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Les Tunisiens inquiets – Le terrorisme se rapproche de la capitale

Source : | 18 octobre 2013 |  Monde | 311 views

La semaine dernière, “plusieurs terroristes” ont été tués lors d’une opération militaire et policière d’envergure en Tunisie, dans le district de Goubellat de la région de Béja, à seulement 70 km à l’ouest de la capitale Tunis, selon les autorités.

Jusqu’à cette date, les autorités tunisiennes n’avaient pas fait état de la présence de combattants clandestins aussi près de la capitale. Leurs opérations étaient plutôt confinées du côté de la frontière algérienne, en particulier au Mont Chaambi (centre-ouest) où une quinzaine de policiers et soldats ont été tués depuis fin 2012.

En effet, confrontées à l’essor de la mouvance jihadiste armée depuis la révolution de 2011, les forces tunisiennes y traquent des combattants jihadistes. Selon le ministère de l’Intérieur, le chef du principal groupe jihadiste de Tunisie Ansar Ashariaa, Abou Iyadh, ainsi que les tueurs présumés des deux opposants de gauche Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, se sont tous rendus dans ce massif montagneux.

Le président et le Premier ministre chassés de la cérémonie d’hommage

Or la semaine dernière, c’est tout près de Tunis que les autorités ont dû recourir à une opération qui a commencé avec un bombardement aérien avant d’être suivie par une phase terrestre, a indiqué le ministère de l’Intérieur. Il a précisé que le groupe armé recherché était composé de 20 à 25 combattants.

La veille en effet, deux gendarmes avaient été tués et un troisième blessé par des tirs, alors qu’ils s’approchaient d’une maison suspecte.

Et signe d’une situation de plus en plus tendue, le président tunisien Moncef Marzouki et le Premier ministre Ali Larayedh ont carrément été chassés par des représentants d’un syndicat de police, lors de la cérémonie d’hommage aux deux hommes tués.

D’ailleurs, les syndicats des forces de l’ordre ont organisé ces derniers mois plusieurs manifestations et actions de protestation pour dénoncer le manque de moyens pour lutter contre les groupes armés liés à la mouvance jihadiste, qui connaissent un essor certain depuis la révolution.

Cependant, la première fois que des représentants de la police et de la garde nationale, l’équivalent de la gendarmerie, s’en prennent ainsi aux plus hauts représentants de l’Etat.

Profonde crise politique

Depuis la fin juillet et l’assassinat du député Mohamed Brahmi attribué à un commando jihadiste, la Tunisie est plongée dans une profonde crise politique.

L’opposition reproche en particulier au gouvernement, dirigé par les islamistes d’Ennahda, d’avoir fait preuve de laxisme face à la mouvance salafiste.

Les autorités assurent pour leur part avoir démantelé plusieurs groupes notamment de trafiquants d’armes.

Lors de leur opération près de Tunis, des armes et de l’ammonitrate, que les terroristes utilisent pour faire des explosifs ont été retrouvés. L’armée tunisienne a fait intervenir des hélicoptères et des avions militaires pour bombarder la zone afin de forcer le groupe terroriste à sortir des montagnes.

Extension inquiétante de la zone d’action des groupes armés

Le ministre tunisien de l’Intérieur, Lotfi Ben Jedou, a souligné la gravité de la menace terroriste et a accusé, Ansar Ashariaa, classé récemment organisation terroriste, d’être derrière l’attaque contre les gendarmes.

Le fait est que c’est la première fois qu’il est fait état de la présence d’un groupe armé si près de la capitale. L’attaque survenue près de Tunis révèle ainsi une extension inquiétante de la zone d’action des groupes armés djihadistes.

Nouveau séisme dans la sphère politique

L’attaque, qui a tué les deux gendarmes la semaine dernière, a de nouveau suscité des réactions indignées dans la sphère politique, qui a condamné un “crime odieux ciblant la sécurité et la stabilité du pays”.

Le parti Ettakatol, qui fait partie de la troïka au pouvoir, a souligné que le terrorisme devenait une “menace croissante pour la sécurité du pays”. Il a appelé les Tunisiens à soutenir les forces de sécurité et l’armée.

Le parti Al-Joumhouri a pour sa part appelé à la formation rapide d’un “gouvernement de salut national”, qui aurait pour priorité de lutter contre le terrorisme et la violence afin de préserver le processus transitoire.

Ces premiers signes d’une extension géographique de la zone d’activité des terroristes ne peuvent qu’inquiéter le secteur du tourisme qui peine à revenir à ses anciens niveaux même s’il enregistre une hausse de 2,3% sur les neuf premiers mois en 2013, par rapport à la même époque de 2012.

Entre blocage politique et essor de l’activité djihadiste, la Tunisie a des raisons d’être inquiète.


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