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Crise grecque: DSK «accuse» …

Source : | 20 juillet 2015 |  Monde | 16955 views

«A mes amis allemands, Hollande a tenu bon. Merkel a bravé ceux qui ne voulaient à aucun prix d’un accord. C’est à leur honneur. Un plan a de bonnes chances d’être mis en œuvre, repoussant, sinon effaçant, les risques de Grexit. C’est insuffisant mais c’est heureux». Alors que la zone euro traverse une période de fortes turbulences, l’ancien directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, met en garde contre les dérives dans un contexte de crise grecque. Dans un billet assez critique, DSK revient sur le contexte de la crise grecque et du diktat qui crée «un climat dévastateur» en Europe.
Fustigeant les disparités entre pays européens, l’ex-ministre français des Finances estime que ces derniers dépensent leurs forces «en querelles intestines» et prennent le risque d’enclencher un «mécanisme d’éclatement».
«Divisés, nous sommes trop petits». La mondialisation fait apparaître de grands espaces géographiques et économiques appelés «à se répondre et à se concurrencer pour des décennies, peut-être pour des siècles».
Autrement dit: de nouvelles zones d’influence se dessinent. «Les regroupements qui s’opèrent risquent de durer longtemps». Une plaque nord-américaine se forme autour des Etats-Unis (avec le Canada, le Mexique …), analyse DSK. L’Amérique latine est de plus en plus autonome et l’Asie sera constituée de «deux ou trois zones» autour de la Chine, l’Inde et éventuellement le Japon. «L’Afrique s’éveille, enfin, mais elle a besoin de nous», analyse Strauss-Kahn.
Quant au monde musulman, «agité aujourd’hui par les tremblements liés à une utilisation politique de l’Islam par certains, il peinera sans doute à trouver son unité».
Selon DSK, l’Europe pourrait jouer un rôle beaucoup plus influent. «Pour y parvenir, son ambition doit être de se rassembler dans l’Union actuelle et même au-delà. Pour survivre parmi les géants, l’Europe devrait regrouper tous les territoires compris entre les glaces du Nord, les neiges de l’Oural et les sables du Sud».
C’est vers le Sud qu’il faudra se tourner, car c’est là qu’est «le berceau de notre culture». C’est lui qui apportera à la vieille Europe le sang neuf des jeunes générations.
L’enjeu est de taille. Face aux Russes et aux Américains, les Européens risquent de faire pâle figure. «Une alliance de quelques pays européens, même emmenée par le plus puissant d’entre eux, sera peu capable d’affronter seule la pression russe et sera vassalisée par notre allié et ami américain à une échéance qui n’est peut être pas si lointaine».
Aux yeux de l’ancien patron du FMI, il y a deux Europe: celle qui a la « vue trop courte » empreinte de nationalisme et celle qui a la «vue trop longue» et qui préfère se tourner vers l’Ouest à qui elle a accepté de se soumettre. Allusion évidente aux pays baltes. Strauss-Kahn ne se reconnaît néanmoins dans aucun des deux camps.
«L’Europe que je souhaite doit évidemment avoir ses règles et sa discipline de vie commune, mais elle doit aussi avoir un projet politique qui la dépasse et qui justifie ses contraintes». Et pour être un modèle, le vieux continent «doit voir loin, refuser les mesquineries, jouer son rôle dans la mondialisation, en un mot, continuer à façonner l’Histoire». Pour DSK, l’Europe «est forgée dans cet alliage particulier où se fondent l’individualisme et l’universalisme égalitaire».

Amateurisme

Très critique envers le gouvernement grec, DSK ne mâche pas ses mots. «Que l’amateurisme du gouvernement grec et la relative inaction de ses prédécesseurs aient dépassé les bornes, je le mesure. Que la coalition des créanciers conduite par les Allemands soit excédée par la situation ainsi créée, je le comprends. Mais ces dirigeants politiques me semblaient jusqu’alors trop avertis pour vouloir saisir l’occasion d’une victoire idéologique sur un gouvernement d’extrême gauche au prix d’une fragmentation de l’Union. Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit».
«A compter nos milliards plutôt qu’à les utiliser pour construire, à refuser d’accepter une perte – pourtant évidente- en repoussant toujours un engagement sur la réduction de la dette, à préférer humilier un peuple parce qu’il est incapable de se réformer, à faire passer des ressentiments – pour justifiés qu’ils soient- avant des projets d’avenir, nous tournons le dos à ce que doit être l’Europe, nous tournons le dos à la solidarité citoyenne».

A. E.


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