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Fès/Agression homophobeLe procès reprend ce jeudi

Source : | 22 juillet 2015 |  Actualité | 1046 views

UN nouvel «épisode» du procès des deux individus soupçonnés d’être impliqués dans l’agression du «travesti de Fès» est prévu ce jeudi 23 juillet. Très suivie par la presse marocaine et étrangère, cette affaire promet une véritable animation dans les locaux du tribunal de première instance (TPI) de Fès. Déjà, la première audience a intéressé l’opinion publique, mais aussi les 55 robes noires venues des quatre coins du Royaume.
Lors de l’audience du 9 juillet, le parquet avait accordé un délai de 15 jours à la défense pour préparer ses plaidoiries. Et ce, suite à l’intégration d’un certificat médical de la victime, fixant son incapacité physique à 21 jours. D’ailleurs, les avocats de ses présumés agresseurs s’apprêtent à demander l’expertise de son état de santé. Ainsi, la Chambre correctionnelle près le TPI de Fès devra étudier un PV de 20 pages, dont L’Economiste possède copie, pour élucider cette affaire et approfondir l’instruction. Portant le numéro 15/2182, ce dossier est bâti sur «violence, coups et blessures volontaires avec préméditation». Ses premières pages définissent bien l’identité des deux mis en cause poursuivis pour l’agression d’un jeune homme sur la voie publique.
Pour les premiers, il s’agit respectivement de N. El Madbouli et K. El Abed, deux marchands ambulants, âgés de 30 ans, et identifiés dans les vidéos postées sur Youtube. L’un d’entre eux est un adepte présumé de la mouvance extrémiste «Salafia traditionnelle». L’autre a des liens avec la mouvance «Addawa wa tabligh ila Allah». Tous les deux portent une barbe «sunnite».
De son côté, la victime est un jeune homme de 25 ans, ayant un aspect féminin, comme le mentionne le PV du service régional de la police judiciaire (SRPJ). Lors des faits, A. Wassim, de son vrai nom, «était vêtu d’une robe et son comportement insinuait qu’il s’agit d’un homosexuel… ce qui a déplu aux passants qui l’ont frappé sur différents endroits de son corps», lit-on sur le rapport de police. Lors de son audition, Wassim avait des marques de violence, une sorte d’hématome sur le front, ajoute le PV.  
Bizarrement et contrairement à la majorité des affaires d’agression, les prévenus arrêtés suite à ce lynchage public ont avoué spontanément leur forfait. «Nous avons agi de la sorte pour défendre les valeurs de notre religion… nous avons été touchés dans notre foi», disent-ils. En plus des aveux, S. Mansouri Houssni, un témoin de la scène d’agression, «a reconnu les deux suspects». Il a présenté, en ce sens, une déposition confirmant qu’il s’agit bel et bien des agresseurs de Wassim et «qu’une foule hystérique de près de 100 personnes y a participé».  
En tout cas, suite à ce témoignage, les deux suspects ont été interpellés dans leurs domiciles respectifs. Ils sont poursuivis en état d’arrestation après le refus du tribunal de donner suite à la motion déposée par la défense pour faire bénéficier ses clients de la liberté provisoire. Ce 23 juillet, les avocats des mis en cause devraient renouveler leur sollicitation, arguant que les personnes poursuivies «n’ont pas commis d’actes graves exigeant leur détention préventive».
Rappelons enfin que cette affaire a suscité une indignation mondiale auprès de l’opinion publique et des instances associatives. Au lendemain de l’agression, les ministères de l’Intérieur et de la Justice ont promis des sanctions sévères à l’égard des auteurs de cette agression, dont les images ont fait le tour des réseaux sociaux et des rédactions (BFM TV et France 24 notamment).

Mobilisation

L’audience précédente (9 juillet) s’est déroulée sous haute surveillance. Elle a été marquée par une forte mobilisation de 55 avocats, issus de treize barreaux, venus soutenir le jeune homme pris à parti par des jeunes passants parce qu’il portait une gandoura. Des journalistes, des éléments des renseignements et des responsables d’associations de défense des droits de l’homme (dont l’AMDH, le CNDH, ainsi que des membres de diverses associations) étaient également présents. Ce 23 juillet, la victime sera pour la 2e fois confrontée à deux de ses agresseurs, poursuivis selon les articles 400 et 401 du code pénal. Ces derniers risquent d’un mois à un an de prison et/ou une amende de 500 dirhams. Mais d’ores et déjà l’on sait que le dossier sera traité avec fermeté envers ceux qui essaient de se substituer à la loi. Ce n’est d’ailleurs pas fortuit qu’il ait été remis au procureur du Roi, Me Mohamed Hmida, et au président de la Cour, Me Mounir El Basri, deux juges des plus réputés du TPI de Fès.

De notre correspondant, Youness SAAD ALAMI


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