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Injections, laser, chirurgie esthétique : quel est le bon âge ?

Source : | 12 novembre 2012 |  Femmes | 1509 views

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La chirurgie et surtout la médecine esthétique sont devenues des pratiques de plus en plus courantes. Les techniques (injections, laser, chirurgie) sont désormais perfectionnées. Et pour en profiter pleinement, pas besoin d’attendre que les rides se soient déjà bien installées.

Les médecins et chirurgiens esthétiques voient arriver dans leur cabinet des femmes, mais aussi des hommes, de plus en plus jeunes. Et certains praticiens recommandent même d’agir dès la trentaine. Mais à quel âge au juste commencer ces traitements ? N’y a t-il pas des risques à démarrer trop tôt ?  Et n’est-ce pas la porte ouverte à des comportements excessifs, voire même pathologiques ?

DIFFÉRENTES TECHNIQUES

Un examen clinique précis et détaillé est nécessaire avant toute intervention afin d’analyser la forme du visage (visage rond, visage long, visage creux, visage affaissé). Une comparaison avec des photos de la personne plus jeune permet d’apprécier l’évolution du vieillissement.

Entre médecine et chirurgie, les interventions pour redonner bonne mine à un visage et réduire les signes du vieillissement sont nombreuses. Voici quelques unes des différentes techniques les plus utilisées.

Médecine esthétique :Les injections de toxine botulique, plus connue sous le nom de Botox® (en réalité, on utilise Vistabel® ou Azzalure®) atténuent les rides d’expression en figeant les muscles.

L’acide hyaluronique est présent naturellement dans notre organisme, en particulier dans la peau. Les injections de ce produit permettent de combler les rides et les cernes, gonfler les lèvres et les pommettes, etc.

La pose de fils crantés résorbables permet de rehausser le visage dans sa globalité.

Le mésolift consiste en l’injection d’un cocktail nutritif, à base de vitamines, notamment dans le but de redonner de l’éclat au visage.

Le peeling est une technique de rajeunissement facial par stimulation chimique de la peau.

L’utilisation de produits résorbables, c’est-à-dire qui se dégradent et disparaissent de l’organisme au bout de quelques mois, est fortement recommandée.

De ce fait, ces interventions ne sont pas permanentes. Il est conseillé de les refaire une fois tous les six mois à un an, selon les produits. Par ailleurs, les indications de ces interventions étant différentes, il est possible que plusieurs soient réalisées sur une même personne.

Chirurgie esthétique :Le lifting est proposé pour les visages relâchés lorsque les volumes du visage sont conservés. Il permet de « remonter » et « replacer » le visage sans modification de la forme du visage. Les rides ne sont pas traitées par cette technique mais atténuées en tension.

La chirurgie des paupières, appelée blépharoplastie, est indiquée pour les personnes dont les paupières tombent. Elles est toujours associée à un rajeunissement de l’ensemble de la région périrorbitaire (en d’autres termes, le regard) : traitement des paupières, des sourcils, des tempes et des cernes.

La lipostructure consiste à prélever de la graisse à un endroit du corps pour la réinjecter au niveau du visage pour une action de comblement (rides, lèvres, etc.).

Si la médecine esthétique a de plus en plus d’adepets du fait de son caractère rapide, non invasif (et peut-être plus rassurant qu’une opération définitive), il faut bien comprendre que médecine et chirurgie ne sont pas en « compétition », et sont mêmes complémentaires.

Bien souvent, la médecine esthétique est pratiquée dans le but de retarder le passage à l’acte chirurgical ou bien d’entretenir l’opération.« Avec la médecine esthétique, une personne n’obtiendra jamais les mêmes résultats qu’avec la chirurgie », précise le Dr Patrick Bui, chirurgien plasticien, chef de service de l’Unité de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique de l’Hôpital Américain de Paris.

Il est bien entendu recommandé de s’adresser à des médecins et des chirurgiens compétents et qualifiés utilisant les produits adaptés. Le choix de son praticien est bien évidemment primordial.

MÉDECINE OU CHIRURGIE : À QUEL ÂGE ?

« Les indications de chirurgie esthétique pour le visage ne dépendent pas de l’âge mais de la morphologie faciale », explique le Dr Patrick Bui, chirurgien plasticien.

