursuit le maire de Casablanca.
Au terme de deux réunions, la commission chargée de la révision des contrats, du patrimoine et du domaine public au Conseil de la ville, a recommandé un audit d’Ecomed portant sur son programme d’investissement. Il faut dire que depuis la signature du contrat de délégation en 2008, un retard de plus de 7 ans a été pris sur les engagements des deux parties (CUC et Ecomed). En effet, Ecomed devait, en vertu de ce contrat, opérer des investissements de l’ordre de 1 milliard de DH sur 18 ans. L’entreprise américaine avait une double mission. D’abord, l’exploitation et la réhabilitation de la décharge actuelle. Il s’agit en fait d’une mise à niveau qui devait allonger la durée de vie de 2 années de plus (jusqu’à 2010). Ce délai est nécessaire pour la mise en place de la nouvelle décharge dans un site de 82 hectares situé en face de la décharge actuelle.
En 2010, le délégataire devait procéder à la fermeture définitive du site et l’exploitation du nouveau site. Entre-temps, la commune a abandonné les démarches entamées dès 2004, en vue d’acquérir un terrain domanial de 82 hectares, au profit d’un autre terrain d’une superficie de 35 hectares. La concession ne consiste pas uniquement dans une exploitation pure et simple de la décharge, mais aussi en une valorisation des déchets pour que ces derniers rapportent de l’argent. En effet, les ordures devaient servir à produire de l’électricité avec une puissance à terme de 5 mégawatts. Bien évidemment, rien de tout cela n’est fait. Et dans l’intervalle, le délégataire a réalisé, entre 2008 et 2012, des bénéfices nets cumulés de 38,59 millions de DH, alors que les prévisions du contrat de gestion déléguée les avaient estimés à seulement 2,36 millions de DH !

5.000 têtes de bétail!

Dans leur rapport 2013, les magistrats de la Cour des Comptes avaient relevé une série de manquements et de défaillances liés à l’exploitation de la décharge  en vertu d’un contrat de gestion déléguée. L’écart entre les volumes des déchets déclarés par le délégataire et les tonnages facturés par les sociétés de collecte figure en tête des reproches. De même, le manque à gagner généré par l’abaissement du poids des camions à vide payé au profit des 3 sociétés de collecte des déchets ménagers a été estimé à  43,84 millions de DH (rien qu’en 2012 et 2013).
Autre fait alarmant: plus de 5.000 têtes de caprins et bovins sont en pâturage chaque jour à la décharge de Médiouna. C’est ce qu’a révélé un élu lors de la dernière session du Conseil de la ville. En 2013, les magistrats de la Cour des compte avaient estimé à plus de 3.500 le nombre de têtes de bétail en pâturage à la décharge. Sans compter plus de 500 chiffonniers au quotidien. «L’actuelle décharge abrite une activité intense de pâturage et de récupération des produits recyclables (plastique, bois, carton, déchets verts …)», avait souligné le même rapport.

Aziza EL AFFAS


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