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Du pétrole au Maroc ? A peine 272 forages en onshore, 36 en offshore… et rien de concret

Source : | 20 juin 2012 |  Actualité, Economie | 987 views

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Le pétrole fait saliver tous les Etats. C’est pourquoi chaque annonce de découverte de pétrole au Maroc est reprise en chœur par presque toute la presse, sans compter les analyses plus ou moins pertinentes d’experts de tous bords. Les informations prêtant aux responsables de la société australienne Pura Vida Energy d’avoir identifié un gisement de pas moins de 3,2 milliards de barils, au large d’El Jadida sur un site appelé Mazagan, tout comme les 2 milliards de barils qu’aurait annoncés la société d’exploration britannique Longreach Oil & Gaz à Foum Drâa et Sidi Moussa, du côté de Tarfaya, ne font pas exception à la règle.

Des annonces souvent motivées par des considérations financières

Dès le lendemain de ces annonces, c’est à une pluie de démentis et d’informations contraires qu’on a assisté, surtout de la part de l’Office national des hydrocarbures du Maroc (ONHYM). On peut se poser des questions sur les motivations de ces annonces, sachant que l’or noir peut changer la face du pays. En fait, il y a toujours un manque de compréhension à propos de la recherche pétrolière, prouvée par les annonces sur les schistes bitumineux de Timahdit, jusque-là inexploitables, et d’autres prétendues réserves, pourtant «annoncées officiellement».

Tout d’abord, il y a des motivations économiques et financières derrière toute annonce de découverte. En effet, lorsqu’une société d’exploration le fait, elle veut souvent informer ses actionnaires sur sa santé et le résultat de ses travaux ou pour lever des fonds sur le marché ou par l’ouverture de son capital à de nouveaux souscripteurs. Dans le même sens, l’annonce d’une découverte permet de doper un cours en bourse ou de contenir une chute.

La seconde source de difficultés réside dans une mauvaise lecture du jargon de l’exploitation pétrolière et minière, en général. On doit comprendre que l’exploration passe par plusieurs étapes. Les recherches durent toujours entre 8 et 12 ans, si ce n’est plus. La première phase consiste en travaux géologiques qui ne représentent que 2 à 5% de l’investissement dans ce domaine. La deuxième phase est représentée par ce qu’on appelle les acquisitions géophysiques qui coûtent, en général, de 10 à 15% de l’ensemble de l’opération globale d’exploration. En fait, ce sont les forages, ultime opération, qui absorbent 80% de l’investissement.

Durant ces différentes phases, les explorateurs n’ont aucune certitude définitive ni sur la réalité du gisement ni sur la faisabilité économique de son exploitation effective. Ils se basent sur des repères que la réalité peut démentir. Mais le domaine étant hautement capitalistique et les enjeux énormes, ils doivent d’abord réaliser les différentes phases que stipule leur cahier des charges et communiquer l’avancement de leurs recherches à leurs partenaires (Onhym au Maroc) et à leurs actionnaires. Et même quand ils arrivent à l’ultime phase qui est le forage, il faut plusieurs tentatives qui peuvent s’avérer infructueuses.

29 opérateurs présents

sur le terrain

Cependant, il faut bien comprendre que les compagnies pétrolières ne vont nulle part où les chances sont minimes. La surface sur laquelle travaillent des explorateurs a largement progressé depuis 2000 (+374%, à 447 450 km2), mais cela ne signifie pas que le Maroc est correctement exploré. Les bassins sédimentaires d’une superficie d’environ 914 000 km2 sont encore sous-explorés. En cumul, depuis que l’exploration pétrolière existe au Maroc, le pays compte à aujourd’hui 272 forages en onshore et 36 en offshore, principalement dans le domaine maritime peu profond.

A fin mars 2012, 47 permis d’explorer en onshore avaient été délivrés et 59 en offshore, en plus de 6 autorisations de reconnaissance en onshore, 3 en offshore et 10 concessions. Au total, 29 opérateurs sont présents dans le pays, dont Total, Repsol, Dana Petroleum, Anadarko, Kosmos, EOGI international company, Cabre, MPE, Oil & Gaz, et autre Circle Oil.

Il faut aussi savoir également que, chaque année, les explorateurs dépensent dans les différentes opérations de reconnaissance ou de forages qu’ils réalisent autour de 13 milliards de DH, sans compter les 69 millions que prélève l’ONHYM sur son budget global de 130 millions, pour mener les différentes études pour convaincre les sociétés pétrolières de venir au Maroc. Malgré tout cela, le Royaume reste sous-exploré, avec seulement 0,04 puits creusé sur 100 km2 alors que la moyenne mondiale dans les zones potentiellement productrices de pétrole est de l’ordre de 10 puits aux 100 km2. A l’évidence, plus on fore, plus la probabilité de réussir augmente. Mais le Maroc ne cherche pas que du pétrole. Le gaz naturel est aussi une source d’énergie bien ciblée. En 2011, près de 38 millions de m3 évalués à 97 MDH en hors taxes ont été extraits à Essaouira (vendus à l’OCP) et dans le Gharb (vendus à CMCP et Super Cerame). Sans compter quelque 7 000 tonnes de condensat de pétrole extrait dans le Gharb et vendus à la Samir.

C’est l’ONHYM qui est habilité à signer les contrats de reconnaissance. Leur durée sont d’une année renouvelable plusieurs fois à la demande du partenaire. Y figurent l’autorisation des travaux, leur contenu, leur surface… Quand il s’agit d’un accord pétrolier, c’est au ministère de l’énergie que revient la prérogative d’apposer son sceau par un arrêté qui attribue le permis de recherche, le programme des travaux et l’exclusivité des droits d’exploration. A noter que les parts de l’Etat dans le pétrole extrait ne peuvent dépasser 25 % et que les sociétés d’exploration qui découvrent le pétrole sur le sol national sont exonérées d’impôts pendant dix années consécutives. Ils ne sont soumis à aucune surtaxe comme le stipule le code des hydrocarbures.


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