Par exemple, un visage rond tombera plus vite qu’un visage long qui va plutôt se creuser. Ainsi « on peut faire un lifting des joues dès 35 ans sur un visage rond pour le rehausser », indique le chirurgien plasticien. Donc la chirurgie jeune oui, elle est possible, mais pas pour tout le monde.

Pour un visage long au contraire, ce sont plutôt des injections de comblement qui sont préconisées.

Mais en dehors de ce type d’injections qui peuvent être pratiquées dès 30-35 ans, d’autres méthodes de médecine esthétique peuvent être retenues. Pour le Dr Jean-Pierre Zammit, médecin esthétique, les mésolifts pourraient être pratiqués encore plus jeunes, dès 25 ans !! Quant aux fils résorbables, ils peuvent être mis en place dès 40 ans.

Pour prévenir le vieillissementCe médecin esthétique parle même d’un effet préventif de la médecine esthétique : « plus les injections de produits résorbables tels que l’acide hyaluronique sont pratiquées tôt, plus cela permet au derme de se régénérer et de retarder l’apparition des rides. »Pour le Dr Patrick Bui, chirurgien esthétique : « ce qui pourrait être préventif, ce sont des petites injections de graisse sous anesthésie locale, sur un visage long, car la graisse a une action nutritive. »Que ce soit en médecine esthétique ou en chirurgie esthétique, il est important de respecter les indications pour obtenir des résultats satisfaisants. « Si on remplit un visage rond [avec des injections], c’est une catastrophe. On se retrouve avec des visages « boules ». Une bonne indication, c’est 50 % du résultat », estime le Dr Patrick Bui.

Cependant, il faut bien avoir conscience que se faire opérer jeune nécessite de refaire l’opération une dizaine d’années plus tard. Effectivement, en aucun cas la chirurgie ne « bloque » le processus de vieillissement du visage. Quant aux injections, pour un effet permanent, elles nécessitent d’être refaites régulièrement. C’est donc un budget non négligeable à prévoir !

LA TENDANCE EST AU NATUREL

L’époque où lifting et Botox® étaient directement associés à des visages figés et sans expression est révolue. La tendance est aujourd’hui au naturel. « Beaucoup des patientes viennent me voir parce qu’elles se trouvent un air fatigué. Elles souhaitent que j’intervienne et qu’il y ait un résultat mais sont terrorisées à l’idée que ça se voit », indique le Dr Jean-Pierre Zammit, médecin esthétique.

C’est assez paradoxal : « je ne veux pas que les autres le voient, mais moi je veux voir la différence… Et c’est pareil pour les implants mammaires ! », raconte le Dr Patrick Bui.

Des injections sans que cela se voit tropLes patientes veulent retrouver une bonne mine, sans pour autant avoir un visage « artificiel ». D’ailleurs, le chirurgien plasticien conseille de faire de la chirurgie plutôt à 40 ans qu’à 60, car cela se voit beaucoup moins. Quand on fait un lifting à 60 ans, tout le monde voit qu’on a rajeunit, alors qu’une opération à 35 ans ou 40 ans fait que le visage ne semble pas vieillir et l’entourage est ainsi dupé.

Beaucoup de personnes sont tentées par de tels soins, et retarder ainsi les effets du temps. D’après une enquête réalisée par aufeminin.com*, 68 % des personnes interrogées sont plutôt favorables ou très favorables à la médecine et la chirurgie esthétique. 56 % ont déjà eu ou souhaiteraient avoir recours à la médecine esthétique avant 40 ans.

CÔTÉ PSYSi pour le Dr Jean-Pierre Zammit, la médecine esthétique est devenue une forme de bien-être comme une autre, le Dr Françoise Bartoli, psychiatre, émet plus de réserves : « ce n’est quand même pas comme aller chez l’esthéticienne. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’actes médicaux qui peuvent comporter des risques. »Par ailleurs, derrière le désir de rester toujours jeune, d’effacer les imperfections du visage que le temps fait apparaître, se cache parfois un mal-être sous-jacent. C’est pourquoi, il est nécessaire de laisser un temps de réflexion aux patients, particulièrement pour la chirurgie qui est une intervention beaucoup plus lourde.« Je vois les patients au moins deux fois avant l’intervention. Un délai de 15 jours est obligatoire, mais c’est souvent beaucoup plus. Il faut appréhender chaque patient de façon globale (régime, mode de vie…). Si on se rend compte lors des entretiens que leur demande relève plus de problèmes personnels que ceux liés au vieillissement, alors on peut le diriger vers un psychiatre. Mais dans la grande majorité des cas, les demandes sont justifiées et raisonnables », témoigne le chirurgien plasticien, Dr Patrick Bui.

