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Le Maroc se met au vert

Source : | 2 juillet 2012 |  Faits divers | 1705 views

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Encore un Livre blanc. Mais cette fois-ci c’est pour parler du vert. Il a été officiellement présenté lors de la Conférence de Rio

+ 20. Un rapport qui retrace les réalisations du Maroc dans le domaine de l’environnement. C’est que le Maroc a démarré son parcours marathonien de l’écologie depuis plus de 20 ans. On ne compte plus les initiatives qui confirment cette volonté d’agir pour préserver les équilibres de notre écosystème. Mais pour quels résultats ?

Retenez votre souffle et suivez-moi dans ce dédale de conventions, lois, dispositifs réglementaires et institutionnels, stratégies, plans, programmes et autres fonds. Le Maroc est signataire de plus d’une cinquantaine de conventions internationales relatives à l’environnement. Il a promulgué maintes lois et règlements sur l’eau, la pollution de l’air, la gestion des déchets… Il a adopté un ensemble de stratégies globales ou sectorielles pour la protection de l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique. Il a décliné ces stratégies en  plans d’action et programmes nationaux dans l’assainissement liquide, la dépollution, la conservation des ressources en biodiversité et la protection des milieux fragiles. Il a créé moult instruments de financement et mécanismes de mise en valeur de l’environnement. Le tout a été encadré par une charte nationale définissant le référentiel de base de la politique nationale de développement durable et appuyé par des instances institutionnelles de concertation et de décision (Conseil économique, social et environnemental, administration de l’environnement), des outils de suivi-évaluation (Observatoires régionaux, système d’indicateurs), des mesures d’accompagnement et de soutien réglementaire.

Au cœur de cette politique multidimensionnelle repose la prise de conscience que notre modèle de développement épuise les ressources de notre territoire à un rythme tel que nos petits-enfants ou arrières-petits enfants risquent d’être confrontés à des pénuries que leurs aînés n’auront ni connues ni même imaginées. Le résultat de cet incontestable effort est plutôt maigre. Pour de multiples causes. De nombreux chevauchements et recoupements imprègnent les domaines couverts par ces conventions, lois, stratégies, plans et autres programmes. Les stratégies, aux objectifs enchevêtrés, sont plombées par les conflits de compétence. L’arsenal juridique s’apparente à un armement sans impact. Les plans furent bâtis sur des actions, sans doute pertinentes, mais qui s’évaporent dans des horizons indéfinis. Les fonds se réduisent à des caisses vides, une fois épuisées les ressources provenant de la coopération internationale. La charte n’est pas créée de dynamique nouvelle faisant de la préservation de l’environnement une préoccupation permanente de toutes les parties prenantes. Les points focaux de ces divers dispositifs sont dispersés sur plusieurs départements et il n’existe pas de véritable articulation ou coordination entre eux.

Vingt ans après la popularisation de la notion de développement humain par le rapport Brundtland, c’est l’adjectif «vert» qui s’impose et se décline à l’infini : économie verte, croissance verte, technologie verte, emplois verts… Dans son usage, ce terme renvoie, comme le mot durable en son temps, à la mise en place d’un nouveau modèle de croissance et de développement, une nouvelle organisation socio-économique, où les dégradations sur l’environnement engendrées par l’activité humaine ne compromettent pas le bien-être et l’activité des générations futures. Et pour mettre l’économie nationale sur le chemin de cette nécessaire transition écologique, le Maroc cherche à créer les conditions d’une croissance verte. Or, les politiques sectorielles engagées pour développer les énergies renouvelables, le bâtiment vert, la gestion de l’eau et des déchets sont encore trop récentes pour faire émerger une véritable économie verte dans notre pays. Dans les entreprises également, la montée en puissance du concept de responsabilité sociale et environnementale impose une nouvelle approche de la production des biens et services que les directeurs du développement durable sont chargés d’impulser et d’accompagner. Ni simple effet de mode ni phénomène de grande ampleur, la RSE est encore une démarche volontaire et balbutiante qui peine à s’affirmer comme une perspective de solution élégante aux conflits opposant les ayants droit et les dirigeants des entreprises.

Aujourd’hui, il n’y a pas réellement un consensus politique national sur les enjeux de l’environnement. Deux conditions sont nécessaires à réunir pour construire ce consensus: la prise de conscience de l’urgence écologique et une nouvelle gouvernance des stratégies et politiques en la matière. Le Maroc ne dispose pas d’un temps infini pour maîtriser les effets négatifs d’une croissance non soutenable et promouvoir un développement humain durable. Il est temps d’évaluer l’impact de la mise en œuvre des politiques actuelles et construire une démarche nouvelle permettant d’atteindre des gains économiques environnementaux et sociaux substantiels à long terme. Il est aussi essentiel de mettre en place de nouvelles formes de gouvernance du développement durable, décliner chantier par chantier, secteur par secteur, les objectifs entérinés dans les différents volets de la politique de l’environnement. Enfin, il importe de concilier entre le désir d’un changement soutenu par l’adhésion de tous les acteurs concernés et l’impératif d’efficience selon lequel le changement doit être impulsé et entretenu par une compréhension partagée de l’intérêt général.


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