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Certification des cadres : des experts en parlent

Source : | 27 juin 2012 |  Emploi | 671 views

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Adil Berrada : «La certification apporte une certaine reconnaissance».

La certification des personnes est une reconnaissance des compétences dans un domaine précis par des organismes tiers. Cette reconnaissance pourra être assurée quand il y a des schémas d’accréditation qui ont comme but de donner une garantie du respect de l’ensemble des exigences aux normes et procédures liées à cette certification.

En cohérence avec la certification des systèmes de management des entreprises, je peux citer le cas de la certification des auditeurs qui réalisent la mission d’audit de certification d’un système de management de la qualité, à titre d’exemple, selon la norme ISO 9001 pour le compte des organismes. Ces derniers ont une compétence reconnue auprès des organismes tiers de certification, basée sur un cursus bien déterminé. En général, la procédure de reconnaissance de compétences par rapport à ces auditeurs commence par l’identification des personnes ayant les pré-requis pour les intégrer dans ce processus de qualification. Une fois que ces pré-requis (formation de base et expérience professionnelle probante) sont démontrés, ces personnes participent à une formation certifiante du responsable d’audit de système de management. La formation certifiante est réalisée par les organismes tiers de certification dans le respect des exigences de l’organisme d’accréditation correspondant (exemple du schéma d’accréditation : IRCA “International register certification of auditors”). Seuls les participants qui réussissent l’examen IRCA sont éligibles à la réalisation de leurs cursus de qualification (c’est le cas des auditeurs certifiés par Bureau Veritas Maroc). Ce processus de qualification vient pour compléter la pratique des techniques des auditeurs sur le terrain avant leurs confirmations. Dès confirmation, nous pouvons dire que la compétence est reconnue et que la personne est certifiée.

Ce schéma de qualification et d’accréditation reste valable pour la certification des personnes selon des normes bien précises, que ce soit par rapport aux normes génériques telle que l’exemple que j’ai cité (ISO 9001), mais également pour des normes spécifiques telles que celles liées au système de management environnementale (ISO 14001), ou encore celles liées au système de management de la Sécurité et Santé au travail (OHSAS 18 001) et aussi par rapport à des normes sectorielles telles que dans le domaine automobile (ISO TS) et le domaine aéronautique (série de norme EN 9100) avec des schémas d’accréditations spécifiques à ces domaines-là.

Mohammed Berrissoul : «Je suis désormais en mesure de porter un jugement sur les compétences des consultants que nous sollicitons».

En tant que responsable qualité, je n’avais pas de pré-requis au départ pour suivre les audits menés au sein de notre groupe. Je n’avais pas de référentiels, je n’étais pas habitué aux questions des auditeurs…C’est pourquoi j’ai suivi une formation pour obtenir la certification IRCA qui a pour but de maîtriser les référentiels certifiables (norme ISO 9001, 14001, 18001…) et le processus d’audit : ses règles, ses points clés, sa déontologie, ses objectifs…

Donc, pour moi, cette démarche a une double finalité : améliorer notre démarche qualité en interne, mais aussi avoir une ouverture sur les autres entreprises puisque, durant la formation, j’ai été amené à conduire un audit dans une autre entreprise afin d’organiser et de réaliser l’audit.

Sur le plan personnel, c’est aussi une manière d’avoir une confiance en soi car on apprend à mieux appréhender son environnement. Il ne faut pas oublier qu’avant j’étais dans l’obligation de me conformer aux règles des auditeurs externes à la lettre même s’il y a parfois de l’abus de leur part. Avec cette certification, je peux désormais être en mesure de porter mon jugement sur les procédures mises en place mais aussi sur les compétences des consultants.

Et donc, pour moi, cette démarche repose sur un besoin fondé et non sur un effet de mode. Toutefois, il faut rester pragmatique et ne pas se lancer à tout bout de champ sur d’autres certifications. Le mieux c’est de choisir les modules qui seront utiles pour mon activité ou qui me serviront à franchir de nouveaux paliers. Je pense par exemple à la certification OHSAS 18001 qui est un modèle de système de management de la santé et de la sécurité au travail ou encore à la norme ISO 26 000 qui est relative à la responsabilité sociétale des organisations.

Réda Idir : «C’est un gage de confiance et de compétence».

