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La fièvre : rarement grave, souvent inquiétante

Source : | 13 novembre 2012 |  Femmes | 387 views

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C’est un symptôme extrêmement banal et même le plus fréquent au cours des maladies infectieuses. Cependant, il n’est pas toujours synonyme d’infection. La fièvre, qui représente un motif fréquent de consultation chez le médecin, correspond à une élévation anormale de la température corporelle. Quand faut-il s’en inquiéter ?

Soyons rigoureux- »Avez-vous eu de la fièvre ? »- »Oui »- »Combien ? »- »Je ne sais pas, je n’ai pas pris ma température »C’est bien là le problème. La fièvre n’est pas une sensation, c’est la mesure la plus précise possible de l’élévation de la température corporelle prise dans de bonnes conditions techniques. La température du corps est en moyenne de 37°C et peut varier dans la grande majorité des cas entre 36°5 et 37°5. En pratique, c’est à partir de 38°qu’un médecin peut tirer des conclusions (les valeurs normales extrêmes dans la population se situent entre 36 et 37,8°C). Pour être fiable, une température doit être mesurée au repos ou à distance d’effort. L’absence de fièvre est appelée « apyrexie ».

Attention, pièges !Certains médicaments appelés « antipyrétiques » font baisser la fièvre. Ils comprennent essentiellement les très connus aspirine et paracétamol, que l’on retrouve en totalité ou en partie dans un nombre considérable de médicaments. Il est donc possible après une prise d’aspirine, de mesurer un température à 37° alors que la véritable température est supérieure à 38°.

A l’inverse, après une exposition prolongée au soleil, ou après un effort physique important, la température peut facilement dépasser les 38° sans que cela ait une valeur pathologique. Le plus simple dans ces cas-là est de reprendre la température au frais ou après une période de repos.

A quoi la fièvre correspond-elle exactement ?La fièvre n’est pas une maladie, elle n’est qu’une réaction de l’organisme à certains facteurs pathologiques. L ‘hypothalamus, situé dans le cerveau, sert en quelque sorte de « thermostat ». Une infection bactérienne ou virale peuvent par exemple libérer des facteurs « pyrogènes » provoquant la fièvre.

Attention toutefois, une fièvre n’est pas forcément synonyme d’infection. Par exemple, un hématome volumineux en train d’être résorbé peut donner une fièvre modérée autour de 38°. Une complication rare mais grave des médicaments neuroleptiques est une fièvre très élevée (plus de 40°) par dysfonctionnement des systèmes centraux de régulation thermique.

Fièvre aiguë : bien ou mal tolérée ? Les signaux d’alarmeOn parle de fièvre aiguë quand elle a moins de cinq jours. Le problème de la fièvre qui peut être grave en elle-même, est sa tolérance. Une fièvre mal tolérée est une urgence. Il faut bien différencier les vrais signes de souffrance des signes d’accompagnement de la fièvre et des signes de la maladie causale.

Tout d’abord, comme principe de base, la fièvre est plus grave aux âges extrêmes de la vie (nourrissons et troisième âge). Les signes auxquels il faudra faire attention sont la déshydratation (qui peut s’apprécier par exemple par une baisse importante de la diurèse), l’accélération ou le ralentissement du pouls, la modification de l’aspect cutané (marbrures, coloration bleuâtre, apparition de petites taches rouges), l’accélération de la fréquence respiratoire (supérieure à 24 par minute pour une fièvre à 39°), le chiffre élevé de la température (à partir de 42°), les troubles de conscience. En pratique, lorsqu’une fièvre dure plus de 48 heures ou est associée à des signes de mauvaise tolérance, ou apparaît chez le nourrisson, la femme enceinte ou le vieillard, un diagnostic doit être fait sans tarder afin de pouvoir démarrer un traitement de la maladie causale.

Conduite pratique : principes générauxSi on se trouve dans un des cas décrits au paragraphe précédent de gravité de la fièvre, il faut bien évidemment consulter en urgence. En l’absence de cause évidente à une fièvre, le médecin de ville ou le médecin des urgences fera faire des examens complémentaires. Les plus habituels sont la numération sanguine, la vitesse de sédimentation (pour voir le niveau d’inflammation), la radiographie thoracique (pour déceler une infection pulmonaire), l’examen cyto-bactériologique des urines (à la recherche de germes ou de signes d’infection urinaire), la radio des sinus, la radio panoramique dentaire (les problèmes dentaires sont une cause fréquente mais mal connue de fièvre) et les hémocultures pour rechercher un germe dans le sang. Chez les personnes en provenance de pays chauds, une recherche de parasites dans le sang (examen de la « goutte épaisse ») pourra être entreprise, afin de diagnostiquer un paludisme. Dans tous les cas, il est idéal de faire un diagnostic avant de commencer à traiter, afin de ne pas risquer de masquer la maladie causale (traitements antibiotiques pour une infection par exemple). De la même manière, lorsque la fièvre est modérée et bien supportée, il vaut mieux éviter de donner des antipyrétiques (aspirine ou paracétamol) afin de pouvoir suivre l’évolution ou la régression de la fièvre. En revanche, si la fièvre survient chez une personne fragile ou si elle est mal supportée, ces principes deviennent caduques et il faut non seulement commencer à la traiter pour elle-même (prise d’antipyrétiques, baisse de la température de la pièce, application de froid), mais aussi envisager de traiter par principe (par antibiotiques en général) sans avoir de diagnostic précis.


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