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Service civilLes futurs médecins font de la résistance

Source : | 22 juillet 2015 |  Economie | 717 views

UN mois après les manifestations de Casablanca et Rabat, étudiants en médecine, résidents, internes et externes montent encore une fois au créneau. En effet, dès demain jeudi 23 juillet, un sit-in national devrait être observé afin de contrer le projet de loi du service obligatoire. A l’heure où nous mettions sous presse, une réunion était tenue entre médecins pour rassembler plus de 2.000 personnes à Rabat, devant le ministère de tutelle.
En effet, suite à une réunion, les représentants des étudiants des facultés de médecine ont ressorti certains fantômes des placards. Médecins et futurs praticiens réclament une exonération de l’impôt sur le revenu (IR), une révision des salaires, ainsi que des retraites, une amélioration des conditions de travail, avec des équipements adéquats. Les étudiants en médecine ont aussi leur lot de revendications. Parmi elles, l’égalité des chances notamment au niveau des stages à l’étranger, et une révision des conditions d’examens.
Il faut dire que bon nombre de réclamations ne fait pas l’unanimité auprès des manifestants. «Au début, nous étions d’accord pour signer une pétition contre le service obligatoire. Sauf que là, nous nous retrouvons à manifester pour une dizaine de revendications. Du coup, nous perdons toute crédibilité», explique un étudiant à la Faculté de médecine de Casablanca. Le groupe de toubibs réclame aussi du renfort dans les hôpitaux, mais refuse parallèlement de se rendre dans des régions éloignées pour réaliser le service obligatoire. Or, selon la carte sanitaire, qui vient réguler la répartition médicale, les étudiants devront obligatoirement assurer du service dans les régions reculées et celles enclavées qui pâtissent d’une faible couverture médicale. La logique veut qu’à la fin des études générales, l’étudiant s’y rende pour deux ans d’activité. Le projet du service civil devrait être mis en place dans le cadre de la loi 34-09, relative au système de santé et l’offre de soins. Ce texte aborde l’égalité d’accès aux soins, la complémentarité intersectorielle ainsi que l’équité dans la répartition des ressources humaines.
Cela fait plus de 30 ans que l’Etat déplore un déficit en équipements et médecins dans l’arrière-pays. D’ailleurs, 45% des médecins opèrent sur l’axe Casa-Rabat, soit près d’un médecin sur deux. Le milieu rural compte à peine 24% de praticiens. La répartition géographique en ressources humaines est assurément déficitaire. La carte sanitaire fixe aussi les conditions d’implantation des hôpitaux publics et des cliniques privées. La taille de la population, l’attractivité socioéconomique de la région, le découpage sanitaire… sont autant d’indicateurs auxquels un établissement devra répondre avant de s’implanter. Les centres de premier niveau seront dédiés aux régions de 25.000 habitants et plus. Les centres inter-régionaux serviront au moins deux zones pour permettre l’accès aux soins à 3 millions d’habitants. Les régions, dont le nombre d’habitants s’élève à 50.000, auront droit à un établissement de 2e niveau. Le département de tutelle insiste sur la réalisation de tels objectifs censés créer des emplois dans les régions. De 2010 à 2014, le secteur a connu une croissance d’emplois de 25%, en passant de 1.000 à 4.000 emplois créés. Malgré cet argument de taille, les étudiants n’en démordent pas. Ils rejettent en bloc le principe de service civil. Pour eux, il n’est pas question de partir de force ou dans des conditions défavorables. Pour le ministre Louardi, les étudiants auront droit au même salaire que s’ils exerçaient en zone urbaine. «Si la loi est votée, ils auront droit à une indemnité pour l’éloignement ainsi qu’à une assurance», signale le ministre. Une chose est sûre, l’application d’une telle loi permettra de respecter les exigences du principe de «santé pour tous», prévu par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Pour l’heure, le Maroc est encore loin de cet objectif. Selon un membre de l’Association des médecins résidents de Casablanca (ARC), si la loi est appliquée, elle doit l’être pour les nouveaux inscrits qui viennent en connaissance de cause et non pas à ceux qui en font la surprise au terme de tant d’années d’études.
Sabrina EL-FAÏZ


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