La certification des personnes existe au Maroc depuis une dizaine d’années et plusieurs organismes internationaux offrent des programmes de certifications. Elle permet de reconnaître l’expertise d’une personne dans un domaine. C’est donc un gage de confiance et de compétence. A ce titre, les certifications des personnes les plus prisées sont celles relatives aux référentiels de management telles que les normes ISO. Les certifications les plus connues sont : IRCA (International register of certificated auditors), EFQM (European foundation for quality management)…

Bien évidemment, il faut partir du principe que la personne a des compétences confirmées dans son domaine avant d’entamer une démarche de certification car au-delà de la certification, elle doit être en mesure de conduire 2 à 4 missions par an, en plus des mises à jour des référentiels notamment dans le domaine de l’audit. Il ne faut pas oublier que les normes et procédures changent et, par conséquent, une personne certifiée dans un domaine particulier doit être en mesure de connaître ces nouvelles évolutions.

Pourquoi de telles démarches se développent ? A mon sens, deux facteurs motivent ce choix. D’abord, la motivation vient par la recherche de la reconnaissance ou le développement personnel comme la carrière de consultant ou d’auditeur. C’est ce qui la rend de plus en plus vulgarisée. Mais aussi parce que certains cadres le font en interne, c’est-à-dire au sein de leur entreprise, pour mieux développer certaines activités mais aussi pour se développer eux-mêmes en interne.

Pour ma part, j’ai eu l’occasion de suivre plusieurs processus de certification. J’ai été l’un des premiers leads auditors au Maroc, une certification que j’ai obtenue en 2001. Je suis également Assessor EFQM, une certification très développée en Europe et je suis également auditeur certifié en management d’hygiène et sécurité. Par ces biais, j’ai voulu montrer aux multinationales implantées au Maroc qu’il existe notamment des consultants marocains fiables et certifiés au niveau international.

Youssef Jermoumi : «Certaines entreprises exigent que les équipes projet soient certifiées».

Aujourd’hui, il est devenu essentiel de faire valoir sa qualification pour trouver sa place sur le marché du travail. Obtenir une certification (un diplôme, un titre ou un certificat de qualification professionnel) est une manière de prouver sa qualification et sa capacité à exercer une activité professionnelle. Pour l’employeur, cette certification a l’avantage d’attester des compétences réellement maîtrisées par un candidat à l’embauche ou par un salarié visant une évolution professionnelle.

J’ai connu pas mal de candidats qui ont acquis des connaissances durant leur parcours professionnel, mais qui n’étaient pas confirmées par un diplôme, certificat ou autres. Cela représente un vide sur un CV. C’est pourquoi une certification permet aussi de structurer les connaissances.

Dans le domaine des IT, on peut distinguer plusieurs types de certifications. D’abord, les certifications-constructeurs de type Cisco, Alcatel, Microsoft, Oracle…qui utilisent les mêmes enseignements à l’échelle internationale. Un certifié Cisco utilisera les mêmes concepts aussi bien au Maroc qu’à l’étranger. Les cursus certifiants comprennent généralement trois à cinq modules de formation et on distingue trois niveaux d’apprentissage : associate, professionnal et expert.

Il existe également des certifications complémentaires qui ont trait aux best practices notamment dans le domaine de la sécurité, de type également ITL (méthodologie de gestion d’un système informatique).

Loin d’être une mode, les entreprises d’aujourd’hui exigent par exemple dans un appel d’offres à ce que l’équipe projet soit dotée de compétences précises dans un domaine particulier et parfois elles exigent même que les profils soient certifiés dans un domaine particulier pour savoir  s’ils maîtrisent les compétences souhaitées.

Malgorzata Saadani : «La certification est un plus, mais pas une garantie de réussite».

Après quinze années d’expérience dans le secteur public et privé, j’ai voulu changer de cap, donner un nouveau sens à mon activité professionnelle. Pour moi, la certification dans le domaine du coaching répond avant tout à un besoin et non au désir d’avoir juste le label d’une institution sur ma carte de visite. En d’autres termes, il faut qu’elle me permette d’acquérir une compétence supplémentaire utile pour mon développement personnel et professionnel.

J’ai opté pour la certification par International coaching community (ICC) qui est reconnue et active à l’échelle internationale. J’ai aimé la philosophie et la pédagogie d’enseignement proposées par ICC. Les rencontres avec différents milieux socio-culturels m’ont permis de connaître des gens d’horizons très variés et d’animer ma passion pour les relations humaines.