Lors du rendez-vous avec le psychiatre, « on commence par un entretien assez long pour déceler s’il y a des antécédents psychiques et éventuellement un trouble de la personnalité. Il faut aussi évaluer la capacité du patient à entendre qu’il a besoin d’un temps de préparation avant l’intervention et qu’il ne doit pas en attendre trop », raconte le Dr Françoise Bartoli.

Le but d’une éventuelle rencontre avec un psychiatre n’est donc pas purement dissuasif, même s’il n’est pas rare que les patients finissent par abandonner d’eux-mêmes leur requête. « Il est important de mettre en place une bonne relation avec le patient pour arriver à déplacer sa demande et l’amener à exprimer davantage ses problèmes. Ce sont souvent des personnes qui manquent de confiance en elles et qui ont besoin de se rassurer à travers une amélioration physique », affirme la psychiatre.

Par ailleurs, le Dr Françoise Bartoli reconnaît volontiers que les interventions de médecine ou de chirurgie esthétiques peuvent s’avérer bénéfiques « quand elles entraînent une amélioration de l’estime de soi ».

Risques d’addiction à la médecine ou à la chirurgie esthétiquesLes médecins ou chirugiens esthétiques doivent être en permanence attentifs à leurs patients pour ne pas passer à coté de troubles psychologiques, comme l’addiction ou la dysmorphophobie. Des demandes pressantes requièrent également une vigilance particulière.> L’addiction :« Il n’y a pas vraiment de critères pour parler d’addiction. Lorsque cela envahit la vie de la personne, quand il commence à y avoir une fixation dessus, là on peut parler d’addiction », estime le Dr Françoise Bartoli. Mais selon elle, le fait de commencer tôt ces pratiques n’entraînent pas forcément un comportement addictif.> La dysmorphophobie :« La dysmorphophobie, c’est la conviction d’avoir un défaut alors qu’il n’y en a pas, ou bien de faire une fixation obsessionnelle, voire délirante s’il y a effectivement un défaut réel », explique le Dr Françoise Bartoli. Pour ces patients, le passage à l’acte chirurgical peut aggraver l’état psychologique.

LA PEUR DU VIEILLISSEMENT

Aujourd’hui, la médecine esthétique et la chirurgie esthétique sont des pratiques qui se banalisent et se démocratisent. La recherche de la jeunesse reflète néanmoins une pression sociale et la crainte du vieillissement. Injections, laser… voire chirurgie esthétique pour lutter, voire prévenir le vieillissement.

A tel point que désormais, les médecins et les chirurgiens esthétiques recommandent d’intervenir alors même que les premiers signes de vieillissement apparaissent tout juste. « Le vieillissement a toujours été difficile à vivre, mais maintenant tout vous incite à rester jeune. Donc forcément, le fait de savoir qu’il y a des moyens techniques pour retarder le vieillissement et tricher quelques années, cela rend le vieillissement encore plus difficile à accepter », constate le Dr Françoise Bartoli, psychiatre.

Attention à la sur-consommation« La médecine esthétique n’est pas la recherche de la perfection. Bien sûr, nous sommes dans une société où le paraître est de plus en plus important, mais il faut respecter la liberté de chacun. Certains acceptent parfaitement les signes du vieillissement, d’autres non. Et les techniques actuelles permettent d’y remédier », tempère le Dr Jean-Pierre Zammit.« Je pense qu’il faut freiner un peu les gens dans leur consommation de chirurgie esthétique. Il ne faut pas se ruer dessus et se montrer impatient. Il faut éviter que la chirurgie soit un mirage, sans pour autant la diaboliser », conclut le Dr Françoise Bartoli.


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