Ces mêmes rencontres permettent également de créer une plateforme d’idées à travers un site web dédié où les coachs sont amenés à s’exprimer sur différentes problématiques liées au coaching et se renseigner sur l’actualité du secteur et les formations de perfectionnement recommandées par ICC.

Sur le plan de la procédure de certification, nous pouvons distinguer plusieurs facteurs qui balisent le parcours.

Le premier est la séparation entre l’aspect commercial (formation payante) et le résultat espéré : la certification. Celle-ci ne doit pas être d’office «garantie». Le deuxième facteur est la sélection très précise des profils ayant accès à la certification: le niveau de leur formation initiale, leur expérience professionnelle et l’âge, leur motivation pour devenir coachs et leur posture humaine et morale observée et notée par les spécialistes pendant la formation. Pour être certifié, il faut en outre accomplir un certain nombre de différents travaux pratiques, réussir un examen théorique et pratique, et bien sûr souscrire officiellement par sa signature à la charte déontologique de l’organisation.

Sur le plan pratique, on apprend à mieux présenter notre méthodologie de travail au client, à établir une relation de confiance et à formaliser la relation par la signature d’un contrat accompagné de la charte de déontologie car le coaching n’est pas une activité comme les autres, puisqu’il implique le travail avec le psychisme de la personne. Dans le domaine de l’interpersonnel, un coach a besoin d’avoir cette démarche structurée pour permettre aux clients d’avoir des repères.

La certification auprès d’un organisme reconnu donne aux clients la possibilité de recours en cas de problème, par exemple, en cas de non-respect de la charte déontologique, de comportements inappropriés (indiscrétions, comportements sectaires, arnaques, etc.).

Je précise également qu’une certification n’est pas une fin en soi. Un coach n’a pas besoin de label s’il est vraiment professionnel dans sa démarche. Ses compétences et sa posture parlent d’elles-mêmes et attirent les clients désireux du changement.

Pour les coachs douteux, ce n’est pas non plus la certification qui va arranger leur posture. Les clients se rendent compte rapidement du sérieux et du professionnalisme du coach.

De plus, dans ce domaine, il existe des coachs certifiés mais aussi des coachs membres d’organisation professionnelle ou d’une association, sans pour autant avoir suivi le processus de certification auprès de ces organismes. De ce fait, certains coachs utilisent abusivement la renommée de ces organismes pour prétendre être certifiés.

Zouhair Almai : «Difficile d’accéder à des appels d’offres si on ne peut prouver le minimum de sérieux et de professionnalisme».

A chaque étape d’une carrière, il faut savoir franchir un pallier. J’ai obtenu plusieurs certifications qui, à chaque période de ma carrière, m’apportaient un plus. Au début, j’ai eu une certification Cisco CCMP, au début des années 2000, grâce à laquelle j’ai formalisé mes compétences techniques. Par la suite, je me suis fait également certifié CISSP (Certified information system security professional), une formation orientée conseil et audit en système d’information et qui est destinée aux consultants et managers. C’est une formation hautement sollicitée à l’échelle internationale avec laquelle on peut appliquer les mêmes procédures que vous soyez au Maroc ou à l’étranger. Je me suis fait également certifié sur d’autres normes (CISM, CRISC, Lead Auditor ISO 27001, Lead Implementer ISO 27001).

Toutes ces certifications ont pour finalité de valider les acquis professionnels, mais aussi de répondre aux exigences du marché du travail. Même sur le plan personnel, c’est une motivation car, quelque part, ces formations m’ont permis d’acquérir de nouvelles connaissances mais aussi à mieux les structurer.

Sur le plan professionnel, cela représente un gage de confiance pour les entreprises qui préfèrent travailler sur des bases internationales.

C’est une question d’exigence et non pas un luxe car il est difficile d’accéder à des appels d’offres si on ne peut prouver un minimum de sérieux et de professionnalisme.

D’un autre côté, il est vrai qu’il existe actuellement plusieurs formations certifiantes localement mais il faut savoir choisir celles qui correspondent à ses compétences et à son activité. Rien ne sert de se faire certifier ISO/CEI 27001 si l’entreprise n’a pas mis en place un système de management de la sécurité de l’information.


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